Confinement : jours 13 & 14

Journal d’un isolement

Se confiner : S’enfermer, être enfermé dans un lieu (Larousse). Ce week-end, samedi hyper-actif dans le jardin et dimanche paresseux à la maison. Récit de ce pur week-end de confinement bipolaire .

Jour 13

Samedi 28 mars

La nuit n’a pas calmé Violette. Elle est au top de sa forme et surexcitée par l’arrivée du longues oreilles. Pendant que les garçons finissent leur nuit, on s’attelle dans le jardin pour terminer sa cabane. Consolidation, aménagement et décoration. La psychorigide que je suis lui conseille à Violette de réaliser des lettres pochoirs pour peindre le nom de la bestiole sur la cabane. L’artiste freestyle qu’elle est, abandonne la méthode après une lettre et opte pour la peinture à main levée.

Cette activité a le mérite de me faire trier tous les pots de peinture du cabanon de jardin. La plupart n’ont pas bien vieilli et sont inutilisables. Je les ajoute à un tas de déchets dans le jardin. Après le confinement, mission déchetterie. Et il faudra plusieurs voyages. Surtout, si mon projet de ranger tout le cabanon se concrétise. Pour le moment, calmons-nous, ce n’est qu’une idée…

Liberté, égalité, chômage

Lasse des conversations exclusivement centrées sur le longues oreilles, je fais une pause lecture dans ma chambre avec Dépôt de bilan de compétences, la BD de David Snug, éditions Nada. Dans ce titre largement autobiographique, il dénonce avec humour le travail salarié, le capitalisme. Le décalage et l’absurde me font sourire et me vident la tête. Ses réflexions sur le monde du travail, la liberté rejoignent ma quête de sens. Lecture à laisser poser et à méditer.

Dépôt de bilan de compétences david Snug Nada éditions

Après le petit-déjeuner pizzas des gars, les enfants font une partie de pétanque dans le jardin. Je ne peux pas jouer avec eux, je suis trop occupée à les regarder. Car quel plaisir de les voir s’entendre, rire malgré leurs différences d’âges et de tempéraments. On ne dit jamais à quel point les enfants représentent une source d’anxiété, sont chronophages ET un gouffre financier. Je ne dis jamais assez à quel point ils sont une source d’épanouissement, de bonheur et un moteur pour se remettre en cause et s’améliorer. Voilà c’est fait !

La Team « Les maisons dans les poches »

Bilan du jour

Pétanque : Yuri 13 / Joseph 11 / Violette 7
Bricolage : cabane lapin habitable, tricot (col V rattrapé, ouf !)
Lecture : la BD de David Snug
Cuisine : sauté de porc carottes, pommes de terre à la tomate.
La bonne nouvelle : J’ai retrouvé une plaquette de beurre demi-sel dans le congélo.

Jour 14

Dimanche 29 mars

Les beaux projets de rangements, tri, bricolages de mon programme confinement sont en veille. Pas envie aujourd’hui. Et sans aucune culpabilité. L’isolement permet de réaliser des tâches trop longtemps reportées. Pour autant, il n’interdit pas pour autant de procrastiner. Avec les bonnes journées « promenade du chien, télétravail, devoirs de Violette et Joseph, préparation des repas, ménage », j’ai décidé de m’accorder un dimanche.

Faire l’autruche

Au programme ? Pour commencer, le matin, Violette reste en pyjama et regarde des vidéos de youtubeuses heureuses propriétaires de lapin (si si ça existe) pendant que je lis. Ensuite, au réveil des garçons, brunch puis tricot. Et enfin, cuisine pour préparer des fajitas maison. C’est-à-dire préparation et cuisson de la pâte des galettes, de la garniture poulet, tomates, épices. Mais aussi guacamole, fromage râpé, petits dés de tomates et concombre. Façonner des fajitas, découper des légumes me permet de méditer. De me concentrer sur une tâche concrète pour éviter de laisser mon esprit divaguer, s’inquiéter.

Les enfants sont ravis de ce repas. Il est certains que c’est bien meilleur que les boîtes toutes prêtes pleines de cochonneries. Néanmoins, cela demande du temps. Une activité parfaite pour un dimanche de confinement.

Violette a du mal à s’endormir depuis quelques jours. Angoisse de la crise sanitaire ? Excitation de devenir la maman d’un lapin ? Un peu des 2 ? Je lui donne quelques gouttes de Fleurs de Bach. Nous verrons si cela l’apaise. Il en reste pour toute la famille si besoin.

Bilan du jour

Bricolage : 0
Gym : 0
Yoga : 0
Lecture : début de À la merci du désir, le dernier roman de Frederick Exley, publié chez Monsieur Toussaint Louverture. Voilà les mots-clef renseignés sur le site de l’éditeur à propos du roman :  » alcoolisme, amitié, amour, folie, Frederick Exley, littérature américaine, Sexe ». Parfait pour mon état d’esprit confinement !
Tricot : début d’une manche
Cuisine : smoothie du dimanche (jus d’orange frais,bananes, jus d’abricot, glace à la vanille), fajitas.
La bonne nouvelle : après le journal du confinement, les articles les plus lus du blog sont les tuto tricot mitaines et head band. Ça tricote dans les chaumières !


Confinement : jours 11 &12

Journal d’un isolement

Se confiner : S’enfermer, être enfermé dans un lieu (Larousse). Après quelques jours calmes, c’est le grand retour de Violette ! Être ensemble représente le principal aujourd’hui. Vivre ensemble, c’est moins simple… Journal des jours 11 et 12 de l’isolement.

Jour 11

Jeudi 26 mars

Depuis le départ de Violette, je l’appelle tous les jours. Elle rentre ce soir, je suis super contente. Depuis qu’elle existe – dès sa vie in utero -, c’est une petite fille pleine d’énergie avec un caractère bien affirmé. Elle peut être épuisante et ceux qui la connaissent ne me trouveront pas ingrate de le dire. J’aime ma fille mais elle est épuisante. Les premiers jours du confinement à la maison se sont plutôt bien passés. Excepté trainer des pieds pour faire les devoirs, aller se doucher, aller se coucher, demander à aller jouer chez le voisin, elle a été plutôt cool…

Après nos retrouvailles émues ce soir, la vie reprend son cours. Elle met 20 minutes à aller du salon à la salle de bain pour aller se doucher (distance 4 mètres…) et me demande si elle pourra jouer avec le voisin demain !
Le confinement nous impose de vivre ensemble. Avec les gens que l’on a choisi et que l’on aime a priori. Pourtant ce n’est pas si simple de vivre ensemble dans un petit espace 24h / 24 !

Défi N°1 : Vivre ensemble

Je suis plutôt bien lotie. Les garçons sont très calmes, toujours de bonne humeur et en horaires décalés. Notre confinement ensemble démarre à leur lever à 14h et se termine le soir quand je me couche. Du coup, tout se passe bien ! Avec Violette, très active du matin au soir et en perpétuelle demande, cela pourrait être plus musclé. Mais elle fait des efforts. Et j’ai des breaks avec la garde alternée. J’avoue que je ne suis pas mécontente de ne pas être en couple actuellement. Il faut une sacrée dose d’amour, de respect et de tolérance pour vivre à deux en huis-clos pendant plusieurs jours voire plusieurs semaines. Nous, on n’a déjà pas réussi sans confinement…

Défi N°2 : Vivre avec soi même

L’autre difficulté humaine de cet isolement, c’est vivre avec soi même. Être confronté à nos peurs, nos angoisses, nos ruminations sans qu’une personne proche et bienveillante – psy ou copine au choix – nous alerte de nos délires névrotiques ! Cela demande une sacré gymnastique de l’esprit pour ne pas se laisser entraîner sur cette pente glissante. Je l’ai ressenti les jours sans Violette. Le calme et la solitude ont provoqué plus de réflexions, plus de questions et plus d’angoisses. J’ai essayé de ne pas m’y attarder, de me distraire avec des buts et donc des activités. De la cuisine. Et une nouvelle baleine pour Violette. Quand elle est là, elle monopolise tellement mon attention que je n’ai plus le temps de me prendre la tête. Elle représente un anti-dépresseur. Elle pourrait être utilisée par des professionnels comme un outil thérapeutique. Elle devrait être remboursée par la sécu.

Bilan de la journée

Boulot : 3 mails de réponse, whaou !
Lecture : J’ai terminé Le Discours, le roman de Fabcaro.
Bricolage : Une nouvelle baleine + tricot.
Jardinage : je n’ai plus d’essence dans ma tondeuse, je coupe l’herbe à la cisaille. Je pense à une pince à épiler pour désherber.
Gym : 0 / Yoga : 1
Cuisine : pain complet, gratin dauphinois et premières fraises.

Jour 12

Vendredi 27 mars

Levée tôt, je commence à travailler. Car quelques après une tornade de paroles et de gestes perturbent le calme de la maison. Violette est bien de retour.

Hier soir, elle a eu un coup de blues. Chez son père, ils vivent dans une bulle en dehors des actualités. Elle pensait donc retourner à l’école lundi… Je lui ai brisé ses espoirs en lui annonçant que le confinement devait durer encore quelques semaines… Elle a réalisé qu’elle passerait son 10ème anniversaire confinée, sans autre famille que nous 4 et sans copines. Elle en avait les larmes aux yeux. J’ai tenté de lui faire réaliser que ce n’était pas très grave comparée aux difficultés de certaines personnes. Mais ce que j’ai déjà remarqué auparavant s’est confirmé : un enfant étant par nature égoïste ou auto-centré, cet argument n’apaise en rien les choses…

Le Bon Coin nous a sauvé de cette déprime. Et le confinement a eu raison de mes dernières hésitations… Violette rêve d’un lapin pour son anniversaire. Je surveille donc régulièrement les arrivées dans les Spa de la région et ai programmé une alerte sur le site de petites annonces. Et miracle, nous sommes alertés d’une portée de lapins nains béliers disponibles. J’appelle donc la dame pour lui poser des questions et je réserve l’un des petits.

Un lapin = Une Carotte

C’est mathématique. La boule de poils n’est pas encore là mais change la configuration entière de la journée. Violette s’habille, fait sa toilette sans discuter. Elle se met aux devoirs avec le sourire. Elle ne passe pas ses pauses devant un écran mais dans le jardin pour trouver l’emplacement du clapier. Comment construire l’enclos. Ou lui trouver un nom. Je n’éduque pas mes enfants avec un bâton. Mais la carotte fonctionne bien quand même ! Je sais c’est mal…

L’effet « lapin » ne va pas durer toute la période du confinement donc j’en profite. Entre ses plans de constructions et ses propositions de prénoms, j’arrive à travailler. Ce petit être poilu et innocent produit également son effet sur les garçons qui sortent de leur chambre, s’intéressent à nos travaux, cherchent un prénom. L’effet pervers de l’effet « lapin » : elle est tellement surexcitée, elle parle encore plus vite et encore plus que d’habitude. Yuri comprend ma fatigue et prend le relais pour la préparation du repas du soir. Je suis heureuse. Violette est heureuse.

Bilan de la journée

Nom du lapin trouvé : sur proposition de Yuri, ce sera Totoro.
Boulot : une newsletter validée et envoyée, quelques mails de réponse !
Lecture : J’ai commencé Dépôt de bilan de compétences, la BD de David Snug, ça fait du bien !
Bricolage : fabrication d’une maison et d’un enclos extérieur pour un lapin. Détricotage du V de mon pull en V en cours car mal fait…
Gym 0 / Yoga 0
Cuisine : Cake hyper moelleux à la poudre d’amandes, glaçage praliné avec la recette de Papilles & Pupilles. Hyper simple et un délice.
Projet du WE : finir la villa et jardin à la française du longues oreilles. Reprendre la gym !


Confinement – Jours 8, 9 et 10

Journal d’un isolement

Se confiner : S’enfermer, être enfermé dans un lieu (Larousse). La seconde semaine de confinement démarre. Avec son lot de nouvelles habitudes. Et parfois une colère. Journal des jours 8, 9 et 10 de l’isolement.

Jour 8

Lundi 23 mars

En perte des repères habituels – école, rendez-vous pro – je m’emmêle dans le décompte des jours de confinement. Légalement ce lundi 23 mars n’est que le jour 7 de l’isolement. Mais pour nous il a commencé le lundi 16 mars car c’était le premier jour sans école. Et pressentant le confinement, c’était aussi une journée particulière pour trouver de la nourriture et réussir à faire venir Yuri de Bordeaux. C’est donc bien le 8ème jour de cette période surréaliste pour nous…

La semaine commence comme un lundi, par le travail. À distance. Et c’est une mission complexe. C’est difficile car je continue de travailler sur des projets qui ne verront peut-être jamais le jour si la crise sanitaire perdure et si la crise économique se confirme. La motivation s’en trouve légèrement diminuée… Malgré cela, j’avance en m’accrochant à mon bullet journal où je continue de lister les tâches. Dès que mon esprit divague ou ralentit, je m’y plonge pour exécuter une à une – presque machinalement – les missions inscrites. A priori, tout le monde n’est pas dans cette dynamique : la plupart de mes mails restent sans réponse. Cela n’aide pas pour avancer…

Trouver du sens

Mais la difficulté majeure réside dans le sens même de mon activité au sein de cette crise. Je ne sauve pas des vies, je ne participe pas à l’effort avec un travail nécessaire à la survie. Je bosse dans la communication… Un secteur non essentiel aujourd’hui. Une activité en pause. Une action bien futile aujourd’hui. Mais pour ne pas perdre la tête, je continue. Jusqu’à quand ?

La bonne nouvelle de la journée, c’est la livraison de ma Vrac Mobile préférée. J’ai passé commande hier via leur site et j’avais compris que la livraison serait le lundi suivant (en 8 comme disent les plus de 45 ans !). Plutôt logique quand on passe une commande un dimanche, jour non travaillé et veille de la livraison hebdo. Et bien non ! Ces jeunes femmes formidables qui défendent une autre manière de vivre, de consommer. Qui s’accrochent à ce paradigme coûte que coûte, sans compter leurs heures de travail, ni leurs faibles revenus… Ces héroïnes ont préparé ma commande et j’ai eu la chance d’être livré hier ! Un geste réconfortant : elles sont formidables. Un ravitaillement qui me libère de la réalisation de menus avec le peu qui nous restait : nous sommes riches en farine, pâtes, quinoa, semoule, produits d’entretien, graines, poudre d’amande, papier toilette !

Jour 9

Mardi 24 mars

90% de mes mails envoyés hier sont toujours sans réponse. Une interview par téléphone a été annulée. Une autre est reportée jusqu’à la fin de la crise… Je me réunis donc avec moi-même et décide de ne pas travailler aujourd’hui !

Pour ne pas me laisser envahir par des pensées angoissantes, je me concentre sur les petites choses agréables de la vie. Mon père qui comprend qu’il doit me faire une photo de la fenêtre de sa maison alors que je pensais à celle de son ordi vu que l’on parlait logiciel. Le soleil sur mon dos pendant la promenade du poilu. Ses manies ridicules. Comme tenter de grimper à un arbre pour chasser un écureuil… S’il n’existait pas, il faudrait l’inventer.

Choisir c’est renoncer

Le reste de la journée, je prends de grandes décisions. Je ne regarderai plus les actus à la télé. Nous mangerons curry de volaille et légumes ce soir accompagné de riz et naans maison. Je m’attèle à la tâche. Avec la poudre d’amandes livrée la veille par la Vrac Mobile, j’essaye aussi la recette de cake au chocolat trouvée sur le site Papilles et pupilles et tiré de Pâtisseries Maison de Florence Edelman. On se régale. Son site regorge de recettes très pratiques en temps de disette : que faire avec une boite de thon ou de sardines par exemple. Et comme je ne travaille pas, je fais en plus une compote. Les enfants ne mangent pas de fruits. C’est générationnel selon les études sociologiques que j’ai mené auprès de mon entourage. Qu’a t-on manqué dans notre éducation alimentaire ?!

JOUR 10

Mercredi 25 mars

Je pars en mission ! Au supermarché… Car nous manquons de frais et les services « drive » propose des créneaux dans plusieurs jours… Au supermarché, nous sommes cantonnés dans le hall à attendre. L’un des employés nous fait entrer au compte-gouttes. J’attends mon tour. Les visages sont fermés. À l’intérieur, les rayons ne sont pas trop vides. Excepté pour la levure boulangère et les ferments lactiques. Dommage quand on fait son pain et ses yaourts… Il m’en reste un peu. J’improviserai plus tard.

Un gouvernement en or

Si je ne regarde plus la télé, je lis encore la presse en ligne. Et ça me met en colère. Quel que soit notre bord politique, nous pouvons comprendre qu’une telle crise doit être difficile à gérer. Mais ils pédalent bien dans la semoule quand même. Le dévouement des services médicaux ne suffit pas à pallier le manque de moyens financiers, logistiques, humains de notre système de santé. Ce n’est pas faute d’avoir été alerté par le corps médical depuis des années.

Et où sont les masques ? Ce n’est pas malheureusement pas le titre d’une nouvelle chanson de Patrick Juvet. J’aurai préféré… Quant aux contradictions aussi fulgurantes que l’élocution de Madame Pénicaud… Les ouvriers du BTP doivent travailler, les employés d’Amazon aussi mais pas les libraires ? Je vous conseille cette tribune signée de nombreux auteurs, directeurs de maison d’édition, libraires : Pour le boycott d’Amazon ! Pour un soutien massif au secteur du livre ! Ce texte exprime parfaitement ma pensée. Surtout, Il a le mérite – contrairement à mon ressenti – de ne pas employer de gros mots.

Va tousser dans ton coude !

Pour distraire ma colère, je me motive pour reprendre le boulot. C’est parti pour envoyer des mails auxquels personne ne va répondre ! Avec des temps de pause tricot, scrabble via l’appli avec ma cousine Co ou mon amie Laurence, couture (la baleine, la baleine !) et broderie. La délicieuse Lucile aka Brode pute, qui m’a convertit à la broderie avec ses textes brodés malpolis ou féministe, a mis en ligne une grille fleurie téléchargeable gratuitement pour broder : Va tousser dans ton coude. Tout est dit ! J’ai commencé à la suivre sur Instagram suite aux bons conseils de ma copine Blanche. Je vous conseille d’en faire autant pour égayer vos journées confinement. Et pourquoi pas vous mettre à la broderie. Il suffit d’un fil, d’une aiguille et d’un bout de tissu. Prenez soin de vous.

Grille borderie brode pute

Confinement – Jour 6 & 7

Journal d’un isolement

Se confiner : S’enfermer, être enfermé dans un lieu (Larousse). Les journées sont beaucoup plus calmes sans Violette, sans devoirs et sans travail. Un week-end qui ressemble à d’autres week-end sans elle, le café avec les copines en moins. Une première semaine de confinement qui s’achève. Jusque là tout va bien. Ou presque. Journal d’un isolement.

Jour 6

Samedi 21 mars
C’est le printemps mais personne n’en parle vraiment. J’ai la chance de pouvoir en profiter entre les balades du chien et le jardin. Le magnolia est toujours en fleurs, le cerisier démarre sa floraison. Le ciel est bleu, le soleil brille, les oiseaux chantent, les enfants du quartier jouent en hurlant, se disputent, gémissent… C’est le printemps !

Vivre Ensemble

Difficile de vivre ensemble, hein ? Cela fait deux soirs de suite que des voisins festoient allègrement avec musique à fond, cris, chants. Je suis vraiment contente que ces fêtards s’amusent malgré tout. Je regrette que nous n’ayons pas tous la même notion du vivre ensemble et de la modération. Profiter sans oublier le monde qui nous entoure. Je suis consciente que les circonstances sont exceptionnelles. Les enfants ont besoin de jouer et les parents de picoler. Je reste toutefois admirative de ces parents qui peuvent continuer à vivre tranquillement pendant les cris et disputes de leurs enfants. Avant la crise, je me demandais souvent si les enfants n’étaient pas seuls. Avec le confinement, les parents sont forcément là. Donc sourds peut-être ? La même question s’adresse à ceux qui peuvent vivre aux côtés de leur chien qui aboie sans intervenir. Je respire par le ventre. Et j’ai repris le yoga ! Une pratique silencieuse ne gène personne.

Un week-end presque comme les autres

Excepté le rituel du café du samedi avec mes copines, incompatible avec les mesures sanitaires, cette journée a ressemblé aux autres sans Violette : nature, ménage, rangement, cuisine, bricolage. Les garçons sont toujours là mais ils se lèvent à 14h donc ne monopolisent pas mon attention 😉 Dans le cadre de nos mesures culinaires de confinement, j’ai fait des gaufres liégeoises aujourd’hui à la demande de Joseph. Que j’ai dégusté sans culpabilité ayant réalisé mes 5 min de gym le matin ! Pour détourner l’attention de mon cerveau préoccupé par la crise, je n’ai pas fait ma recette habituelle mais celle du blog La Cuisine de Bernard. Sa méthode est plus simple – on met tout dans le robot – et c’était très bon. Oui la quantité de beurre est conséquente mais je vous rappelle que nous sommes en crise sanitaire ! Nous devons apaisé nos émotions à tout prix. Y compris avec des gaufres liégeoises.

Le reste de la journée, j’ai occupé mes mains et mon esprit avec de la broderie et de la couture. J’ai réalisé avant la crise, des lingettes démaquillantes en bambou. Je confectionne maintenant des pochettes pour les ranger. Et comme j’ai plus que le temps, je brode ces petites pochettes avant de les coudre. Je vous montre ça en détail bientôt avec le lien du tuto. Pour l’instant, je vais éplucher mes patates pour faire des frites maison 😉

Jour 7

Dimanche 22 mars

Levée tôt avec le soleil. Un café et de retour au lit pour lire. Comme un dimanche ! Harcelée du regard par le chien, je finis par me lever pour l’emmener en forêt. Les rues sont désertes et calmes. La forêt encore plus.

Instinct de survie

De retour de promenade, gym ! Je sens que les quelques minutes des jours précédents ont fait leur œuvre : j’ai plein de courbatures ! Mais je poursuis l’entrainement et détends mon vieux corps endolori avec quelques salutations et postures de yoga. Manquerait plus que je devienne sportive ! C’est dingue comment le cerveau réagit en cas de crise. J’ai lu que dans les conséquences du stress liées au confinement figurait en bonne place la consommation de sucre et la prise de poids… Mon inconscient a donc mis en place une stratégie pour éviter d’en arriver là. Comme un instinct de survie.

Rangement, ménage, préparation des repas, fabrication d’un pain de mie, de yaourts et couture. Je me suis lancée dans la réalisation d’une baleine avec le tuto Chouette kit mis en ligne gratuitement. Niveau intermédiaire – je suis grande débutante et sans copine pour m’accompagner. J’ai lu, mesuré, relu, remesuré, découpé, assemblé, cousu, décousu, recousu. Si le confinement fait que certaines personnes vident leur stock de nourriture, je vide les stocks de matériels en tout genre conservés pendant des années. Le haut en fourrure polaire vient d’une chute d’un tissu acheté et utilisé il y a presque 19 ans pour faire une couverture à la naissance de Yuri. Nostalgie. Pour le rembourrage, j’en ai trouvé dans mon grenier, je ne me souviens plus pourquoi j’ai ça. Si vous n’en avez pas et que vous voulez tenter cette expérience couture, utilisez de vieux bouts de tissu pour remplir l’animal. Des matières légères pour que votre enfant n’ait pas un nouveau doudou qui pèse le poids d’une brique.

S’occuper ou penser

Le résultat final n’est pas parfait mais je l’ai fini. Quelques heures où j’ai tout oublié. Nous avons de la chance réuni tous les 4 dans une maison avec jardin à quelques pas de la forêt des Landes. Mais toute la semaine j’ai pensé aux personnes seules, au chômage, âgées, malades, sans domicile, avec petit domicile… À ceux en situation fragile déjà fragile, femmes ou enfants battus, migrants, personnes qui n’ont pas de salle de bain, d’argent, de famille. Aux enfants dont les parents ne sont pas en mesure de les aider pour faire leurs devoirs… Aux soignants et à tous le personnel des hôpitaux, maisons de retraite, aides à domicile en première ligne de la maladie. Parce que nous avons de la chance, je pense souvent à eux. Quand j’entends les gens râler sur leur petit confort, faire preuve d’égoïsme, d’agressivité pendant cette crise, je pense à tous les autres. C’est ce qui me donne envie de pleurer quand j’entends du Bach ou que nous jouons à un jeu de société avec les enfants, insouciants. Alors parfois, je couds pour oublier. Parce que ça va être long donc il faut tenir. Instinct de survie. Qui veut une baleine ?

Confinement – Jour 5

Journal d’un isolement

Se confiner : S’enfermer, être enfermé dans un lieu (Larousse). Il fait beau et la solidarité s’organise. Tout va bien mais en entendant du Bach ce matin, j’ai quand même eu envie de pleurer. Journal du jour 5 du confinement.

Jour 5

Vendredi 20 mars
Nourrir 4 personnes deux fois par jour épuise vite les stocks. Contrairement à certaines personnes, je n’ai pas fait les courses pour un mois. J’ai d’ailleurs pris l’habitude depuis plusieurs années de faire mon réapprovisionnement tous les 3 ou 4 jours chez des petites commerçants. Pour limiter les déplacements, je dois changer mes habitudes. Ma Vrac Mobile préférée a mis en stand by les visites dans les Landes mais propose les livraisons. Je vais vérifier si c’est possible chez moi. Pour éviter au maximum les contacts et donc respecter les consignes sanitaires, je pensais faire des courses en ligne puis les récupérer au supermarché. Mais le prochain créneau de livraison est le jeudi 26 mars… J’ai trouvé un autre magasin qui a accepté ma petite commande avec retrait lundi après-midi. Pour tenir jusque là, j’ai fait quelques courses chez Vrac & Bio. Ils ont gentiment répondu à mon message et m’ont confirmé qu’ils avaient farine et sucre. Je ne me suis pas déplacée pour rien !

Après la promenade du poilu dans la forêt d’à côté, boulot pour moi et devoirs pour Violette. Sa maîtresse est formidable : elle envoie du travail quotidiennement avec des explications claires. Elle répond par mail à toutes nos questions avec réactivité – notamment à mon incapacité à utiliser l’iMachin mis à disposition de Violette ! À chaque nouvel envoi, elle n’oublie pas de féliciter les enfants pour leur implication. C’est compliqué de gérer mon boulot et les devoirs en même temps. Mais cela fait partie des efforts à faire pendant ces quelques semaines pour qu’à la fin de la crise le retour à la normale soit naturel. Et Violette a pris le rythme, le travail scolaire rentre dans notre quotidien.

Déficit musculaire

En fin de matinée, nous avons transformé le salon en salle de gym. Violette pratique ce sport dans le club des Écureuils à Soustons. Son prof nous a envoyé une vidéo et lancé un challenge : apprendre la série en musique ! Lorsque la vie normale aura repris son cours, il commencera l’entraînement par cette série pour voir qui réussit à reproduire ces 4 mn 30 de muscu ! Il est conscient que l’exercice est difficile mais nous risquons d’avoir le temps…

Nous commençons donc ce matin le premier entraînement et je m’y colle avec elle. Cela lui fait plaisir et c’est un bon moyen de contenir ma prise de poids. Je constate mon déficit musculaire après seulement 35 secondes ! Je ne suis pas capable de faire la moitié des exercices. C’est pas gagné pour moi ! Je précise que nous avons dû faire face à un autre handicap que mon absence de muscles : nos mouvements ont excité le poilu qui s’est précipité sur nous pour nous mordre les bras ou les jambes. Je devais donc essayer de faire les exercices tout en lui criant d’aller se coucher… Mais c’est un chouette challenge à faire ensemble. Merci à son entraineur d’avoir pensé à nous ! Les garçons étaient partants pour nous accompagner mais leur horaire de réveil n’est pas compatible avec une gym matinale… Voilà la vidéo si vous avez envie d’essayer pour pratiquer un exercice physique pendant le confinement 😉

Que d’émotions

Après les devoirs de l’après-midi, Yuri a proposé de faire une partie de Bonne paye. On était tous les 4 dans le jardin, ensemble. Un moment rare et réconfortant. Ça m’a émue et donné envie de pleurer. Je vais bien mais je sens que je suis parfois à fleur de peau. En fin d’après-midi, Violette est partie pour quelques jours chez son père. S’occuper d’elle à plein temps est du boulot mais j’avais quand même le cœur serré. Sortir à pied promener le chier est un plaisir. Prendre la voiture et faire les courses est une source d’angoisse. Tout va bien. Pourtant les circonstances provoquent des émotions étranges, comme décuplées.

Hier, j’ai entendu le psychiatre Christophe André dire qu’il était normal et sain d’avoir peur. Car le danger est bien réel. Qu’il fallait maîtriser cette peur mais qu’elle avait le mérite de nous protéger. Ceux qui ne respectent pas les consignes de confinement n’éprouvent pas cette peur et seraient donc un peu stupide. Entendre ce grand sage se désoler de la connerie humaine m’a apaisée, je me suis sentie moins seule…

Les projets du week-end

Pas de devoirs ni de boulot !
Lectures : je vais finir le délicieux roman de Fabcaro Le discours. Et attaquer le reste de ma PAL.
Bricolages : j’ai envie de tenter de réaliser cette jolie baleine. J’ai la manie d’acheter régulièrement du tissu, plus souvent que je n’ai le temps de coudre. J’ai du stock ! Et Super Chouette, site de kits couture, crochet et tricot breton a eu la gentillesse et la bonne idée de mettre le patron gratuit en ligne ! J’ai une imprimante mais si vous n’en avez pas, système D : recopier le patron en plaçant la feuille sur votre écran d’ordi 😉

J’ai aussi de la broderie et un tricot en cours.
Cuisine : repas pour nous 3 et pâtisseries évidement. On a besoin de sucre !
Et reproduire la vidéo de gym tous les jours par conséquent…

Confinement – Jour 4

Journal d’un Isolement

Se confiner : S’enfermer, être enfermé dans un lieu (Larousse). Après l’application machinale des mesures sanitaires les premiers jours, nous commençons à prendre conscience de la réalité du confinement. Journal du jour 4 de cet isolement.

Jour 4

Jeudi 19 mars

Je me suis demandée quel jour nous étions aujourd’hui. Les repères habituels, l’école, les rendez-vous professionnels, ne rythment plus notre vie. Et il suffit de trois jours sans repère pour commencer à être déboussolé !

Après la promenade matinal du chien, Violette a traîné des pieds pour s’habiller et se mettre aux devoirs. Difficile de lui faire comprendre qu’il faut suivre une routine, une hygiène de vie pour garder un certain équilibre. Elle a du mal aussi à comprendre pourquoi elle ne peut pas jouer avec le fils du voisin. Ils s’entendent d’un jardin à l’autre mais ne peuvent pas se retrouver ! J’ai bien senti que mes explications n’étaient pas convaincantes…

Super directeur

Le directeur de l’école de Violette est venu à mon secours ! Depuis lundi, il publie un bonjour quotidien en vidéo sur une chaîne Youtube. En quelques minutes, il donne des idées d’activités, propose une énigme. Et ce matin, il a aussi expliqué les raisons du confinement en associant la propagation du virus avec celle du feu. Très belle image que Violette a bien comprise ! Outre les contenu, je trouve que le format de ces messages est vraiment chouette. Regarder sa vidéo est devenu notre habitude matinale. Nous sommes contents de garder un contact avec l’école de cette manière. J’imagine que réaliser cette vidéo lui prend du temps. C’est une superbe initiative !

Concernant le rythme de nos journées, je télétravaille pendant que Violette fait ses devoirs. C’est un peu compliqué pour le boulot. Je continue à travailler sur des projets qui ne verront peut-être pas le jour si une crise économique suit la crise sanitaire. Mais je persiste. J’avance. En restant optimiste. Pour les finances, je surveille les modalités de mise en œuvre de l’aide exceptionnelle pour les indépendants… J’entends ou je lis que certaines personnes râlent car ces 1 500 € ne représentent rien à côté de leurs revenus habituels. Ils ne prennent pas la peine de réfléchir que c’est mieux que rien. Ils ne calculent pas que cette somme est suffisante pour la survie d’un français moyen. Les gens sont égoïstes et cons. Rien de neuf…

J’ai calmé mon indignation en cuisinant des cookies. Les enfants sont contents mais je vais vraiment grossir. Je me suis donc lancée dans la tonte de la pelouse. Cela a fini de me calmer et j’ai perdu quelques calories 😉

Journal du confinement Jours 1, 2 et 3

Confinement

Journal d’un isolement

Se confiner : S’enfermer, être enfermé dans un lieu (Larousse). Notre Président n’a pas prononcé ce verbe mais c’est pourtant bien ce qu’il se passe. Cet isolement contraint nous pousse tous à réinventer le quotidien et à réfléchir sur le sens des choses. J’avais envie de raconter le notre. Journal du confinement.

Jour 1

Lundi 16 mars
C’est le premier jour sans école pour Violette et Joseph. Contrairement aux recommandations, j’ai décidé que notre vie allait s’organiser sans réveil. Il faut bien trouver des avantages à ce changement de vie ! Le lundi a ressemblé à un dimanche pour les enfants car les enseignants et professeurs n’ont pas encore envoyé de devoirs. Outre les jeux, coloriages, dessins animés, jeux vidéos, lectures, Violette a souhaité se lancer dans la réalisation de cupcakes. Ils n’étaient pas parfaits mais bien jolis et délicieux. De mon côté, j’ai bossé depuis la maison (comme d’habitude). Et j’ai donc – en plus – préparé les repas du midi et du soir, jouer à des jeux, fait assistante pâtisserie et la plonge. Ainsi que quelques courses avant le confinement total tant annoncé. J’ai réussi à trouver le principal : farine, œufs, sucre pour réaliser d’autres pâtisseries et du pain toute la semaine ! Ouf, on est sauvé !

En fin de journée, je suis allée chercher Yuri à la gare. Au chômage technique à Bordeaux – il travaille dans un restaurant -, je lui ai proposé de venir se confiner chez nous plutôt que seul dans ses quelques mètres carrés. J’ai ensuite réalisé que c’était le réflexe de beaucoup de monde ce qui n’aidait pas vraiment pour contenir la propagation du virus… Mais cette réflexion pertinente est arrivée à posteriori. Mon instinct maternel a parlé en premier. Et pour célébrer nos retrouvailles à 4 tout comme cette période particulière, je leur ai mitonné un repas du dimanche midi pour ce lundi soir : gigot d’agneau, flageolets à la tomate, purée de pommes de terre et baguettes maison. Attention, c’est juste pour le premier soir, ce n’est pas tous les jours dimanche !

Jour 2

Mardi 17 mars
Les devoirs sont arrivés par mail ou sur les espaces numériques de travail. Pour Violette en CM1, le travail est conséquent. Elle est plutôt bonne élève mais j’estime la charge de travail à presque 3 heures par jour. Je vais donc devoir jongler entre mon boulot, ces devoirs (et ceux de Jo), les 2 repas quotidiens, les promenades du poilu et des temps de loisirs pour éviter qu’ils ne passent trop de temps devant les écrans. Certaines personnes craignent de s’ennuyer… Je me demande comment ? Moi qui pensais pouvoir me lancer dans des grands projets de tricot, couture, broderie, cuisine et lectures, je vais devoir réviser mes envies à la baisse !

Les rumeurs de confinements total se sont confirmées, le Président a parlé et à partir de midi aujourd’hui les sorties sont limitées au strict minimum. Je sors donc acheter quelques fruits et légumes le matin pour éviter de sortir le reste de la semaine. Il y a la queue devant le magasin. Je n’ai pas connu la guerre ni les restrictions mais cette réalité évoquent des photos de livres d’histoire. Nous patientons donc à un mètre de distance les uns des autres car peu de personnes sont autorisées chez le primeur. Les mines sont tristes ou fermées, certains râlent. Moi qui d’habitude prend plaisir à choisir des fruits et légumes, imaginer des recettes, je me presse à fourrer dans mon sac quelques bananes, kiwis, patates, carottes et salade…
Le primeur, toujours sympathique et souriant, m’offre du persil. Le soir, je l’utilise pour réaliser un garlic bread avec les baguettes restantes de la veille. On n’en est qu’au jour 2 et je crains de prendre quelques kilos. Je compense très clairement les ondes négatives humaines par la nourriture. C’est mal.

Jour 3

Mercredi 18 mars

J’ai imprimé et rempli mon attestation de déplacement dérogatoire pour la sortie du chien en forêt. Effrayée d’utiliser une feuille par jour, j’ai piqué un stylo effaçable à Violette pour changer la date tous les jours. Proche de la forêt, nous n’avons qu’à marcher quelques centaines de mètres sur la route pour y accéder. L’atmosphère est particulière. Notre rue est assez passante aux horaires de bureau habituellement. Là, nous ne croisons que peu de véhicules. Les rues sont silencieuses et calmes comme si la ville était désertée.

Après cette balade apaisante, nous prenons le rythme des devoirs conjointement à mon travail, de la préparation des deux repas pour 4 personnes. Pour éloigner Joseph de son écran, je lui propose de préparer des crêpes pour le goûter. Il accepte. Il va donc faire autre chose de sa journée. Et je vais grossir… Pour éviter de sortir tous les jours, je prépare le maximum de choses « maison » : en plus des repas aujourd’hui, yaourts au chocolat et pain complet. Cuisine m’apaise. Les enfants se régalent. La seconde promenade du chien clôture notre journée de boulot et devoirs. On a trouvé notre rythme dans cet isolement.

BIlan des trois premiers jours

Points positifs

  • On est tous les 4 !
  • On se marre bien, entre la musique de chacun, les choix de films pouvant convenir de 9 à 45 ans, les commentaires des JT que l’on regarde pendant quelques minutes !
  • La solidarité : j’ai reçu des propositions d’aides d’amis pour des courses, de la garde d’enfants. Jusque là tout va bien donc cela n’a pas été nécessaire mais ça fait chaud au cœur. Comme toutes ses personnes qui proposent leurs services, ces restaurateurs qui offrent leur plats plutôt que de les jeter. Cet élan me redonne foi en l’humanité.
  • On reprend le temps de vivre, de se parler, de passer du temps ensemble, de s’écouter. Toutes ces choses indispensables à une famille mais que l’on ne prend pas assez le temps de faire habituellement, pris dans le rythme de la vie !
  • On relativise. Nos petites angoisses ou problèmes habituels semblent bien dérisoires face à cette crise sanitaire et à la crise économique qui risque de suivre…

Points négatifs

  • Les gens égoïstes et râleurs trouvent de multiples raisons de s’exprimer. Lorsque je les croise en courses, je ferme mes oreilles. Et j’évite les réseaux sociaux. Car ils me font perdre ma foi en l’humanité…
  • Le rythme est dense : je bosse en télé-travail, joue, cuisine, fait office de maîtresse… Ça fait beaucoup pour une seule femme !
  • Je m’inquiète légèrement pour les finances – je suis indépendante – et celles de mon fils. Je temporise en me concentrant sur le présent, chaque jour l’un après l’autre. Inutile de se projeter dans de sombres jours futurs hypothétiques !
  • je grossis à vue d’œil…

Confinement, journal du jour 4

Formica, de FABCARO

Tragédie comique irrésistible

Souvent, au sein de nos magnifiques sociétés modernes et dites évoluées, nous pouvons ressentir de la colère, de l’indignation ou de la triste face à la bêtise humaine, des élites ou du commun des mortels. Dans ces cas là, on peut s’adresser à un professionnel de la psychologie pour apprendre à supporter les 95% de névrosés et 5% de psychopathes qui nous entourent. On peut lire aussi. Si vous optez pour cette solution, non remboursée par la Sécurité Sociale, je vous recommande toute l’œuvre de Fabcaro en général et son dernier titre en particulier : Formica, paru aux éditions 6 Pieds sous terre.

chronique de formica, BD de Fabcaro, éditions 6 pieds sous terre

Drame familial

Avec Formica, Une tragédie en 3 actes, vous ne vivrez plus les réunions de famille de la même manière. Dans cette BD, l’auteur dessinateur nous invite à passer le fameux traditionnel déjeuner du dimanche en compagnie d’une famille bien sous tous rapports. Mais ce moment dominical sacré, de partage et d’amour, prend une tout autre tournure lorsque les membres de cette famille se posent la question : mais de quoi va t-on bien pouvoir parler ? Et là c’est le drame. L’auteur l’annonce sur la couverture, ce livre est une tragédie. Telle une tragédie grecque, Formica nous emmène dans les tréfonds de l’âme – avec des morts, des drames et tout – sauf que c’est super drôle.

Familles dysfonctionnelles

Fabcaro a l’habitude d’être piquant sur le couple, la société de consommation et la connerie humaine en général en dessinant son absurdité à l’extrême. Il va encore plus loin dans Formica. Il a définitivement rayé l’expression politiquement correct de son processus de création et c’est hilarant. Dans cette famille par exemple, les enfants jouent au jeux des 7 familles dysfonctionnelles qui comprend la famille Boulghour et curcuma avec la mère ergothérapeute, la famille Manif pour tous avec le père qui a un pull sur les épaules ou encore la famille Chassé-croisé du 15 août dont le père est décédé. Je vous avais prévenu, c’est trash et irrésistible. J’ai eu honte de rire parfois car comme toute bonne occidentale marquée par l’héritage judéo-chrétien, je me traine encore quelques blocages. Mais j’ai ri, je suis sur la bonne voie !

Planche BD de Formica de Fabcaro éditions 6 pieds sous terre.
© Fabcaro / 6 Pieds sous terre

Dans les 3 actes de cette tragédie comique, le dessin appuie le propos – la vacuité des réunions de familles ennuyantes et hypocrites – avec un trait fin et léger, des couleurs criardes seulement pour les personnages. Comme dans une pièce de théâtre, Fabcaro construit son récit avec une unité de lieu et de temps. L’auteur le rythme en utilisant la mise en abyme. Via un chœur antique qui s’introduit dans la réunion de famille. Des scénettes d’une page sur un vol aérien low coast. Ou encore des voyageurs de métro déguisés en nourriture. C’est absurde et magnifique. Vous n’allez pas sourire en lisant Formica, vous allez rire au éclats. On tourne les pages et on secouent les épaules sans ne plus rien contrôler. C’est tellement bon.

Fabcaro fan club

Oui dans mon émission radio littéraire Délivrez-moi sur Wave Radio, j’ai chroniqué il y a peu Open bar de Fabcaro. Oui je lis et chronique toutes les BD de cet auteur. C’est objectivement justifié : il est excellent et productif ! Ce n’était pas encore le cas sur le blog, c’est réparé ! Faites-vous du bien, lisez et offrez La bredoute, -20% sur l’esprit de la foret, Et si l’amour c’était aimer, Open bar… Et évidemment Zaï Zaï Zaï Zaï, paru en 2015 et auréolé de nombreux prix : Prix du public Sud-Ouest/Quai des bulles à St-Malo, Prix RTL BD du mois, Album d’or Festival de Brignais, Mention spéciale du Président du jury du prix Landerneau 2015, Prix des Libraires de bandes dessinées 2016, Prix de l’association des critiques (ACBD) 2016, Prix SNCF du Polar 2016 !

Indispensable 6 pieds sous terre

Formica, comme de nombreuses œuvres de Fabcaro, est publié chez l’excellente maison d’édition 6 Pieds sous terre, une maison indépendante, éditeur de bandes dessinées moderne et alternatives, fondée en 1991 à Montpellier par Jean-Philippe Garçon, Jean-Christophe Lopez et Jérôme Sié. Une maison d’édition indispensable qui publie des auteurs indispensables comme Edmond Baudoin, Guillaume Bouzard, Gilles Rochier, James, Loïc Dauvillier, Manu Larcenet, Matthias Lehman, Terreur Graphique, Tanx et bien d ‘autres ! Des lectures savoureuses qui devraient être remboursées par la Sécu.

Quoique c’est un vrai plaisir de dépenser quelques euros pour de si bonnes lectures. C’est comme une thérapie, le paiement fait partie intégrante des bénéfices. Foncez sur leur site pour découvrir leur catalogue. Et foncez chez votre libraire vous procurer Formica de Fabcaro !

Formica, Une tragédie en 3 actes, de Fabcaro, 64 pages, 13 €, Éditions 6 Pieds sous terre.

Contre Amazon

uN MANIFESTE DE jORGE cARRION

Harcelée par les injonctions à participer au « black friday » et à quelques jours de la course aux cadeaux de Noël, je ne peux pas m’empêcher de vous recommander la lecture d’un livre : Contre Amazon, manifeste de Jorge Carrión, publié aux Éditions Le nouvel Attila ! Je vous avais déjà expliqué dans un post pourquoi et comment je boycottais Amazon. Cet essai appuie avec des arguments imparables pourquoi il faut arrêter de consommer via ce géant sans principes !

Contre Amazon manifeste de Jorge Carrion

J’ai découvert ce manifeste dans ma librairie indépendante préférée, Le Vent Délire à Capbreton pour ne pas la citer. Oui je défends la librairie indépendante contre la vente en ligne. Et Amazon représente selon moi la pire des alternatives de la vente en ligne. D’abord parce que les frais de port gratuit constitue un contournement de la loi sur le prix unique du livre en France et représente donc une concurrence déloyale. Ensuite parce que ce géant de l’Internet est loin d’être libraire. Si on ajoute à cela que la société de Jeff Bezos s’arrange pour payer le moins d’impôts possible… Et a été maintes fois accusée par des employés de cadences de travail infernales et de contrats précaires, vous l’avez compris je ne suis pas une adepte de ce supermarché en ligne !

J’étais déjà convaincue. Mais pour appuyer mon propos, j’ai eu envie de lire cet essai de Jorge Carrión, romancier et critique espagnol, spécialiste mondial des librairies. Dans ce livret de 32 pages qui vaut la modique somme de 3 €, l’auteur expose les 7 raisons pour lesquelles il est contre Amazon.

Contre Amazon 1 manifeste 7 raisons

Un manifeste 7 raisons

1- Parce qu’il refuse de cautionner une expropriation symbolique. Oui la société de Jeff Bezos tue le petits commerce et les centre-villes dans le monde entier.
[Nota Bene] Ne manquez pas de lire la démonstration du député et ancien secrétaire d’État au Numérique Mounir Mahjoubi dans son enquête intitulée  » Amazon : Vers l’infini et Pôle emploi ! ».

2- Parce que nous sommes tous des cyborgs mais pas des robots. Vissés à nos téléphones portables, nous sommes des cyborgs humains. Toutefois nous ne sommes pas obligés de cautionner le travail de robot que la société impose à ses employés ni à nier le facteur humain dans le travail comme dans la rapport commercial.

3- Parce qu’il refuse l’hypocrisie. Celle d’une société manipulatrice qui vent des livres négationnistes, nazis ou pro pédophiles au nom de la liberté… Tandis qu’elle censure des auteurs ou des éditeurs qui osent critiquer son modèle…

4- Parce qu’il ne veut pas être complice… De ce nouvel empire qui n’emploie aucun libraire au profit de la rapidité. Chez Amazon le libraire est un algorithme. Il ne veut pas non plus être complice d’un empire qui fait la promotion d’un accès illimité à l’information tandis qu’elle fait signer des clauses de confidentialités à ses employés et élabore des stratégies pour ne pas payer d’impôts dans les pays où il s’installe.

5- Parce qu’il ne veut pas être espionné durant sa lecture. Comme c’est le cas avec la plateforme Kindle qui sait tout de vos lectures. L’auteur nous invite à ne pas nous méprendre sur la campagne mondiale Kindle reading fund soi disant pour promouvoir la lecture dans les pays pauvres alors qu’il s’agit en fait de former la nouvelle génération à lire sur écran pour les étudier et obtenir des données…

6- Parce qu’il défend la lenteur accélérée, la proximité relative. Le temps de désirer un livre, d’aller dans une librairie le trouver, le feuilleter, hésiter, l’acheter ou pas, le lire ou pas.

7- Parce qu’il n’est pas naïf. Jorge Carrion achète des livres en ligne sur un site racheté par Amazon, fait des recherches google et utilise facebook, les « 3 ténors de la globalisation ». Mais il croit à une résistance minime et nécessaire.

7 bonnes raisons de lire contre amazon

Alors je ne vais pas vous résumer les 32 pages d’arguments de Jorge Carrion. Ce serait réduire leur portée. Je vais vous donner 7 bonnes raisons de lire ce livre !
1- C’est votre devoir de vous informer sur votre pouvoir d’achat et le manifeste de l’auteur est truffé d’exemples sur les conséquences destructrices du système. Il décortique ce qui se cache derrière la simplicité et la rapidité : le monopole, la domination, l’exploitation, l’asservissement, l’uniformisation et le contrôle.
2- L’auteur argumente son propos en remontant aux racines de la société motivée déjà par l’intérêt du profit.
3- L’auteur ne se place pas du seul point de vue du lecteur mais également de celui de l’éditeur et du travailleur.
4- L’auteur est sincère : il convient qu’il participe parfois au système. Cela n’empêche de rester conscient et de résister dans la mesure du possible.
5- Son auteur, un amoureux du livre, nous rappelle très justement le caractère sacré du livre papier, de l’objet au désir en passant par la lecture. Une expérience qui participe au plaisir de la lecture.
6- Contre Amazon est un manifeste humaniste d’un point de vue économique, social, littéraire et politique !
7- Il est primordial de replacer un acte d’achat qui vous semble facile et insignifiant comme adhésion à un système dévastateur !

Contre Amazon de Jorge Carrion 4eme de couverture

Par un spécialiste des librairies

Romancier et critique espagnol, Jorge Carrión est un spécialiste mondial des librairies, auxquelles il a consacré une monographie, Librairies, Itinéraire d’une passion (Seuil, 2016). Directeur du master en création littéraire de Barcelone, et de la revue Quimera, il a vécu en Argentine et aux États-Unis.

Ce texte traduit de l’espagnol par Mickaël Gomez Guthart est publié aux éditions Le Nouvel Attila. Il a été diffusé en avant-première aux Rencontres nationales de la Librairie, en partenariat avec le SLF, le 1er juillet à Marseille. Mais il avait d’abord été publié en ligne par un magazine espagnol en 2017 puis en anglais dans une traduction de Peter Bush : en format numérique sur le site Literary Hub, et en format papier offert par l’éditeur canadien Biblioasis à 300 libraires et journalistes. Le manifeste a suscité un tel écho que l’éditeur Dan Wells à fini par envoyer 3 000 exemplaires à des professionnels du monde entier !

L’éditeur qui met du sang dans son vin

Un texte qui interpelle, qui fait mouche. Et dont nous devons la publication française à l’éditeur Le Nouvel Attila, « L’éditeur qui met du sang dans son vin » ! Nées en 2007, les éditions Attila se sont scindées en 2013 en 2 structures Le Nouvel Attila et Le Tripode. La spécificité du Nouvel Attila ? « De la littérature étrange et étrangère, avec une préférence pour les genres hybrides et les mauvaises herbes littéraires ». C’est le cas encore avec le manifeste de Jorge Carrión. Contre Amazon, livret de 32 pages imprimé sur un beau papier bleu turquoise et dans une typo bleu marine pour la modique somme de 3 €. Achetez-le, lisez-le, offrez-le !

Contre Amazon, de Jorge Carrión, Éditions Le Nouvel Attila, 3 €.

en complément

Le rapport d’Olivia LaVecchia et de Stacy Mitchell de l’institut de recherche américain ILSR (Institute for Local Self-Reliance) : Amazon, cette inexorable machine de guerre qui étrangle la concurrence, dégrade le travail et menace nos centres-villes. Le SLF, syndicat de la librairie française propose une synthèse et une traduction de ce rapport américain. Un vrai texte d’horreur car il décortique dans le détail l’invasion et la domination d’Amazon dans tous les domaines…

La vie, c’est comme un tricot

Je viens de terminer un tricot. Un pull d’été en coton achevé à l’automne… Nouvel ouvrage qui confirme que je tricote comme j’avance dans la vie. Avec fougue et à tâtons. Toujours en léger décalage. Et sans vraiment suivre le mode d’emploi…

Pull en coton d'été fini à l'automne, en progrès !

Ce pull n’était pas prémédité. J’ai craqué pour le coton couleur menthe à l’eau en passant devant la vitrine d’une boutique Phildar pendant les soldes de juillet. Le phil Madrague 100% coton coloris Lagon. À cet instant de séduction s’est ajouté le choix instantané d’un modèle dans la boutique : il fallait trouver un piste d’exploitation pour légitimer mon achat impulsif. Sauf que ce n’était pas le moment. J’étais pressée, en route pour un rendez-vous. J’ai donc laissé la vendeuse choisir pour moi un modèle simple pour mon niveau et associer une autre couleur au vert menthe à l’eau.

Le tricot, reflet de la vie

Le soir même, j’ai mis de côté le pull en cours pour m’atteler à ce nouvel ouvrage. J’ai toujours eu une « légère » tendance boulimique. Un rapport pathologique à la nourriture qui se décline dans d’autres aspects de la vie. Selon les périodes, les envies, le travail, la lecture, les achats, le tricot… Cette fois encore, j’ai abandonné la lecture, l’écriture pour le tricot du pull en coton. Sauf qu’à la moitié du dos, la première pièce de l’ouvrage, j’ai réalisé que je n’aimais pas les pulls en coton, ni le point jersey envers. Tout comme l’association du gris avec le vert menthe à l’eau… Consciente et agacée par ma manie de m’engager en courant pour finalement faire demi-tour, je me suis imposée l’obligation de le finir. Fin août, j’ai fini le dos puis je l’ai mis de côté. Pour revenir à un tricot de saison. Encore un ouvrage inachevé…

Tricoter, c’est choisir

Le printemps suivant, ce pull en coton est réapparu dans mes pensées. Enfin, plutôt l’acte d’achat déraisonnable de la matière. Et le choix du modèle tout aussi irréfléchi. La culpabilité m’a fait ressortir l’ouvrage. J’ai pris la décision de le retourner pour tricoter sur l’endroit.
[ Aparté : quelle est l’idée du jersey sur l’envers ? Porter un pull à l’envers ? Dans le Larousse, l’endroit désigne le  » Beau côté d’une étoffe, d’un vêtement, d’un objet à deux faces, celui qui a été fait pour être montré. » Pourquoi donc afficher l’envers ? J’aime certaines excentricités vestimentaires mais j’avoue que je ne suis pas convaincue par celle-ci. ]

Modèle du pull en coton Phildar, catalogue Printemps Été 2018.
Le modèle, tricoté sur l’envers…
Issu du catalogue Printemps-Éte 2018 N°685

Vivre c’est choisir. J’ai donc choisi l’endroit. Je n’étais toujours pas convaincue par l’association du gris et du vert. Et encore moins des rayures. Je n’ai jamais été fan des marinières. Pourquoi donc me lancer dans la confection d’un pull rayé ? Mais j’ai mis ce jugement de côté. Je me suis focalisée sur l’avancée de l’ouvrage. Une fois le dos et le devant terminés, j’ai réalisé qu’il allait me manquer des pelotes grises pour avoir des manches rayées identiques. Impossible d’en acheter d’autres car les pelotes soldées l’an dernier n’étaient évidemment plus disponibles. J’ai fait le choix de tricoter les manches dépareillées, en « freestyle » de rayures. Et miracle, cette décision a déclenché l’envie. Ce pull allait enfin me ressembler ! Et je l’ai achevé en septembre. Une fois terminé, je l’ai passé et je l’aime bien finalement. Ouf, un pull fait à la main et terminé que je vais mettre !

Pull en coton Madrague de chez Phildar.
Le mien, à l’endroit, avec ses rayures asymétriques !

Tricoter pour donner du sens

Je tricote depuis toujours. C’est ma maman qui m’a appris. Après une pause pendant mon grand saut dans la vie d’adulte, j’ai repris le tricot lorsque j’étais enceinte de mon premier enfant. Il a 18 ans aujourd’hui et je n’ai plus jamais arrêté. De tricoter pour mes enfants, les autres ou pour moi. Le tricot représente l’activité zen par excellence qui me permet d’atteindre le « flow ». Ce fameux état mental – à la mode aujourd’hui – que l’on atteint lorsque l’on est concentré sur une tâche au point de tout oublier. Un engagement total qui procure beaucoup de satisfaction dans l’accomplissement. Réaliser une activité manuelle participe à ce plaisir : fabriquer, accomplir une tâche utile donne du sens là où la vie moderne en manque parfois.

Je tricote donc je suis

Ultra sensible, le tricot représente un prolongement de mon état d’esprit. Je ne peux pas tricoter lorsque je me sens trop mal. Je tricote comme j’avance dans la vie. Sans modération. Sans réfléchir. Et sans trop suivre le mode d’emploi. Je tricote à peu près. Des pulls trop petits ou trop grands. Et parfois des modèles parfaits.
Je tricote pour les gens que j’aime, je leur donne un bout de moi. J’avais commencé par exemple un pull pour un amoureux. À chaque conflit, tension, j’arrêtais de tricoter ce pull. Pendant les périodes apaisées, je le reprenais. Ce tricot est l’image de notre vie de couple pendant 8 ans… Après notre séparation, le pull est resté inachevé dans mon panier. Puis je l’ai repris et enfin terminé. Pour moi ! Porter ce pull d’homme représente une étape symbolique : celle où j’ai commencé à faire des choses pour moi. Celle où j’ai réussi à surmonter le passé pour me concentrer sur le présent. La vie, c’est comme un tricot. Et le tricot, c’est la vie !