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Comment je suis devenue écolo, locavore, pescetarienne et adepte du fait-maison

Bibliographie, filmographie et annuaire non exhaustifs de cette transition

Pour mon retour sur le blog (dû à un bug du site, résolu en 24h par mon trop chouette et trop fort copain Mathias mais j’étais passée à autre chose donc me revoilà 6 mois après – fin de la digression). Pour mon retour sur le blog donc, j’ai eu envie d’expliquer les raisons de mon mode de vie. J’ai 51 ans et je suis progressivement devenue adepte du fait-maison, écolo, locavore, et pescetarienne. La progression a été douce. Je n’ai pas fait une crise d’ado ni de la quarantaine. J’aime la nature, j’ai besoin de son contact quotidien. La respecter est plus que naturel.

Et ce mode de vie me semble plutôt cohérent rapport à la crise climatique et économique. Pourtant, souvent, je constate que cette manière de vivre que je n’impose à personne, questionne. Voire provoque des jugements. Et comme cette évolution s’est faite en douceur, je voulais partager les films, livres et associations qui ont provoqué des déclics au point de changer modes de consommation et alimentation.

1/ Le fait-maison

Quand je dis que je pratique le plus possible le fait-maison, je parle d’alimentation mais aussi de mode, d’ameublement, de décoration. Ma source d’inspiration est mon éducation, mon cadre familial. Ma maman a toujours cuisiné. Tout comme mes oncles et tantes. Au quotidien ou pour les repas familiaux du dimanche, j’ai grandit en apprenant à bien manger. Des plats savoureux équilibrés. Lorsque j’ai quitté ce nid, j’ai reproduit ce mode d’alimentation. Les rares fois où j’ai essayé des plats préparés industriels par manque de temps, j’ai dégusté la différence et arrêté l’expérience. Et j’ai élevé mes enfants de cette manière : mon ainé, Yuri, a découvert la purée en flocons, lors de sa première année de fac !

Ce choix d’alimentation a donc été d’abord culturel, gustatif, puis économique : de nombreuses études ont démontré que le coût d’un plat fait-maison est inférieur à un plat industriel. En prenant en compte les aliments et le coût de l’énergie pour la préparation. La dernière étude INRAE confirme cet état de fait mais le pondère en monétisant le temps de préparation. Cet indicateur n’entre pas en ligne de compte pour moi. Découper des légumes, mélanger, cuisiner a un effet apaisant, relaxant, méditatif chez moi. Pourquoi dans ce cas ne pas déduire le coût de la thérapie que m’économise la cuisine ?

Dans la catégorie fait-maison, je tricote, couds, fabrique voire répare (dernièrement, la chasse d’eau encastrée de mes toilettes, et je ne n’en suis pas peu fière !). Je dois aussi ces passions à mes parents. Ma maman m’a appris à tricoter et coudre, mon père à bricoler. Plus que ces techniques, ils m’ont transmis le plaisir de faire par soi-même. La fierté personnelle de produire quelque chose de concret. Et le plaisir de faire pour les autres, passer du temps à réaliser un cadeau en pensant à la personne à qui l’on compte l’offrir. Et l’expérience m’a prouvé qu’offrir un gilet fait-maison avec amour procure plus de plaisir aux parents d’un nouveau-né qu’un énième pyjama fabriqué en Chine. Tout comme un bonnet en laine ou des mitaines pour mes copines plutôt qu’un carré de soie ! Et à la maison, si j’ai parfois craqué pour des meubles en kit, je préfère les meubles ou accessoires chinés et restaurés. Pour leur histoire, leur âme, leur cachet et l’esprit qu’ils donnent à mon intérieur, les uns à côté des autres.

2/ Les produits locaux et le boycott des industriels

Je m’en souviens comme si c’était hier. C’était en 2007. Je vivais en Charente-Maritime. Et j’ai vu au cinéma le documentaire We feed the world. Une claque. Je me suis sentie mal après la projection et seule la décision de consommer autrement a pu alléger ce malaise. Après cette prise de conscience, j’ai évidemment regardé d’autres films importants pour m’informer sur les modes de production. Mais celui-ici reste le plus fort pour moi. Sachant qu’en 2005 à sa sortie, ces questions étaient encore peu traitées par les médias.

Sous-titré Le Marché de la faim, ce film réalisé par Erwin Wagenhofer, s’inspire du livre de Jean Ziegler, L’Empire de la honte. Que j’ai lu après le film et que je vous conseille aussi. Cette enquête nous emmène dans le monde entier pour révéler les aberrations de la mondialisation dans le domaine de l’alimentation et l’organisation de la faim par les plus riches. Comme la domination du Nord sur le Sud : paupérisation des populations du Sud au profit de notre alimentation ou de nos profits. Comment un poulet industriel contribue au massacre de l’Amazonie pour produire le soja qui le nourrit. Comment des habitants du Maghreb sont exploités comme des esclaves pour produire des tomates toute l’année sous serre en Espagne.

Et ce ne sont que quelques exemples. Le film s’achève par une interview de Peter Brabeck-Letmathe, le PDG de Nestlé à l’époque. Édifiante… Ce cynisme capitaliste finira de convaincre les réticents. Regardez ce film toujours d’actualité malheureusement. Il abordait déjà la notion mercantile de l’eau qui fait encore parler de Nestlé aujourd’hui… Après l’avoir vu, je me suis fait des listes de marques à boycotter, j’ai exclu certains types d’aliments de mes courses et privilégié la production française, locale dès que possible et de saison.

3/ Les produits locaux et bio

À l’heure du projet de la loi Duplomb qui, entre autres, souhaite réautoriser l’insecticide l’acétamipride et tandis que cette loi est soutenue par certains agriculteurs dont la FNSEA, je vous recommande tous les films et livres de Marie-Monique Robin. Je les ai découverts dans la continuité du film We feed the world et ils ont ouverts encore plus ma conscience sur la production au détriment de notre santé et de la planète. Le Monde selon Monsanto, Notre poison quotidien, Sacrée croissance ! : ils ont été publiés ou réalisés entre 2008 et 2014 et rien ne semble avoir évolué… Ces lectures ont renforcé le fait de consommer local, de saison, et bio dès que possible… Non, Mr Duplomb, je n’ai pas attendu la concrétisation de votre bêtise pour consommer local et bio. Comme la plupart des 2 millions signataires de la pétition contre votre loi absurde et meurtrière.

Dans Le monde selon Monsanto, film et livre sortis en 2008, Marie-Monique Robin retrace, après 3 ans d’enquête, la genèse de l’empire industriel, devenu le premier semencier du monde, à la force de rapports mensongers, de complicité de l’administration nord-américaine, de pressions et tentatives de corruption. Et notamment le rôle de l’entreprise américaine dans l’extension planétaire des cultures OGM sans aucun contrôle sérieux de leurs effets sur la nature ni la santé humaine…

Dans Notre poison quotidien, qui existe aussi en film, la réalisatrice et journaliste, démontre que la cause principale de l’épidémie de cancers, leucémies, maladies neurologiques en forte hausse dans les pays dits développés est due aux dizaines de milliers de molécules chimiques présents dans notre quotidien et notre alimentation. Des maladies qui affectent la population mais les agriculteurs en première ligne ! Elle met en lumière les défaillances du système d’évaluation et d’homologation des produits chimiques ainsi que les pressions et manipulations des industriels. Là encore, pour des raisons de profits au détriment de notre santé.

Dans l’un de ses derniers ouvrages, La fabrique des pandémies, publié en 2021 suivi du film du même nom en 2022, la journaliste explique comment les activités humaines, ont provoqué l’effondrement de la biodiversité, et ainsi créé les conditions d’une  » épidémie de pandémies « . Des faits et conséquences démontrés par des centaines de scientifiques depuis les années 2000, que l’auteure synthétise et rend accessibles.

4/ Régime sans viande

Ces lectures et films m’ont aussi alertée sur les effets dévastateurs de l’élevage pour l’environnement. Et des articles de presse sur les conditions d’élevage, sur la maltraitance animale. J’ai petit à petit réduit ma consommation de viande, essayer d’en savoir plus sur les producteurs. Pour privilégier les moins « maltraitants ». Mais un abattoir reste un abattoir. Suivre le compte sur les réseaux de L214, une association qui défend les animaux, a fini par me convaincre d’arrêter d’en manger. Ce n’est pas une question de goût, j’adore la viande. Mais les images difficiles ne donnent plus envie de participer à ces horreurs.

Et cette décision idéologique a entrainé des bienfaits nutritionnels. Je consomme beaucoup plus de légumes, de légumineuses. Je réfléchis bien plus à l’équilibre de mon assiette. Comme je ne suis pas une experte encore en diététique, je continue de manger des œufs et du poisson (sardines, maquereaux, anchois) pour conserver des protéines animales. Mais j’étudie les alternatives. En veillant à ce que ces alternatives ne soient pas des produits industriels ou réalisés à partir d’aliments dont la culture dévaste la planète. Le sujet est complexe mais il faut rester cohérent.

Mes enfants mangent toujours de la viande, je leur en achète et leur cuisine. Je porte des chaussures en cuir. Je ne suis pas parfaite. J’essaye de consommer en étant respectueuse le plus possible de l’environnement. Un mode de vie qui fait souvent l’objet de moquerie, de commentaires négatifs. Je serai « extrémiste », « pénible », « difficile »… Je ne fais aucun commentaire aux gens qui prennent l’avion plusieurs fois par an, achètent régulièrement via Amazon, mangent de la viande. Je ne me permets pas de juger. L’inverse n’est pas vraie. Dans ces cas là, je n’essaye ni de me justifier, ni de convaincre. Mais comme ma consommation a évolué au fil des ans, je préfère prévenir : cela ne va pas s’arranger 🙂

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