Que faire des Cons ?, de Maxime Rovere

Essai Pour ne pas en rester un soi-même

Aujourd’hui je vous recommande la lecture d’un essai philosophique écrit par Maxime Rovere : Que faire des cons ?, publié chez Flammarion cette année. Ayant pour sous-titre « pour ne pas en rester un soi-même ». Un livre, deux effets. Bref, une lecture très utile par les temps qui courent. Drôle et intelligente !

Les cons, un sujet universel

Le titre du livre est clairement incitatif. Quelques mots de l’auteur en interview ont fini de me donner envie de me plonger dedans.
Les cons, un fléau universel qui traverse les époques et donc nous souffrons tous. Avouez qu’en vous énonçant le titre du livre, vous ressentez un intérêt non négligeable pour le sujet car comme disais Frédéric Dard, un autre grand philosophe, dans les pensées de San Antonio :  » Le règne du con est arrivé depuis si longtemps qu’il ne cessera qu’avec l’espèce. « 

Comme l’explique l’auteur dans son préambule, les philosophes se sont plus attardés sur l’intelligence et moins sur la bêtise. Pourtant l’opinion, les préjugés, l’orgueil, la superstition, l’intolérance, les passions, le dogmatisme, le pédantisme, le nihilisme sont bel et bien là traversant les époques. Les cons s’obstinent et pour vivre avec l’un d’eux en colocation, l’auteur a eu envie de trouver une solution pour vivre avec. Mais aussi pour ne pas en devenir un ou en rester un. Car vous l’avez certainement expérimenté mais face à un con, nous avons tendance perdre notre capacité d’analyse, adopter son langage, entrer dans son jeu, bref à devenir con…

théorie de la relativité du con

Avant de d’esquisser son raisonnement et des solutions, Maxime Rovere précise la relativité de la notion de connerie : on est tous le con de quelqu’un et chacun a son con. En fait, dès que nous avons un problème avec un con, c’est que nous en sommes un. Chacun a ses limites… Et je ne vous juge pas en acceptant ce principe de Maxime Rovere. J’admets ma propre connerie…
Et afin de ne pas rester trop con, j’ai eu envie de tenter la proposition de l’auteur : lire ce livre non pas je cite pour devenir meilleure que les cons mais devenir meilleure que moi-même !

Un Fléau endémique

Dans le même état d’esprit, le philosophe s’interdit de dresser une définition, une typologie des cons, les formes de la connerie étant en nombre infini, ce recensement serait un peu con. Il préfère s’intéresser à la grande question : pourquoi les cons nous submergent et finissent par répandre leur connerie en nous ?
En 200 pages, l’auteur tente de répondre à ces questions existentielles : comment on tombe dans les filets des cons, comment se remettre de sa stupeur, comment l’impuissance engendre le devoir, comment écouter un con, pourquoi la menace est une forme de soumission, pourquoi les cons gouvernent, se multiplient et gagnent toujours ? Plus qu’un livre de développement personnel, cet ouvrage représente un essai philosophique passionnant, une vision systémique du con et des moyens de les appréhender. Maxime Rovere, écrivain et historien de la philosophie, professeur, est l’un des spécialistes de Spinoza. Il a d’ailleurs publié chez Flammarion en 2017 Le clan Spinoza.

la philo pour les nuls

Je ne vais pas me permettre de vous donner des clefs dans cette chronique. Vous comprendrez qu’il est bien impossible (voire con) de résumer ou interpréter les 200 pages passionnantes de ce philosophe, en quelques lignes. Je peux en revanche vous recommander sa lecture. D’abord, inutile d’être diplômé en philosophie pour l’aborder, l’auteur utilise un langage simple et explique parfaitement les concepts. Ensuite, ce livre n’est pas l’œuvre d’un intellectuel prétentieux. C’est vrai que le titre, un jugement en soi, pouvait faire craindre la leçon d’un être qui se prétend supérieur. Sauf que Maxime Rovere nous éclaire sur toutes les conneries, celle des autres, la sienne et la notre avec humour, humilité et bienveillance.

Son essai permet de prendre le recul nécessaire pour activer un détecteur de cons et nous apprendre à nous en défaire. Retrouver une certaine liberté, hauteur face à ce phénomène qui ronge l’humanité depuis des siècles. Les cons existeront toujours. Nous ne sommes pas obligés d’en faire partie !

Prendre de la hauteur

Je ne vous dis pas qu’après la lecture du livre, je suis devenue définitivement intelligente (ce serait un peu con). Mais j’y ai trouvé quelques clefs, ouvert quelques portes vers une plus grande sérénité, une certaine liberté. J’y travaille. Dans la vie, les années passant, deux options se profilent en général : devenir plus sage, prendre de la hauteur ou rester coincé dans ses principes et des mécanismes d’autodéfense ou de réactions très cons. Comme j’essaye depuis quelques années déjà la première solution, j’admets que ce livre est très utile. Et je le garde précieusement, pour en relire des chapitres, comme des piqûres de rappel anti-connerie. Je précise que je ne l’offrirai pas à quelques cons pour les aider. Car comme le dit l’auteur : « Renoncez aux jeux de langage, ils ne veulent pas comprendre ». Je suis déjà devenue un peu moins con, non ? Merci Maxime Rovere !

Que faire des Cons ? Pour ne pas en rester un soi-même, de Maxime Rovere, Editions Flammarion, 210 pages, 12 €.

La théorie de la relativité

Ou comment positiver quand rien ne se déroule comme prévu !

La dernière semaine d’août, je suis partie avec les enfants en vacances chez mon oncle et ma tante au Lavandou dans le Sud-Est de la France. Ayant travaillé tout l’été, ces quelques jours étaient les seuls que nous allions passer ensemble. Nous nous en réjouissions. Mais tout ne s’est pas déroulé comme prévu… Quelques péripéties qui ont rendues ces vacances inoubliables et nous ont fait un bien fou ! Grâce à la théorie de la relativité.

Vacances en famille au Lavandou
Sans voiture mais en bateau !

À l’aller d’abord, nous sommes tombés en panne de voiture. Nous avons donc enchaîné avec le combo remorquage, taxi, garage, vacances sans voiture. J’ai relativisé car cette voiture tombe en panne 4 fois par an. Les premières fois, j’étais contrariée par la logistique et les frais. J’ai regretté d’avoir acheté cette voiture. Mais la multiplication des pannes a provoqué un lâcher-prise chez moi bien appréciable. Je suis en panne mais ce n’est pas grave, je l’emmène chez un garagiste et je paye la facture comme je paye mon loyer. C’est comme ça, inutile de ruminer. Et le reste de la semaine a été idyllique comme prévu : que des bons moments avec ma tante et mon oncle, le soleil, la mer et les superbes paysages. Nous n’avions pas de voiture mais on sortait en bateau pour des baignades dans une eau cristalline… De quoi bien relativiser la panne de voiture !

La veille de notre départ, nous récupérons la voiture mais nous ne sommes finalement pas partis… Violette souffrait de maux de ventre qui se sont intensifiés. Nous avons donc cette fois vécu le combo SOS médecins, Urgences de Hyères puis transfert à l’hôpital de Toulon et rentrée scolaire manquée… Raconté comme ça, tout le monde se dit que j’ai passé de mauvaises vacances. Et bien non ! Dans chaque expérience de vie, tout est relatif et celle-ci s’est révélée positive sur bien des aspects. Je m’explique.

Relativiser

Oui Violette a souffert mais dès sa prise en charge par le personnel soignant, sa douleur a été maîtrisée. Après une suspicion d’appendicite, les médecins ont diagnostiqué une infection urinaire. Dans les 2 cas, rien de grave. Et si elle est restée hospitalisée 5 jours, c’était pour la soigner et ne prendre aucun risque.

Si cette hospitalisation, comme toutes celles que j’ai vécu pour mes enfants, provoque quand même de l’inquiétude, j’ai été parfaitement rassurée par tout le personnel de l’hôpital Sainte Musse de Toulon. Des gens professionnels, souriants, aux petits soins et à l’écoute. Un hôpital 5 étoiles ! Et entièrement gratuit grâce à notre système de santé. Même ma fille a été surprise de nous voir partir sans payer un euros après 5 jours d’hébergement, de repas et de soin ! Les Français aiment râler contre le système mais on n’est quand même bien loti à ce sujet. Dans certains pays, je n’aurai peut-être pas eu les moyens de payer les frais ! Et il est toujours bon d’en être conscient et d’apprécier cet avantage non négligeable du système français.

Lever de soleil depuis la chambre de l'hopital de Toulon
Savourer des choses simples quelles que soient les circonstances : comme le lever du soleil tous les matins depuis notre chambre d’hôpital…

Enfin, la chamboulement de cette aventure, l’inquiétude, l’organisation, le travail à distance, provoque aussi d’autres prises de conscience. Même si tout ne s’est pas passé comme prévu, rien n’était grave. Les petits soucis perso ou pro semblent bien futiles. L’hospitalisation de Violette a représenté comme une pause dans notre vie. L’enfermement et le temps libre ont provoqué des réflexions que le rythme du quotidien ne me permet pas d’habitude. Sortir de cette manière de mon train-train m’a permise de prendre du recul et m’a recentrée sur l’essentiel dans la vie : le bien-être de mes proches et point final ! Le reste ne sont que des détails.

la solidarité

Depuis quelques années, je cumule certaines galères sans pour autant m’abattre. Car je suis très entourée ! Cela a été encore le cas lors de cette expérience ! Mon oncle et ma tante nous ont accompagnés et soutenus pendant notre séjour prolongé à Toulon. Mes parents ont fait 1 300 km de route en 2 jours pour récupérer Joseph et le ramener dans les Landes afin qu’il ne manque pas sa rentrée au lycée. Et ont chamboulé tout leur emploi du temps pour rester chez moi et s’en occuper ! La famille et les amis étaient là aussi pour prendre des nouvelles, envoyer de gentils messages, et soulager ma logistique perso ou pro à distance. Une chaîne de solidarité qui fait chaud au cœur ! Et qui m’ont confortée dans la hiérarchisation des priorités dans la vie. Sur l’importance de pouvoir compter sur ses amis, sa famille. Et consacrer le maximum de temps à ses êtres chers au quotidien plutôt que de se laisser distraire par de micro soucis.

Consolider des liens

Cette aventure a renforcé les liens avec mon entourage mais également avec ma fille. Ces 5 jours passés en tête-à-tête ont paradoxalement représenté un luxe pour une famille composée de 3 enfants. Nous avons beaucoup parlé, joué, rigolé. Je l’ai bichonnée. J’étais disponible pour elle et seulement elle pendant plusieurs jours ce qui n’était jamais arrivé depuis sa naissance. Et elle a 9 ans. J’avais déjà eu la chance de le vivre avec mes 2 garçons pendant des hospitalisations. Et j’utilise le mot chance car dans les 2 cas, ce n’était pas grave et ce temps passé avec chacun d’eux avait renforcé notre relation. J’ai l’ai ressenti à nouveau avec Violette. Je ne la regarde plus de la même manière et je sens que son regard a changé aussi à mon égard. Elle a la fâcheuse habitude d’être en demande permanente et impossible (certainement pour montrer qu’elle est la petite dernière mais qu’elle est bien là), une attitude qui génère de nombreux conflits entre nous 2. Depuis son séjour à l’hôpital, elle semble rassurée sur notre lien et se trouve comme apaisée. Pourvu que ça dure 😉

relativiser les tracas de la vie
Bien entourées 😉

MORALITé de la théorie de la relativité

Après ces petites péripéties, je me sens plus forte, encore moins seule, apaisée. Ces vacances ont été plus que profitables. Les contrariétés du quotidien semblent me glisser dessus sans m’atteindre. Pour combien de temps, je ne sais pas, je me contente d’en profiter ! Mais je sais que la vie n’est pas un long fleuve tranquille. D’autres aventures m’attendent. Mais j’entends bien rester positive et optimiste, y compris face à l’adversité. C’est dans cet état d’esprit – la théorie de la relativité – que j’ai eu envie de lire cet été Que faire des cons ? Pour ne pas en rester un soi-même, un essai formidable de Maxime Revere, publié chez Flammarion. Un livre très utile pour rester zen et prendre encore plus de recul ! Je vous en parle la prochaine fois dans la rubrique Lectures 😉