Tuto Tricot Bonnet

Simple et rapide

Et si on bricolait un bonnet ? Nous sommes en hiver. Le confinement puis le couvre-feu nous laissent du temps libre à la maison. Les tuto du head band et des mitaines sont les articles les plus consultés sur ce blog en 2020 ! Voilà de bonnes raisons pour poster un nouveau tuto tricot ! Je vous propose de réaliser un bonnet cette fois-ci. Toujours simple et rapide. Parfait pour les débutantes ou pour utiliser des restes de laine.

Pour ce tuto, je suis partie d’un modèle Phildar que j’ai adapté pour le décliner avec toutes les laines et aiguilles possible.

tuto tricot bonnet débutante
À gauche, bonnet réalisé avec une laine moyenne en doublant le fil et les grosses aiguilles en bois sans indication de taille (plus grosses que du 13). À droite, modèle réalisé avec une laine qui se tricote en 4 ou 5 mais avec le fil doublé et des aiguilles N°13.

Matériel pour tricoter le bonnet

Des aiguilles de n’importe quel numéro, la laine que vous voulez et une aiguille à laine ! Elle est pas belle la vie ? Ajoutez également une calculatrice car en utilisant des aiguilles variées et une laine indéterminée, il faut réaliser un échantillon. Il suffit ensuite de calculer le nombre de mailles et de rangs à tricoter pour votre bonnet.

Réalisation de l’échantillon

Monter des mailles (environ 10 / 12 si grosse laine et grosses aiguilles, plus si votre laine est fine et vos aiguilles d’un diamètre plus fin). Si le résultat vous convient, mesurer combien de mailles et de rangs il vous faut pour 1 ou 10 cm (un compte rond donc !).

Si le résultat ne vous plait pas, changer de grosseur d’aiguilles, doublez la laine en utilisant 2 fils ou mixer 2 laines !

Calculer le nombre de mailles ou la règle de 3 pour les nuls

Mesurez votre tour de tête pour connaître la largeur du bonnet à tricoter. Et faites une belle règle de 3 pour connaître le nombre de mailles à monter. Je vous conseille de retenir votre tour de tête moins 1 cm car souvent la laine tricotée s’étire. Cela vous évitera d’avoir le bonnet sur les yeux 😉

Si votre tour de tête fait 52 cm et que votre échantillon compte 12 mailles (grosse laine + grosse aiguille) pour faire 10 cm. Vous devez monter 62 mailles !
La formule magique est :
Nombre de mailles total = (tour de tête en cm x nombre de mailles pour 10 cm) / 10 cm

Réalisation du bonnet

Suite à votre calcul, montez le nombre de mailles nécessaires. Tricotez tout droit en point jersey. Pas d’augmentation ou de diminution ! Tricotez pendant 25 cm si vous souhaitez un bonnet un peu haut. Seulement 18 cm si vous le préférez façon marin. Mesurez, faites des essais pour qu’il soit sur-mesure !

Une fois la hauteur souhaitée atteinte, coupez la laine en laissant une longueur de fil de 20 cm. Puis passer ce fil dans les mailles du dernier rang à l’aide d’une aiguille à laine. Tirez pour fermer le haut du bonnet. Pas besoin d’arrêter les mailles ! Il ne vous reste plus qu’à coudre à l’envers le côté du couvre-chef à l’aide d’une aiguille à laine. Et c’est fini !

Variantes du bonnet

  • Avec des aiguilles circulaires, inutile de coudre le côté !
  • Réaliser 2 ou 3 cm de côtés 1/1 ou 2/2 au début de l’ouvrage pour qu’il tienne mieux sur la tête. Dans ce cas, calculez votre nombre de mailles selon la vraie taille de votre tour de tête. Et non comme conseillé plus haut, tour de tête moins 1 cm.
  • Changez de point ! En point mousse, point de blé, point de riz, tout est possible ! Il suffit de tester en faisant votre échantillon, pour calculer le nombre de mailles et rangs nécessaires. Comme ce bonnet est un rectangle droit, ce modèle représente un bon moyen de s’entraîner à de nouveaux points plus complexes. Sans se lancer dans un pull 😉
  • Variez les couleurs, réalisez des rayures ou un point jacquard (pratiques si vous n’avez pas assez de laine pour le faire uni).
  • Bien serré en haut, le petit trou ne me gène pas mais vous pouvez faire une finition en ajoutant un pompon pour le cacher. Et ajouter ainsi une fantaisie.

Attembre, de Tanx

Ou comment une BD m’a réconciliée avec la lecture

Cet été, j’ai perdu le goût de la lecture. Tous les livres dans lesquels je me plongeais me semblaient futiles, inutiles. Après quelques pages laborieuses, ils me tombaient des mains. Jusqu’à Attembre, le journal de Tanx de novembre 2018 à août 2019 publié aux éditions 6 pieds sous terre. Ce beau livre m’a été offert par mon amie Blanche pour mon anniversaire. Soit quelques jours avant que je ne me trouve dans l’impossibilité de lire. Pour tenter de m’y remettre, j’ai d’abord essayé des titres plus légers. Sans succès. En fait, j’avais besoin de sens pour apprécier à nouveau la lecture et j’en ai trouvé dans ce récit très très personnel, écrit et dessiné. Merci Blanche. Et merci Tanx.

Attembre de tanx couverture chronique éditions six pieds sous terre

Attembre, contraction de attendre et des mois chiants en « embre »

Je suis très heureuse de l’avoir lu et de vous en parler à la fin de cette année très spéciale pour tout le monde. Année marquée par l’attente, de la fin du / des confinements, de la fin de l’épidémie, de la sortie de la crise économique. Cette année, on attend. Et Dans Attembre, Tanx raconte son raconte son ennui entre novembre 2018 et aout 2019, une période où elle a beaucoup attendu pour déménager de Bordeaux à Paris. À tel point que Bordeaux a représenté un hall d’aéroport comme elle dit. Attembre, la contraction de attendre et des mois en « embre ». Dans les 208 pages, il est question d’ennui donc mais pas seulement. Également de mélancolie, d’apathie, de colère, du manque d’envie. De l’état d’attente qui paralyse tout, empêche de se projeter, de créer, de profiter du présent.

Désespoir en textes et en dessins

Cela ressemble peut-être à une dépression. Il s’agit surtout d’un récit très personnel, une chronique d’un bouleversement dans sa vie comme on en connait tous. Sauf que Tanx est une artiste. Et ce chamboulement provoque des perturbations, de nombreuses questions. En posant sur une feuille son quotidien, Tanx y met tout, ses états d’âme, ses pensées les plus sombres, ses interrogations sur le moteur artistique, le format de la confession. Elle se demande s’il faut qu’elle soit au désespoir pour écrire ou créer. Est-ce que la guérison est la cause de son trou noir artistique ? Qu’elle se rassure : quand on la lit, ce n’est pas son désespoir qui l’a fait si bien écrire ou dessiner. C’est son talent à extérioriser son désespoir, le courage de le faire et de poser des questions difficiles. Sur le troublant rapport entre la réalité et la création, l’impulsion de vivre et comment, la concrétisation d’envies et de choix.

attembre de tanx quatrieme de couverture six pieds sous terre éditions

Fureur et authenticité

Ce livre, c’est aussi son questionnement sur le concept autobiographique qu’elle pratique depuis plusieurs années. Il fait d’ailleurs suite à Des croutes au coin des yeux parus en 2 volumes en 2016 et 2017. Puis regroupés dans une édition intégrale en 2018 sous le titre Toutes les croutes aux coins des yeux. L’auteur exprime ses doutes sur la frontière et les limites entre autobiographie et fiction, Elle se demande :  » Est-ce que je vis pour créer des souvenirs ?  » Obnubilée par sa créativité, dans le dessin, dans la consistance de son récit, elle se demande si elle arrive vraiment à tout raconter, si et pourquoi elle oublie ou exagère. Son récit est une mise en abime infinie.

Cela fonctionne car, comme à son habitude, l’autrice dessinatrice ne s’encombre pas de fioritures, de filtres. Dans le texte comme dans son dessin, elle livre un récit authentique, brut, emprunt d’une fureur de grande beauté. Son trait et son langage sont acérés, crus, parfois plus littéraires, plus appuyés. Il y a indéniablement une forme de grâce dans sa manière de se livrer, dans ses incertitudes et ses tâtonnements. Une grande humilité.
Je n’étais pas très en forme lorsque j’ai lu ce livre et il m’a fait du bien. Il m’a fait vibrer, me sentir moins seule dans les marasmes réguliers de mon esprit. Il m’a fait me sentir vivante à un moment où j’étais éteinte. Comme une bouffée d’oxygène après une trop longue apnée.

Sur la Vraie vie, de vrais questions

En libérant son âme sur le papier, Tanx accompagne le lecteur vers des vérités difficiles mais authentiques. Ha c’est certain, les cases carrées de Tanx ne ressemble pas à un beau fil Instagram. Mais qu’est ce que c’est bon de se plonger dans la vraie vie pour une fois ! Le partage de ses pensées fait cogiter. Sur des problèmes que l’on ne s’est jamais posé ou que l’on a jamais osé poser. Elle le fait. Et souvent on s’y retrouve dans ses questions, sur la liberté, la mécanisation de nos actes, les raisons et le but de nos choix ou non choix. On se sent moins seule en lisant Tanx. Attembre est une vaste exploration, un lâcher prise passionnant, impressionnant, intelligent et touchant. Ce n’est pas une BD glauque mais lumineuse, une œuvre en clair obscur bourrée d’humanité.

Édité par 6 pieds sous terre

Attembre, publié sous forme de fanzine en 14 volumes auto-édités, a été rassemblé en un seule beau livre par 6 Pieds sous terre en janvier 2020. Une maison d’édition de bande dessinée fondée en 1991 à Montpellier par Jean-Philippe Garçon, Jean-Christophe Lopez et Jérôme Sié. Rejoints ensuite par Thierry Durand et Yves Jaumain. Et désormais installée à Saint-Jean-de-Védas. Une éditeur indépendant qui édite des BD différentes et essentielles, belles sur la forme comme dans le fond et notamment des auteurs dessinateurs que j’adore comme Baudoin, Fabcaro, Florence Cestac, Guillaume Bouzard, James, Loïc Dauvillier, Manu Larcenet, Mathias Lehman, Gilles rochier, Nicolas Moog, Terreur graphique, Pierre Druihle, Winshluss et… Tanx !

L’œuvre d’une artiste sensible

Outre la BD, Tanx se consacre à l’illustration, aux affiches de concert, à la peinture, la linogravure. Vous pouvez découvrir son travail sur son compte Instagram. Et si vous voulez faire plus ample connaissance avec cet auteur si sensible, – entendez bien cet adjectif dans sa signification première – c’est à dire douée d’un sens aigüe de la perception à la vie, et qui retranscrit en mots et en dessins de manière si brute si forte ses sentiments, je vous invite à consulter régulièrement son blog.
SI elle publie des titres chez des éditeurs indépendants comme six pieds sous terre, elle pratique pas mal l’autoédition. Vous pouvez les découvrir Sur son échoppe.

Après avoir chroniqué Attembre à la radio, Tanx m’a envoyé un très gentil mot pour me remercier. J’ai été touchée par son œuvre. Elle a été touchée que son œuvre résonne en moi comme elle l’avait créé. Nous avons ressenti une sorte de communion via un livre. Cela le rend encore plus précieux. Au fil des ans, ma bibliothèque se réduit, faute de place et par envie de minimalisme. Attembre y restera, c’est certain.

Attembre, de Tanx, 208 pages, Éditions 6 pieds sous Terre, Collection Monotrème (Mini), janvier 2020, 17 €.