Confinement / Jours 46 à 48 : reprise en main

Journal d’un isolement

Se confiner : S’enfermer, être enfermé dans un lieu (Larousse). Le moi de mai commence par un long week-end. Parfait pour reprendre les choses en main, se détendre avant la fin du confinement.

Bullet journal mai page de garde

Jour 46

Vendredi 1er mai
Nous y voilà. En mai. Le confinement depuis la mi-mars a fait défiler le temps. Comme si le début du printemps avait été effacé. Cette pause imposée et angoissante a provoqué chez de nombreuses personnes des envies d’activités pour contrer l’ennui. Entre les enfants, le boulot et la logistique famille, je n’ai pas encore eu le plaisir de m’ennuyer. Mais j’ai besoin de décompresser. Par exemple, j’ai pris plus de temps pour préparer la page de garde de mai de mon bullet journal. Plusieurs soirs, j’ai écris, reproduit le mot mai. Un exercice parfait pour me vider la tête. Pour ne pas me laisser avoir par la facilité de la répétition et rester concentrée sur chaque lettre, sa taille, sa position.

Un temps de chien

Jour férié. Pourtant, je travaille un peu. Le temps est pluvieux. Après avoir profité d’une accalmie pour promener le chien, je finis de cocher les missions pro de la semaine inscrites sur mon bullet journal avant le réveil des enfants. Machinalement. Pour avancer. L’arrivée d’un mail avec plusieurs pages d’une maquette me remonte le moral. C’est l’intérêt d’un projet collectif ambitieux. Il ne se concrétise que par la force des uns et des autres. La synergie entre des envies, des compétences, des tempéraments. Un équilibre entre les phases de découragement des uns et l’ébullition des autres. Ce mail tombe à point.

Comme un samedi

Une fois que les enfants sont levés, ce vendredi se déroule comme un samedi : rangement, ménage. L’après-midi, broderie, tricot et lecture. Le temps nous donne envie avec Violette de regarder un film tout en avançant sur notre coloriage géant acquis au Musée du Quai Branly il y a au moins 7 ou 8 ans. Le programme télé affligeant nous fait éteindre la télé et ranger le coloriage. Ce n’est pas ce week-end ni pendant ce confinement que nous le finirons. Il fait plus de 2 mètres. Violette se décourage. Je persiste. Un jour, il sera fini et accroché dans notre chambre !

Malgré la pluie nous laissons le lapin gambader dehors. Il ne cherche d’ailleurs pas à s’abriter et broute sous les torrents d’eau. Lorsque nous finissons par le rentrer pour le sécher, le poilu se prend pour sa mère et s’applique à le lécher. C’est la mignonnerie du jour.

Bilan de la journée

Boulot : un peu.
Bricolage : ménage, broderie, tricot, coloriage.
Ravitaillement : récupération de ma commande en ligne de fruits et légumes bio des Jardins de Castelnau.
Cuisine : sauté de porc et petits légumes au safran. Les garçons valident, Violette boude la viande. Elle devient presque végétarienne. Sauf pour le chorizo…

Jour 47

Samedi 2 mai
Le soleil est de retour. Le matin, je m’active dans la maison et fait une pause en forêt avec le poilu. L’après-midi, nous nous lançons dans une mission de reprise en main du jardin. Avec l’aide du papa de Violette. Et des enfants. Enfin, Joseph et Violette – Yuri dort…

En famille

C’est assez étrange d’évoluer tous les 4 dans un même espace, de se parler. D’être ensemble plus de 5 mn, 5 ans après la séparation. Nous remplissons notre mission avec succès. Le jardin est nickel. Nous sommes sales et en sueur. Tout le monde s’est parlé gentiment. Je suis touchée. Que les enfants aient participé de bon cœur – presque – sans râler. Mais aussi que le papa de Violette ait proposé son aide. Et que nous arrivions à nous parler gentiment. Si une séparation est toujours une douleur pour les enfants, j’imagine leur apaisement quand ils constatent des rapports sereins. À défaut d’avoir réussi à mener une vie de couple, nous ne nous débrouillons pas trop mal pour la séparation. Qui a dit que la notion de famille impliquait une cohabitation ?

La cuisine et la broderie, c’est la vie

Après le départ de Violette et de son papa, une bonne douche et Je me lance dans une pâtisserie. Après cet effort, je suis en hypo et des bananes se meurent dans la coupe à fruits. Pendant la cuisson des muffins bananes – pâte à tartiner, je me remets à la broderie à la lumière de jour. Quel plaisir d’être propre, fourbue et confortablement installée. C’est ce que j’aime dans l’effort. L’après !

Vans custom broderie

Je termine enfin la broderie de mes Vans commencée il y a un an. Après le tricot et la couture, j’avais très envie de me mettre à la broderie. Découvrir quelques comptes sur Instagram avec des réalisations plus modernes que « La petite maison dans la prairie » m’a fait sauter le pas. Comme celui de Jemma qui customise Vans ou Converse. J’avais une paire de Vans unie et tellement basique que je les portais peu. Je me suis donc lancée dans la broderie sur Vans. Quelle idée ! La toile est tellement dure qu’elle est difficile à piquer. Le concept de chaussures complique aussi la marge de manœuvre pour trouver le bon endroit pour piquer. Quand on débute en broderie, il faut apprendre à bien estimer les distances pour avoir un travail régulier et des motifs harmonieux. Mission quasi impossible sur des Vans…

Commencer et laisser de côté

J’ai la désagréable de manie de démarrer des ouvrages et de ne pas les terminer. Certains ont la zappette facile en télé. Moi, c’est en projet créatif… Après avoir réalisé l’arc-en-ciel et une fleur en m’esquintant les mains, en faisant et défaisant, j’ai laissé mes chaussures de côté pendant quelques mois. J’ai perfectionné mon piqué et mes gestes sur de la toile, des t-shirts. Bref, des supports plus souples pour un apprentissage. Puis, forte de ces expériences, j’ai repris mes tennis et j’ai terminé enfin cette customisation. Je suis ravie. Du résultat, et d’avoir terminé un projet. Et ce n’est pas fini.

Bilan du jour

Bricolage : Vans brodées, tricot du pull de Violette. Et jardin nickel, rasé, débarrassé des bambous, du lierre. Cette nudité ne me ressemble pas. Je me rassure en me disant que la nature va vite reprendre ces droits. Et que pendant ce temps, ma propriétaire a perdu une raison de râler.
Cuisine : muffins, saucisses, pommes de terre à l’eau (toujours en hypo), gariguettes des Landes.
Projet : terminer TOUS mes projets en cours pendant le confinement ! Une trousse brodée, une tête de rêne, des pochettes pour ranger les lingettes démaquillantes maison. Plus que une semaine, c’est pas gagné…

Jour 48

Dimanche 3 mai
Le soleil est toujours là. Je ne dors jamais les volets fermés. J’aime cet indicateur horaire et météo naturel. Je me lève tôt pour en profiter. Étendre la lessive au soleil quand le village dort encore. Partir en forêt avec mon poilu préféré. Avoir le reste de la matinée pour cuisiner, lire, tricoter, coudre.

Trouver sa place

J’ai connu quelques mésaventures dans la vie. Humaines, financières, professionnelles. Mais il y a au moins quelque chose que j’ai réussi – après mes enfants of course : ma migration dans les Landes. Je suis née et j’ai grandi en banlieue parisienne. Citadine de naissance, je pense que je suis campagnarde au fond de moi. J’aime la nature, c’est là que je me sens le mieux. En forêt, au bord de l’océan. Au calme et entourée par de grandes étendues naturelles. Installée depuis presque 12 ans dans les Landes, je savoure quotidiennement le bonheur d’être ici. C’est la première fois de ma vie, depuis que je vis dans ce paradis, que je suis contente de partir en vacances ET de rentrer. 12 ans que j’ai le sentiment de vivre en vacances. Que j’ai trouvé ma place. Est-il utile de préciser que cette impression est largement renforcée avec le confinement ?

Chien husky siberien foret des landes confinement

Transpirer sans bouger

Après une pause café – lecture, je reprends une trousse brodée à l’abandon depuis plusieurs mois. J’ai terminé la broderie, il reste la réalisation de la trousse. Comme je trouvais le mode d’emploi trop sommaire pour la piètre couturière que je suis, je l’avais laissé de côté pour le reprendre en compagnie de mon amie Soso, mon mentor en tricot, couture. Confinement oblige, je me motive en me répétant comme un mantra « Tu peux le faire » ! Je lis et relis la marche à suivre, je mesure, je tourne et retourne les tissus. Je me décide à couper. J’essaye d’assembler le tout dans le bon sens avant de me lancer dans la couture. Je transpire, fronce les sourcils. Joseph se lève et me sauve. Je vais préparer le brunch.

Le casse-tête de l’école

On termine ce dimanche en détente avec le retour de Violette. Demain reprise de l’école à la maison. Et peut-être dans une semaine à l’école tout court. Je n’ai pas encore pris ma décision. Un mail honnête du directeur m’apaise. Ils ne connaissent pas encore toutes les mesures à mettre en place. Ils vont y travailler la semaine prochaine et nous informerons des conditions d’accueil des enfants afin que nous puissions nous décider sur leur réintégration. J’imagine que certains parents salariés n’ont pas le choix. Le confinement s’arrête, ils doivent retourner travailler. Même s’il est plus complexe de travailler avec Violette et l’école à la maison, j’ai ce luxe. Je ne m’en priverai pas si je réalise que les pauvres enseignants et employés communaux n’ont pas les moyens d’appliquer les 60 pages de directives du ministère…

Bilan du jour

Yoga : 1. Quelle bêtise de ne pas m’y coller tous les jours. Prendre le temps pendant ce confinement. Les étirements détendent mes muscles endoloris par la mission SOS jardin de la veille.
Bricolage : J’ai abandonné mes velléités d’autonomie en couture, j’attends la fin du confinement pour profiter des conseils avisés de ma coach. Dans loisirs, il y a la notion de plaisir, pas de stress ! Reprise du tricot de Violette.
Cuisine : pain cuit en cocotte, brunch avec une omelette aux aillets et un délicieux smoothie jus d’orange frais, bananes, framboises, glace à la vanille, préparé par Joseph. + nouilles chinoises maison le soir. La cuisine, c’est la vie.

brunch dimanche confinement pain maison omelette aillets smoothie

Comment le Bullet Journal…

… a changé ma vie !

Depuis décembre 2017, je suis devenue une pratiquante du bullet journal. Nouvelle lubie, proche d’une religion (mais sans dommages collatéraux) qui a changé ma vie ! Inventé il y a quelques années par le designer newyorkais Ryder Caroll, le bullet journal est un carnet personnalisé, à la fois calendrier, agenda et journal. Un système pour organiser sa vie pro, perso, familiale au quotidien mais aussi mensuellement et sur une année. Je vous ai déjà confié ma manie des carnets et des listes. Naturellement, j’étais tentée par l’expérience du bujo (contraction de bullet et journal).

bullet journal, agenda, planner, journal

Le complexe du Bujo

J’utilise depuis des années un agenda « papier ». Dans lequel j’inscris mes rendez-vous mais également des listes de choses à faire. En vrac. Cette méthode ne me convenait pas : en 2017, j’ai oublié des rendez-vous, de déclarer mes impôts et… l’anniversaire de ma maman (pardon). Réaliser mon propre agenda avec des emplacements dédiés pour toutes mes missions (pro et perso) semblait représenter une bonne solution. Mais les exemples que je découvrais sur le Net ou sur Instagram m’intimidaient. Riches en dessins et graphismes, ils ressemblaient à des œuvres d’art. J’adore les cahiers et l’écriture mais je suis nulle en dessin. Et sans me lancer dans le dessin, je ne voyais pas comment ajouter l’élaboration d’un bullet journal dans mon planning déjà bien rempli ! J’avais aussi remarqué que la plupart des adeptes (sur Instagram) semblaient avoir le temps de réaliser ces merveilles car étaient jeunes et étudiantes. Je pensais avoir passé l’âge.

En plein complexe d’infériorité, je restais donc spectatrice. Jusqu’à ce que la même semaine, je tombe sur le blog de Caro de la papet’ et qu’une amie (merci Marine !) m’envoie un carnet avec Bullet Journal écrit sur la couverture. C’était un signe ! Dans son article intitulé Commencer un Bullet Journal, Caro de la papet explique très clairement tous les termes du bullet journal (planner, collections, trackers, clefs) et détaille pas à pas comment se lancer dans l’élaboration de son premier bujo. Je venais de trouver mon gourou. Je me suis lancée !

Bullet journal, stylos, feutres, fournitures de Josette
Avec ma manie des feutres et des stylos, j’avais tout ce qu’il fallait pour démarrer mon premier bullet journal !

Se lancer dans la réalisation du Bujo

Avant de tracer le premier trait dans mon beau carnet, j’ai lu attentivement l’article. J’ai également consulté les autres blogs de bullet journal recommandés par la jeune femme. J’ai parcouru les comptes Instagram correspondants : minimal.plan, planwithady, greenishplanning, soho.hana, flyingpaperwords et évidemment caro_de_la_papet. Pour être tout à fait honnête, les blogs consacrés à ce sujet ont représenté plus qu’un guide. N’étant pas du tout créative, j’ai complètement recopié les modèles de planning annuel, mensuels et hebdo proposés ! Idem pour les autres pages de mon bujo, je m’inspire très largement des adeptes talentueuses. Pour la construction et l’organisation des pages. Pour la déco, je n’essaye même pas !

Les premières pages du Bujo

J’ai commencé au crayon à papier, tellement j’avais peur de faire mal, moche… Compté des lignes, ressorti une règle graduée, pour que mes traits soient droits et mes colonnes équilibrées ! J’ai tiré la langue, regardé le modèle 45 fois, froncé les sourcils, arrêter de respirer… Ma première séance de bullet journal s’est déroulé un soir pendant quelques heures. Et j’ai passé un super moment ! Complètement concentrée sur ma mission. Je n’ai pas vu le temps passé. Je me suis vidée la tête. Et j’ai éprouvée de la satisfaction devant le résultat de mes premières pages (pourtant très moyen).

planning annuel du bullet journal de Josette

Une expérience optimale

Tout comme le coloriage (très en vogue il y a peu), mais aussi le tricot, le jardinage, le sport ou la cuisine, le bullet journal représente une « expérience optimale ». Théorie énoncée et développée par le psychologue hongrois Mihaly Csikszentmihalyi dans son livre Flow : The Psychology of Optimal Expererience qui existe en Français chez Pocket sous le titre Vivre, la théorie du bonheur.  L’expérience optimale se réalise via une activité qui requiert une concentration intense au point de nous faire oublier le temps, nous même, sans être pertubé par des pensées sans rapport. Cet engagement total dans l’action en cours provoque une sensation de flux. Une sensation de bien-être, d’apaisement, de bonheur. C’est le cas du Bullet Journal pour moi. Chaque création de page représente une totale implication et donc une vraie séance de détente.

un agenda, des plannings

J’ai créé dans mon bujo de nombreux plannings :
un planning annuel où je note les anniversaires, les vacances scolaires, les évènements importants.
des plannings mensuels : où je reporte les dates du planning annuel ainsi que les évènements importants du mois (sortie, dead line pro…).
les plannings hebdo : où je reporte les dates du planning mensuel et comme dans tous les agendas mes rendez-vous. Sauf que la présentation me permet d’y intégrer la liste des mes tâches de la semaine (perso & pro). Et donc de mieux les répartir, ne pas les oublier. Bref, mieux m’organiser !

bujo planning hebdo de josette and co
Le premier modèle de planning hebdo testé : joli mais un peu brouillon à la fin de la semaine. Et chouette à préparer mais un peu long…

Depuis que je pratique le bujo, j’ai déjà changé trois fois de présentation pour les plannings hebdo. La première présentation me convenait dans l’organisation mais je trouvais le résultat visuel un peu brouillon. La seconde n’a duré que 2 semaines, j’étais perdue. Et la dernière me semble pas mal. Je m’y retrouve sans rien oublier et la présentation reste claire. Je précise que en tant que psychopathe de la couleur et donc des codes couleurs, j’écris les rendez-vous et les missions dans des couleurs différentes. Noire pour la radio, turquoise pour les clients, rose pour les enfants, bleu marine pour la maison, vert pour les loisirs et violet pour le blog. Je sais, ça fait peur… Mais c’est assez pratique pour y voir clair.

tests de présentation de planning hebdo pour mon bullet journal
Essais 2 et 3 de présentation de planning hebdo. Plutôt contente du 3 qui permet de m’y retrouver tout en gardant un aspect présentable. Et c’est de loin le plus rapide et le plus simple à réaliser !

Le bujo : un coach

Désormais, je note tout car j’ai une place pour tout noter (autre que sur un post it…). Donc je n’oublie plus rien. Et l’avantage de ces différents plannings, c’est la répétition et le report. Personnellement, écrire un évènement dans le planning annuel, puis mensuel, puis hebdo me permet d’en mémoriser plus que quand je ne notais rien ! Ensuite, lorsqu’une mission du planning hebdo n’est pas cochée car non réalisée, il faut la reporter la semaine suivante. 1- On ne l’oublie plus. 2- Le report est assez fastidieux voire provoque un sentiment négatif. Pour l’éviter ? Arrêter de procrastiner avec les missions moins palpitantes et finir par les faire pour ne plus les reporter !

Outre les plannings, il est possible de créer des pages pour les collections, des pages thématiques, des listes. J’en ai fais une pour les livres à lire ou que j’aimerais lire, les films à voir, les idées de cadeaux pour les amis et la famille. Et aussi une double page sur tous les accès Internet que j’ai appelé pense-bête : un seul emplacement avec tous les identifiants et mots de passe (plus ou moins masqués) pour accéder à tous les services clients, sites Internet,etc. Je l’avais déjà sur l’ordi mais je trouvais fastidieux d’ouvrir ce doc. Et parfois j’en avais besoin mais depuis un autre ordi. Le système papier est bien plus simple et accessible !

Pour prendre du recul

Les collections permettent de centraliser toutes les idées, les envies. Et surtout, ces listes agissent comme un boosteur. Les films par exemple : j’en ai noté six depuis le début de l’année mais ne suis allé en voir aucun ! Excepté un, non noté car choisi et vu avec les enfants… Or, cette année, j’ai vraiment envie de retourner au cinéma (sans les enfants). Cette page est comme un rappel pour m’y tenir ! Il est possible d’en faire sur de nombreuses thématiques à adapter selon vos goûts : voyages, projets créatifs, liste de souhaits, bonnes résolutions… Les consulter de temps en temps permet de réaliser que l’on avance, que l’on concrétise des projets, des idées. En prendre conscience reste toujours positif et donne encore plus d’avancer. À l’inverse, s’apercevoir que rien n’est coché peut faire l’effet d’un détonateur. Créer une impulsion qui aide à se lancer.

presque une thérapie ?

Le bullet journal peut contenir également des trackers ou suivis en Français. Sous forme de tableau, de diagramme ou autre forme géométrique, ils permettent de noter et établir un suivi d’un aspect de la vie : activité sportive, régime alimentaire, sommeil, rituel beauté, ménage, etc… Toutes les routines de la vie que vous souhaitez suivre de près pour avoir une réel retour. On ne va pas se mentir, on a tous tendance à se voiler la face entre la réalité et notre perception. Ces trackers, cochés ou remplis régulièrement à l’instant T offrent une vue d’ensemble sur la réalité. Et de rectifier le tir, si besoin !

J’en ai fait sur mes humeurs quotidiennes avec le calendrier lunaire en face. Cela me permet d’analyser si la lune a réellement un impact sur mon humeur. Et en cas de déprime, je réalise que tous les jours ne sont pas désespérants ! J’en ai fait un également pour les dépenses. Depuis 3 mois, j’analyse ainsi ce qui me coûte le plus et comment je pourrais faire des économies. Pour l’instant, mes trackers s’arrêtent-là. Je préfère me voiler la face sur tous les autres aspects de ma vie (j’en ai commencé un pour les cigarettes dans le but de réduire mais le total m’a plus effrayée que motivée…).

mood tracker josette and co bullet journal

Le bullet journal prend du temps

Oui et non. Oui car je passe deux soirées par mois à réaliser les plannings mensuels et hebdo du mois suivants. Tous les dimanches, je fais un point des missions remplies et je remporte celles qui ne l’ont pas été. Tous les jours, j’y note de nouvelles tâches et je mets à jour mes trackers. Mais ce temps n’est pas perdu car, comme je l’expliquais, les heures consacrées à mon bullet journal me font du bien. Des heures où je fais le vide dans ma tête, cela n’a pas de prix. Et ce système d’organisation me permet en outre de gagner du temps ! Depuis 3 mois, je me sens bien plus organisée et donc moins stressée. Ma charge mentale a trouvé un soutien ! Surtout que j’ai passé un stade. J’ai lâché le crayon à papier pour écrire directement mes plannings, titres, missions au stylo. Mon bullet journal ne sera jamais une œuvre d’art ni parfait. Mais il me plait comme il est. Évolutif, coloré, fouilli… Il me ressemble !

 

Carnets : une vraie addiction

Dépendance au papier et à l’écriture

Je ne fais pas de collection. En revanche, j’ai une vraie passion pour les carnets. Petits, moyens, grands formats, je craque régulièrement pour des cahiers, des carnets, des bloc-notes. Mes copines qui connaissent mon amour pour ces bouts de papier m’en offrent aussi très souvent (merci Marine, Laurence, Béné, Justine !). J’aime l’objet, de la couverture au papier en passant par le format ou l’odeur. J’aime les garder vierge en réfléchissant à leur fonction. Les démarrer et écrire dedans. Les ranger sur mon bureau. En avoir dans mon sac.

A chaque cahier son contenu

Cette passion date du cours préparatoire. J’ai adoré apprendre à écrire. Adoré faire des lignes et des lignes. Remplir, m’appliquer. Petite, j’ai évidemment tenu un journal intime. J’aimais la rentrée des classes pour l’achat des fournitures, d’un agenda et des cahiers. En grandissant, cette passion ne m’a pas quittée. Pendant mes études supérieures, où j’aimais autant suivre les cours que noircir des feuilles de papier et faire des fiches. Jusqu’au choix de mon premier métier : journaliste. Profession idéale pour assouvir mon amour pour l’écriture, la prise de notes, les agendas et les carnets.

Cette passion grandit au fil des années. Chaque carnet a sa fonction. J’en ai un pour chaque client. A croire que je suis plus heureuse de décrocher un contrat pour le démarrage d’un nouveau cahier que pour la satisfaction professionnelle ! J’en utilise un pour noter les musiques à écouter ou aimées. Un pour les livres à acheter, à lire et lus. Un autre pour ma liste de tâches à accomplir au quotidien, tâches ménagères, administratives, familiales, professionnelles. Un pour le blog avec la liste des idées de sujets par rubrique. Un pour consigner les recettes de cusine, évidemment. Un qui contient toutes les promenades, les rando qui sortent de la promenade quotidienne. Parce que je ne me souviens jamais des dates ou des noms de lieux. Un encore pour mes projets, mes rêves…

Papier VS ordi et téléphone ?

Dans le travail, j’utilise évidemment beaucoup l’ordinateur. Mais je n’ai jamais réussi à me passer complètement du papier. Pour la prise de notes, les listes, mon planning, mes rendez-vous. Je me souviens d’un client qui s’était moqué de moi lorsqu’à la fin d’une réunion il m’a vu attrapé mon agenda pour noter le prochain rendez-vous. J’ai bien essayé il y a quelques années d’utiliser l’appli agenda du téléphone mais je n’ai pas réussi à m’y faire. Je trouve plus simple de noter sur du papier (surtout lorsque je suis au téléphone !). En notant un rendez-vous ou une tache à la main, je la mémorise. Et j’ai le réflexe d’ouvrir mon agenda et vérifier mes listes tous les jours. Alors que je consultais peu l’agenda sur ordi ou téléphone…

Dans la revue Flow de décembre 2015, dans un article intitulé « Mes chers carnets », Caroline Buijs explique leur principale qualité : « Ils ne coûtent pas cher, mais apportent un grand bonheur. »  Elle poursuit : « Un carnet de notes vierge porte en lui tant de promesses. C’est un nouveau départ. ». C’est exactement ce que je ressens. Et je n’étais pas surprise d’apprendre dans le même article les résultats d’une étude menée par les universités américaines de Princeton et de Californie : en suivant une conférence, des groupes d’étudiants ont pris des notes sur papier ou sur ordinateur. Les 2 groupes se souvenaient aussi bien de l’exposé. Mais le groupe papier / stylo avait mieux compris le propos et s’en souvenait mieux une semaine après…

Qui dit accro aux carnets, dit Accro aux stylos

L’autre passion directement liée aux carnets et à l’écriture est celle pour les stylos et les feutres. Je les trouve beaux et j’adore les sentir glisser sur le papier. J’ai des stylos à bille de toutes les couleurs, ce sont certainement mes préférés pour écrire.

Je n’ai aucun sens graphique ni talent en dessin mais mon amour des stylos bille explique mon admiration pour les œuvres réalisées avec cet outil : les bandes dessinées d’Antony Pastor par exemple comme Ice Cream ou Hôtel Koral. Dernièrement, j’ai découvert et adoré les œuvres de Karl Baudelere lors de l’exposition Super Héros à Spacejunk Bayonne : des petits ou grands formats de Hulk, L’Homme de pierre ou Batman, réalisés au stylo bille. Un travail gigantesque, grandiose, impressionnant par l’émotion du sujet retranscrites par les centaines de traits de stylo… Tellement beau. Bluffant. Avec mes Bic, je me contente d’écrire

Je suis gauchère donc j’ai longtemps été frileuse avec les feutres car en avançant, ma main faisait baver les mots tout juste écris. J’ai appris à les appréhender et je commence vraiment à apprécier écrire avec. J’ai en de plusieurs marques, plusieurs épaisseurs et de toutes les couleurs. Avec un gros faible pour les Paper Mate, et les Stabilo, pointe 0,4 et 1 mm.

Un Bullet Journal ?

Avec ces deux passions conjointes, j’ai envie depuis presque un an de me lancer dans un Bullet Journal. Inventé il y a quelques années par le designer newyorkais Ryder Caroll, c’est un carnet personnalisé à la fois calendrier, agenda et journal. Un système d’organisation pour sa vie au quotidien mais aussi mensuellement et sur une année. Comme j’ai la manie de faire des listes et que je suis fan de carnets, forcément j’étais tentée. Mais fouillant sur le net et Instagram, la plupart des bujo (contraction du Bullet et Journal) étaient magnifiques, très graphiques avec des jolies dessins ou textures. J’ai ressentie un complexe d’infériorité et c’est resté un fanstasme.

Jusqu’à ce que mon amie Marine m’envoie cette semaine un nouveau carnet vierge avec une couverture indiquant Bullet Journal… Cadeau arrivé la même semaine que ma découverte du blog de Caro de La Papet, qui explique magnifiquement comment bien commencer un Bullet Journal. Alors c’est décidé, je me lance ! Sur son site, Ryder Caroll démarre par : « All you need is a notebook and a pen… ». Je crois que j’ai tout ce qu’il faut !