Confinement / jours 26, 27 & 28 : Vive la famille

Journal d’un isolement

Se confiner : S’enfermer, être enfermé dans un lieu (Larousse). Presque un mois que les enfants et moi sommes isolés du reste du monde. Comme le reste du monde. Avec des effets sur la cellule familiale plus qu’inattendus… Journal de ce confinement en famille.

Jour 26

Samedi 11 avril
Pas de boulot, de devoirs et un grand soleil ! Nous passons la journée dans le jardin ! Enfin, surtout Violette et moi, les garçons dorment…
Dans l’après-midi, Joseph s’installe aux fourneaux pour réaliser la nouvelle recette de son cours de cuisine : une charlotte aux fraises. C’est le premier effet positif et inattendu du confinement. Leur prof de cuisine leur demande de réaliser une recette par semaine. Ainsi, Joseph passe beaucoup plus de temps hors de sa chambre – et donc avec nous – qu’à l’accoutumée.

boudoirs Joseph cours de cuisine

Miracle du confinement 1 : Joseph parle

Il commence par la réalisation des biscuits à la cuillère. Le prof ne leur a pas donné de recette, ils doivent se débrouiller… J’avais déjà tenté celle de La cuisine de Bernard. C’était l’une des premières recettes postée sur ce blog. Ils étaient bons mais raplapla. On fouille ensemble sur le net et il choisit la recette de Mercotte. Je lui conseille de diviser les quantités pour ne pas se retrouver avec des centaines de biscuits. Et malgré cela, la pâte est conséquente !

Mon apprenti pâtissier galère à dresser la pâte sur la plaque de cuisson avec la poche à douille et me demande de l’aider. Voilà encore un effet positif inhabituel du confinement (et de la cuisine) : plutôt solitaire et taiseux, Joseph s’ouvre, discute, échange. Je ne relève pas ce changement. Je me contente d’en profiter.

Miracle du confinement 2 : ensemble

Quand je ne l’aide pas en cuisine, je poursuis, installée dans le jardin, ma broderie Fuck you de Brode Pute. Tandis que Violette fait des pirouettes dans le jardin ou joue avec son lapin. Le soleil brille. J’appuie sur le bouton pause pour savourer cet instant. Nous sommes ensemble, chacun à s’affairer. Tout en discutant cuisine, salto et pissenlits. C’est tellement bon.

Habituellement, le samedi, je fais le taxi pour Violette qui enchaine les activités tandis que Joseph reste dans sa chambre ou va voir un copain. Ce confinement représente une vraie pause dans nos vies trop remplies. Je sais qu’il provoque d’importantes souffrances pour de nombreuses personnes. Mais je m’autorise à savourer les effets bénéfiques qu’il peut aussi engendrer.

Miracle du confinement 3 : Yuri nous rejoint

Est-il vraiment utile de préciser que lorsque Joseph se met à jouer au ballon avec Violette et le poilu pendant la cuisson de chaque fournée de biscuits, je suis au bord des larmes ? Plusieurs fois, je manque de me prendre le ballon en pleine tête. On est tellement bien.

Je tente de prolonger cette communion familiale en proposant de louer un film après le diner. Tout le monde est partant. Y compris Yuri – qui s’est réveillé entre temps. Je trépigne de joie intérieurement. Les enfants choisissent le dernier opus de Jumanji. Avec le maïs bio acheté aux Jardins de Castelnau, je fais du pop corn sucré et caramel en suivant la recette de Papilles et Pupilles. Très facile et excellent ! On se régale. Les enfants se moquent de moi car je ne comprends pas qui est qui dans le film. Depuis le début du confinement, la situation inédite et surréaliste nous donne parfois l’impression d’être dans un mauvais rêve. Ce soir aussi à l’échelle de ma famille. Mais le rêve est doux.

Jour 27

Dimanche 12 avril
Violette est repartie chez son papa et les garçons dorment. Le repas familial de Pâques s’annonce calme. Peu importe, nous l’avons déjà célébré la veille du lancement du confinement en partageant l’agneau !

Dimanche Cocktail

Le dimanche, nous avons l’habitude de faire un brunch pour déjeuner tous ensemble à l’heure espagnole. À 13h30, je propose à Joseph de remplacer notre traditionnel smoothie maison par un cocktail qu’il doit réaliser pour son cours de service au lycée. Après la recherche d’une recette, nos échanges sur les ingrédients et leurs combinaisons, les pesées, la réalisation, la présentation et la photo pour rendre son devoir… Il est 16h ! Toujours pas de brunch mais encore un excellent moment en cuisine avec mon fils.

cocktail sans alccol made by Joseph
Sirop de grenadine, jus frais orange, pamplemousse, banane, sorbet de citron vert.

Je le découvre curieux, patient, perfectionniste. L’apprentissage de la cuisine le transforme. Et il grandit. Pour façonner leur panoplie d’adulte, les adolescents retiennent ce qu’ils veulent de notre éducation. Et ils ajoutent leur « pâte ». Parfois avec de bonnes et mauvaises surprises. Comme un nouveau miracle de la nature, cette transformation est toujours magique pour un parent. Jusque là, tout va bien.

Omelette de Pâques

On finit par ressentir la faim donc je me mets à préparer le brunch. Comme c’est Pâques, je remplace nos traditionnels œufs brouillés par une omelette à l’aillet. C’est la première fois que j’en cuisine. Je les ai acheté lors de ma commande aux Jardins de Castelnau. J’essaye d’acheter le plus local possible. Et ces légumes-tige, jeunes pousses d’ail que l’on ne laisse pas arriver à maturité en faisaient partie. Leur culture est répandue en Aquitaine.

En cherchant des recettes à réaliser, je suis une nouvelle fois tombée sur le site de Papilles et Pupilles qui proposait une omelette à l’aillet, traditionnellement réalisée pour Pâques. Parfait pour remplacer le gigot d’agneau et pour le brunch, avec les œufs également achetés aux Jardins. Et c’était délicieux. Tout comme le cocktail – sirop de grenadine, jus frais oranges, pamplemousse, banane, sorbet citron vert – de Jo en apéro !

Brunch avec homemade pain, cocktail, omelette à l'aillet

En déjeunant à 16h30, l’après-midi se termine vite. Nous vaquons à nos occupations puis nous finissons par dîner à 22h… Le manque de contact avec l’extérieur et l’absence d’enfants en bas-âge accentuent la perte de repère chronologique. C’est le week-end, rien de grave.

Jour 28

Lundi 13 avril
Jour férié, plus que bien accueilli pour prolonger le week-end. Et faire ainsi un break de boulot et de devoirs ! Je commence quand même la journée par bosser un peu. Bizarrement, je suis plus inspirée sans obligation.

Je finis par aller balader le chien en forêt qui est vraiment patient. Depuis le confinement, j’ai perdu l’habitude de le sortir après avoir déposé les enfants à l’école. Parfois c’est plus tôt. D’autres fois c’est en fin de matinée comme aujourd’hui. Il attend sagement. Lève la tête quand je bouge puis se recouche s’il voit que je ne me chausse pas. Sans trépigner ou gémir. Ce poilu est vraiment un compagnon idéal. De vie et de confinement.

L’après-midi, même tempo que le reste du week-end. Jo repart en cuisine pour fabriquer les biscuits à la cuillère de la charlotte tandis que je brode mon Fuck You. Il s’en sort mieux même si le résultat visuel n’est pas encore parfait. Le goût est là, cela ira très bien pour la charlotte, reportée à demain vu l’heure.

Score d’audience

Comme plus de 23 millions de Français, nous écoutons le président à 20h. C’est reparti pour un mois de plus. Mais avec un espoir de reprise à partir du 11 mai. Avoir une date, une échéance change tout, je trouve. Yuri sort de sa discrétion pour la première fois depuis le confinement. Il ne voit pas où elle le problème de cette prolongation. Sauver des vies le justifie. Quant aux gens qui râlent à propos de l’isolement, il remarque que ce sont les mêmes qui pestaient avant la crise parce qu’ils devaient aller bosser. Il compare leur attitude à celle de lui et son frère petit. Quand ils râlaient pour aller prendre leur bain. Et râlaient pour en sortir. Cette analogie pertinente me fait réaliser que les gens peu bavards en général ont le mérite de dire moins de bêtises quand ils se mettent à parler. 

Bilan du week-end

Ambiance Pâques : pas de chocolat dans le jardin. Prévue le dimanche matin avant le départ de Violette, la séance a été reportée ultérieurement suite à la pluie combinée aux grasses matinées des garçons. Je suis habituée à faire Noël parfois le 30 décembre. Je ne suis pas (plus) une maman traumatisée par ces décalages de festivités.

Bricolage : ménage, broderie, tricot. Et tonte de la pelouse. Big up à mon papa qui a fait sa première visio conférence pour que je lui montre ma tondeuse et qu’il trouve où y mettre de l’huile 😉 C’est aussi ça l’enseignement à distance !
Cuisine : boudoirs et cocktails de Jo ! Et parmi les plats et sucreries du week-end : yaourts à boire à la fraise, omelette à l’aillet, couscous, pop corn, pâtes à la carbo, tarte épinards chèvre, crudités (oui parfois on mange des légumes) avec salade, avocats, carottes rapées, graines. J’ai refait aussi un pain en cocotte. Et j’ai adoré recevoir vos nouvelles photos de pain. Joseph, de nature discrète, ne voyait pas l’intérêt de partager notre quotidien via le blog. Pourtant, il a aussi apprécié ces échanges. Une interactivité intergénérationnelle pendant le confinement et autour de la cuisine. Peu importe le media ou le sujet, partageons plus que jamais.

pain cuit à la cocotte

 

 

Confinement : jours 23, 24 & 25

Journal d’un isolement

Se confiner : S’enfermer, être enfermé dans un lieu (Larousse). J’ai déjà une tendance innée à cogiter, autant vous dire que l’effet du confinement ne ralentit pas cette manie… Récit de ces réflexions, prises de conscience et espoirs.

Jour 23

Mercredi 8 avril
Une fois n’est pas coutume, Violette décide de m’accompagner pour la première fois en balade avec le chien. J’en profite pour les faire courir tous les deux et leur jeter des bâtons – elle a de l’ADN de labrador c’est sûr. Ils sont calmés.

Totoro va bien. Il mange tout le temps. Un tempérament qui s’accorde parfaitement à notre famille. Lorsque je sors fumer une cigarette, j’ai déjà pris l’habitude d’aller le saluer. Il est complètement intégré dans notre zoo. Outre sa cabane, nous lui avons fabriqué un enclos extérieur. Trop petit à mon goût. Nous souffrons de ce confinement temporaire. Je n’ai pas envie de le faire subir à vie à un animal. C’était ma résistance principal à son intégration dans notre famille… En attendant l’agrandissement de son parc – faute de matériel -, je bricole une laisse pour qu’il puisse courir tous les jours dans le jardin. Je souris en voyant Violette suivre cette petite chose au bout d’un fil. Le chien les rejoindrait bien. On s’abstient.

No hablo geometria

La journée s’organise entre les devoirs, mon travail et la cuisine. L’école à la maison me fait prendre conscience que je n’ai pas le niveau CM1 en géométrie. Heureusement, Violette se débrouille mieux que moi. Je me remets à l’espagnol avec Joseph qui se moque de mon accent. Entre les deux, je réponds à des mails, envoie des interviews, écrit des articles. Avec une pause à chaque fois : étendre le linge, préparer une compote, faire un pain, plier le linge.

À 18h, je me connecte à la radio à laquelle je participe depuis plusieurs années. Depuis le confinement, nous réalisons nos émissions à distance. Avec les animateurs, nous sélectionnons chacun des nouveautés musique et enregistrons chez nous des chroniques de ces chansons. Le mixage du tout est programmé à distance. D’habitude, nous réalisons les émissions en direct et je prends rarement le temps de les écouter ensuite. Là, je peux en profiter. Si j’ai toujours du mal à m’entendre – entre mes bafouillages, tics de langage et mauvais placements de voix -, je prends un vrai plaisir à écouter mes amis. Ils me manquent.

Bilan de la journée

Yoga : 0. Compliqué avec le retour de Violette.
Cuisine : compote pomme poire, pain cuit en cocotte avec de la farine de maïs, blé et graines de lin, courge. Pâtes au thon – les pâtes c’est la vie. C’est un copain de lycée qui m’a appris cette sauce toute simple et les enfants l’adorent. Il suffit de faire réchauffer dans une casserole une boîte de thon avec de la crème et un peu de ketchup. C’est prêt ! Si vous êtes anti ketchup, une petite cuillère de concentré de tomate et de sucre fera l’affaire. Si vous êtes anti boîte de thon, n’importe quel poisson frais convient aussi.

Réapprovisionnement : 0. Toujours dans l’attente des devoirs du prof de cuisine de Joseph et donc des ingrédients pour la prochaine recette… J’ai quand même passé commande en ligne aux Jardins de Castelnau, producteur et primeur de fruits et légumes bio. Je la récupère vendredi à moins de 2 km de chez moi. Local, bio, respectueux des gestes barrière, c’est parfait !

Jour 24

Jeudi 9 avril
Levée très tôt. J’en profite pour lire, broder et écrire sur ce blog tant qu’il fait nuit et que la maison est calme. Joseph a mis son réveil : il est attendu pour une classe virtuelle à 9h30 ! Pour Violette, c’est à 14h. Je trouve l’engagement des enseignants pour maintenir un contact assez formidable. Je suis plus dubitative du tout numérique… Dans les Landes, de la primaire au collège, ils sont équipés par la Communauté de Communes puis par le Conseil général. Après, plus rien… J’ai donc économisé l’an dernier, pendant plusieurs mois, afin d’offrir un ordinateur à Joseph pour sa rentrée en seconde. Quid de ceux qui ne peuvent pas faire comme moi ?

 

Fracture sociale et numérique

Hier, j’ai entendu le ministre de l’Éducation Nationale expliquer qu’ils recensaient les élèves non équipés pour leur faire des envois postaux. Voire les équiper. Après un mois de confinement, il serait temps. Et comme pour le système de santé, il faut vivre cette crise pour que les dirigeants politiques réalisent la fracture. Depuis le début de l’année, Joseph a des devoirs à réaliser sur l’ordinateur ! Les élèves qui n’en ont pas peuvent utiliser ceux du centre de documentation du lycée. De vieilles bécanes qui moulinent. Et seulement pendant les heures et jours d’ouverture du lycée. Notre système éducatif n’est pas le pire dans le monde mais il reste tant à faire pour l’égalité des chances, le progrès social. Des priorités plus urgentes que les changements de programmes tous les 3 ans, non ?

Les enfants regardaient l’interview du ministre avec moi. Ils n’ont que 15 et 18 ans et ils ont été sidérés par ses réponses. Par exemple, il n’a pas confirmé ou exclu que l’école ne reprendrait pas avant septembre. Et quand le journaliste lui demande comment pallier le manque de socialisation des enfants avec l’école à la maison, il propose de les envoyer en colo cet été… Pas d’école en juin pour des raisons sanitaires mais des colos en juillet ? Les enfants m’ont demandé quelles études il avait fait pour en arriver là. Puis on a zappé… Bientôt c’est au tour de notre Président de parler. Spectacle du gouvernement presque tous les jours pendant le confinement ! J’ai acheté du maïs à pop corn, on sera prêt.

Bilan du jour

Boulot : work in progress, doucement
Lecture : lasse de la bêtise humaine (encore plus virale pendant ce confinement), je me délecte une nouvelle fois de la lecture de Open Bar de Fabcaro.
Cuisine : camembert rôti au four ! Le laisser dans sa boîte sans le papier ni le couvercle. L’emballer dans un papier (papier alu – beurk – papier cuisson – moins pire ?) et le cuire 15 mn à four chaud, au moins à 200°C. Le déguster avec une salade ou sur des pommes de terre.
Réapprovisionnement : Drive 1 / Produits manquants 15 ! Dont le pâté en croute, péché mignon de mon Jo en ce moment.
Projet : apprendre à faire un pâté en croute. Écrire la chronique de Open Bar de Fabcaro dans la rubrique Lectures.

Jour 25

Vendredi 10 avril
Il fait beau, je me sens bien. Dans la vie, nous ressentons tous et toujours des hauts et des bas, quelles que soient les circonstances. Parfois, même lorsque tout va bien. Là encore, la crise sanitaire amplifie les sensations.

la forêt de pins des landes en avril 2020 pendant le confinement.

Profiter du ralentissement

Cette semaine, j’ai beaucoup discuté pat téléphone ou en numérique avec des copains copines. Nous partageons quelques angoisses relatif à cette crise. Paradoxalement, le confinement ne nous pèse pas tant que ça. Nous vivons dans les Landes avec des jardins, entourés de nos familles. Nous aimons prendre le temps de faire les choses par nous-même, de fabriquer, cuisiner, cultiver.

Si le ralentissement d’activité professionnelle qui résulte du confinement nous inquiète, il a le mérite de nous laisser encore plus de temps pour assouvir notre plaisir à fabriquer, développer l’autonomie que nous avions déjà initié avant.

Cela fait quelques années maintenant que je vis ce ralentissement. Je n’ai pas attendu le confinement pour vivre la décroissance. J’ai toujours aimé cuisiner. Avoir des enfants m’a sensibilisée sur notre alimentation et la provenance ou mode de culture des produits. Ainsi, je privilégie les petits producteurs locaux et le bio quand c’est possible. J’ai commencé par ne faire que des gouters maison au enfants. Puis notre pain. Ensuite les yaourts. Enfin, Les produits ménagers. Et, les cadeaux.

Le jeu de la décroissance

C’est devenu un jeu. Les enfants me réclament un produit de l’industrie alimentaire ? J’essaye de la faire « maison » avec de bons ingrédients. Je vous conseille d’ailleurs sur ce thème, les recettes de La Super Supérette. Ces déclinaisons culinaires maison sont souvent des succès. Parfois des ratés ! Je me souviens encore de ma tentative de Napolitain, les biscuits plein de cochonneries que Yuri aime tant. Les miens étaient si hauts qu’il était compliqué de les manger et le biscuit trop dense a failli nous étouffer. Mais Yuri a apprécié mon geste et on a bien ri en mettant 5 mn à avaler une bouchée !

J’essaye de réduire aussi notre consommation d’énergie. Je suis en compétition avec moi-même depuis quelques années. Chaque année, nos factures diminuent. Et chaque année, je cherche des systèmes, des variantes pour aller encore plus loin. Cela a le mérite de réduire notre impact sur l’environnement. Et les factures. Surtout, ces réflexions et changements d’habitudes me font réaliser où se situent l’essentiel et le superflu. Le confinement accentue ce processus : je n’utilise presque plus la voiture !

Retrouver le temps, oublier la pression

N’en déplaise à Élisabeth Badinter – qui critique ce retour en arrière sexiste, on peut être une femme indépendante et s’épanouir dans l’apparente simplicité des tâches ménagères, culinaires ou maternelles. D’abord, ces plaisirs ne sont pas réservés aux femmes. Ensuite, c’est mon choix et non un mode de vie subi. On peut être féministe sans adhérer au capitaliste ni au consumérisme. Fabriquer des repas, des vêtements, des cadeaux prend du temps. Dans le même ordre d’idée, je me déplace à vélo plutôt qu’en voiture dès que possible. 5 mn en voiture équivaut à 15 mn en vélo. Je prends ce temps. Une réorganisation qui remet au centre l’équilibre et les rapports sociaux. Bénéfique pour moi, mes enfants, mes amis.

Forcément, adopter ce mode de vie implique de moins travailler. La durée d’une journée ne permet pas d’être mère au foyer, cuisinière, couturière et working girl. J’ai essayé d’être cette wonder woman mais je n’ai pas réussi. Et c’est justement cet échec quotidien qui me rendait si malheureuse et provoquait tant de frustration ! Depuis que j’en ai pris conscience et fait des choix, je travaille moins ET mieux. Les effets des récré nature et cuisine, la disparition de la pression que je m’imposais font que je suis plus sereine. Donc plus efficace.

Même en étant plus productive, cette réduction de temps de travail implique toutefois une réduction de ma rémunération. Mais gagner plus d’argent, pour quoi faire ? Je prends mon pied en faisant du levain, pas en achetant des bijoux ou un téléphone dernier cri. Mes cadeaux « maison » ne sont pas parfaits. Néanmoins, le temps de réalisation symbolise mes sentiments, mon engagement pour la personne à qui je l’offre. Plus intense que lorsque je passais 5 mn à acheter quelque chose dans un magasin.

Le choix de l’essentiel

Je travaille pour gagner le minimum vital, nous loger, nous nourrir. Cela exclut de nombreuses activités. Comme partir en vacances, aller au restaurant, acheter des produits de marque. Mais les rares fois où nous le faisons, nous l’apprécions d’autant plus. La routine et la multiplicité endorment notre perception des plaisirs. Tandis que la rareté la décuple.

Si je m’inquiète parfois des conséquences de la crise sur notre minimum vital, je me plais aussi à rêver avec mes amis de décroissance – Laurence, Laure, Dimitri, Emma, Sophie – que cette période particulière va – peut-être – développer chez certains la richesse de la résilience, de la lenteur, de la simplicité et du minimalisme. Et voilà un super plan à destination des dirigeants pour y arriver !

https://www.facebook.com/Permavenir/videos/673717903384116/
Merci à Sophie pour le partage de ce super plan !

Bilan du jour

Cuisine : une focaccia tomates mozza, des yaourts nature.
Réapprovisionnement : récupération de ma commande de fruits et légumes bio des Jardins de Castelnau. Plus savoureux et agréable que le drive d’un supermarché !
Plaisirs simples : balade du chien en forêt, étendre une lessive au soleil, cuisiner, parler décroissance avec ses amis, garder espoir.

 

 

Confinement : jours 22 & 23

 

Journal d’un isolement

Se confiner : S’enfermer, être enfermé dans un lieu (Larousse). Devoirs sous contrôle, travail en progrès, réapprovisionnement organisé. On commence à être au point pour cette quatrième semaine de confinement. Enfin, presque… 

Jour 22

Lundi 6 avril
La quatrième semaine de confinement (déjà ?!) démarre par de la pluie. En plus de la reprise du boulot ET des devoirs, cela fait beaucoup pour la pauvre petite confinée que je suis… Attendu que le poilu se moque bien du taux d’humidité, je finis par aller le promener après avoir un peu bossé. J’utilise l’attestation en ligne mise en place par le gouvernement. Très pratique. Je ne suis pas dupe, je sais que cette dématérialisation fait mouliner des serveurs et n’est donc pas sans impact sur l’environnement. La démarche a le mérite d’économiser de l’encre et du papier de millions de personnes. Quant au risque de collecte de mes données… Ils ont mon nom, mon adresse, ma date de naissance et le jour et heure de ma sortie. J’espère pour eux qu’ils ont des informations plus importantes à collecter…

La positive attitude

Comme toujours la balade a le don de dégourdir nos pattes mais aussi me rafraichir les idées. Je réalise que la pluie représente une bonne nouvelle car elle a le mérite de :

  • Arroser les plantes du jardin
  • Nettoyer les voitures et les extérieurs du pollen jaune déposé ces dernières semaines.
  • Reporter la tonte de la pelouse et l’épilation de mes jambes envisagés après ces quelques jours de beau temps.
  • Garder confinés à l’intérieur les enfants du voisinage.
  • Garder confinés les idiots qui n’ont pas compris la définition de confinement.
    Bref que des incidences positives !

Sans Violette, la journée s’organise autour de mon travail et des devoirs de Joseph. Le planning écrit semble fonctionner, je pense que nous sommes à jour. Pourtant, je reste inquiète d’oublier une consigne, un exercice et de recevoir un nouvel appel de professeur. Cette angoisse ne déborde pas sur Joseph qui reste détendu. La routine.

Bilan de la journée

Yoga : 1. Et cette reprise fait du bien à mon corps trop souvent stationnaire devant un écran.
Boulot : la durée du confinement a le mérite paradoxal de réveiller certaines personnes qui se remettent au travail. Donc ça avance !
Réapprovisionnement : 1. Le lundi, c’est la livraison à domicile de la Vrac mobile. Fruits secs, percarbonate de soude, pâtes, farine, vinaigre blanc et rouleaux de PQ, productions locales et bio sans emballage, tout en respectant le confinement et les gestes barrière.
Cuisine : régressive avec un bon jambon-purée des familles. Une purée maison, mon accompagnement préféré.

Livraison de produits par la vrac mobile pendant le confinement


Digression culinaire 

Je n’ai jamais compris la difficulté pour certaines personnes de réaliser une purée maison. Il suffit d’éplucher des patates – 5 mn et effet apaisant garanti. De les faire cuire dans de l’eau salée – 10 à 15 mn que l’on peut occuper à autre chose. Puis les écraser à l’aide d’un presse-purée avec une bonne cuillère de beurre et / ou de crème. Qu’est-ce qu’il y a de long ou de difficile ? Je n’ai jamais acheté de sachet de purée lyophilisé car j’aime la vraie purée. Une fois, Yuri m’a demandé d’en acheter pour les jours où il déjeune seul. Évidemment, je lui ai répondu avec toute la mesure qui me caractérise : « Moi vivante, aucun sachet de purée industrielle ne franchira le seuil de cette maison ! ».

Jour 23

Mardi 7 avril
Levée tôt. Le temps est gris mais reste sec pour notre tour en forêt avec le poilu. Je me remets au travail. Certains jours, c’est très facile. D’autres plus compliqué. J’ai l’habitude du télé-travail. Et j’aime cette manière de faire. Ma maison est mon cocon donc je suis heureuse d’y rester. L’espace bureau aménagé sous l’escalier est à mon image : colorée, organisé et bien occupé. J’aime être seule. Et l’absence de collègues et de distraction augmente indéniablement l’efficacité.

bureau-télé-travail-cocon-maison
Mon bureau cocon dans le salon sous l’escalier

J’ai appris aussi au fil des années à écouter mon humeur de travail. Désormais j’arrive sans culpabiliser à lâcher l’ordi pour faire autre chose si je n’arrive pas à avancer. Tâches ménagères, cuisine, lecture, balade avec le chien… Ces temps de pause professionnels me permettent de prendre du recul sur un article en cours, une idée, une organisation. Combien de fois, j’ai écris les premiers mots d’un texte dans ma tête en pleine forêt alors que je butais dessus depuis de longues heures face à l’écran ! Bien plus efficace que de faire semblant vissée à mon bureau à attendre que l’inspiration revienne.

Travailler moins pour mieux bosser

Évidemment, il faut rester vigilent pour que les temps de pause ne soient pas plus importants que les plages de travail. Et suivre un minimum des horaires conventionnels. Lorsque j’étais journaliste indépendante plus jeune, je pouvais travailler le soir et les week-end. Cela m’arrive encore parfois en période chargée mais j’essaye d’éviter. Car finalement, cela revient à bosser du matin au soir et 7/7 jours. Dans ce cas l’indépendance ne représente plus un luxe mais de l’esclavage. Et j’ai enfin compris après 20 ans de pratique que les coupures permettent vraiment de se ressourcer. De se vider la tête. De laisser poser les projets. Et par conséquent d’y retourner avec plaisir avec un cerveau frais et dispo.

Confinement et travail

Ce délicat équilibre – travailler de 9h à 18h, 5 jours par semaine – est encore plus difficile à tenir aujourd’hui. L’angoisse de l’après, les devoirs des enfants, les projets menacés… Difficile de rester concentrée plusieurs heures. Parfois j’y arrive. Mais pas toujours. Dans ce cas, je multiplie les courtes pauses. Pour ne pas ruminer mon inefficacité. Afin de ne pas faire souffrir encore plus mon esprit malmené par les perturbations de cette période inédite. Je m’accroche à mon bullet journal où je liste dans des plannings journaliers, hebdomadaires et mensuels ma To do list. Cliquer, écrire, faire, cocher, prendre une pause. Comme un robot. Parfois.

Modeste participation à l’économie française

Comparé à la mission des soignants ou au travail de ceux qui nous nourrissent, je me suis interrogée sur le sens de mon boulot dans la communication. Cette remise en cause participe certainement à mon manque de motivation. Comme pour tous les travailleurs à distance. Nous ne sauvons pas de vies. Nos missions ne sont pas essentielles à notre survie. Pourtant, nous participons à notre manière à la poursuite de la vie, au maintien de l’économie.

Je travaille par exemple sur la réalisation d’un magazine à paraître. Si je ne le fais pas, l’imprimeur n’aura pas ce travail. Je bosse aussi pour la communication d’un surf camp. Qui en aura bien besoin au moment de la reprise ! Et cette crise a le mérite de me faire réfléchir sur le sens à donner à mes projets de communication. L’information à outrance, la désinformation, le marketing providentiel que nous subissons depuis quelques semaines me poussent encore plus à me tourner vers l’authenticité des messages.

Matin et soir

Je me suis rendue compte que mon max de concentration se situait en ce moment tôt le matin ou en fin de journée. Le matin, les enfants dorment, je peux en profiter. Quant au second créneau, il est propice au travail lorsque je n’ai pas Violette. Car à ce moment-là, elle a fini ses devoirs. Elle est donc en ébullition d’idées d’activités. Construire des trucs dans le jardin et me demander des outils toutes les 2mn, faire de la gym en regardant la télé. Je ne sais pas si elle est hyperactive. Mais elle s’occupe toujours en faisant 2 choses à la fois. Et en parlant. Donc difficile de bosser à côté… D’ailleurs, elle revient ce soir. J’arrête donc de travailler !

Bilan de la journée

Yoga : 1. Je m’étire, je m’étire de ce confinement.
Cuisine : 0. Yuri s’est chargé du repas ce soir. Le préféré de Violette pour son retour. Le plus industriel de tous nos menus… Le cordon bleu – coquillettes ! Elle est contente, je me repose. Ne nous jugez pas.
Pain en cocotte : 4 ! Pas chez nous mais chez vous ! Merci pour vos retours et vos photos, j’adore. J’ai presque l’impression que l’on cuisine ensemble. C’est bon pour le moral. Comme j’ai été légère dans la restitution de la recette, voilà le lien pour suivre la vidéo du pain magique à la cocotte 😉
Lecture : je poursuis la lecture de mon roman. Et je me suis replongée dans un livre qui m’avait beaucoup marquée il y a quelques semaines : Plutôt couler en beauté que flotter sans grâce. Cet essai prend encore plus son sens pendant cette crise. Le sous-titre – Réflexions sur l’effondrement – peut faire peur. Pourtant, il s’agit d’un livre inspirant et optimiste. Qui m’a fait du bien au cœur de la crise.

 

 

 

Confinement : Jours 19, 20 & 21

Journal d’un isolement

Se confiner : S’enfermer, être enfermé dans un lieu (Larousse). Ces 3 jours clôturent la troisième semaine de confinement. De nombreuses personnes ont la sensation de ne plus percevoir la différence entre la semaine et les week-end avec l’isolement. Dans mon cas, c’est tout l’inverse. Car le week-end, pas de boulot ni de travail scolaire. Et j’en ai profité pour me plonger dans la vulgarité.

Jour 19 du confinement

Vendredi 3 avril
Dernier jour de la semaine et donc de travail scolaire ! Et c’est tant mieux ! Violette est focalisée sur les soins du Longues oreilles. Je suis donc obligée de hausser le ton pour qu’elle s’attèle aux devoirs… J’ai un nouveau appel d’un prof de Joseph… Vivement le week-end !

Joseph est en Seconde Pro Cuisine. Tous les profs sont très impliqués dans cet enseignement à distance et c’est super. Mais la soudaine fermeture des écoles leur a demandé d’improviser leurs cours numériques. Et nous devons nous adapter à cette improvisation : certains envoient le travail par mail, d’autres sur une plateforme numérique et d’autres encore par l’appli Whatsapp… Il faut donc surveiller ces 3 médias en permanence au risque de manquer une consigne ou un devoir. Cela fait beaucoup pour Joseph tête en l’air. Mais aussi pour moi en plus de tout le reste. Sachant que je n’ai pas Whatsapp ou accès à la boite mail de Jo… Bref, on n’est toujours pas au point. Je mets en place la bonne vieille méthode d’agenda de la semaine à l’écrit. Pour le plus grand plaisir de mon fils.

Cuisiner, manger, cuisiner, manger

Quand je constate qu’il a une autre recette de cuisine a réaliser et que je n’ai pas la moitié des ingrédients, je soupire. Nous sommes confinés. Invités à sortir le moins possible. Je viens de faire mes courses pour la semaine. Je vais devoir ressortir… Soupirs.

L’après-midi, j’ai Violette a fait un gâteau au chocolat pour son cours de maths. La maîtresse n’a donné que la quantité de sucre en grammes. Le reste des ingrédients est en fraction… Violette s’occupe du calcul. Je l’assiste pour la réalisation de la recette. Chacune sa spécialité !
Et je remplis ses obligations maternelles tout en travaillant, faisant des lessives, la préparation des repas, la vaisselle… Vivement le week-end !

gateau au chocolat de violette pendant le confinement

Bilan du jour

Vivre en confinement avec ses enfants, c’est cool. Faire prof de maths, de cuisine, de Français, surveillante et proviseur, beaucoup moins…
Cuisine : comme une envie de fraîcheur dans ce monde de cookies ! Nous nous sommes donc régalés d’une salade de crudités composée de mâche, pissenlit, asperges, tomates accompagnée de toasts grillés de fromage de chèvre. Avec supplément pâté en croute pour les garçons dubitatif du vegan.
Tricot : le pull noir avance.
Lecture : toujours dans le pavé de 440 pages de Frederick Exley, À la merci du désir, publié chez Monsieur Toussaint Louverture. J’aimerai lire plus. Mais bizarrement le soir, je m’endors rapidement…

Jour 20 du confinement

Samedi 4 avril
C’est le week-end ! J’en profite pour me lever tôt. Paradoxal ? Non, seulement l’envie de profiter de ce temps sans pression ni emploi du temps au maximum !

Afin de respecter les règles du confinement, la ballade du chien dans la forêt d’à côté est la même depuis 20 jours. Il ne semble pas se lasser. J’essaye de la varier de temps en temps en sortant du sentier. On y croise des ronces, des tiques. Belle variante !

Violette est repartie avec Totoro chez son papa. La maison est calme. Pendant que les garçons dorment, j’en profite pour faire du rangement et ménage sans bruit. Je suis motivée pour passer l’aspirateur mais dans le cadre du Bien vivre ensemble je m’abstiens. Lorsque qu’ils se réveillent en début d’après-midi, je ne suis plus motivée. On verra demain.

L’après-midi, je trouve les ingrédients manquants dans notre petite épicerie de village. C’est la première fois que je suis aussi heureuse de trouver du mascarpone. C’est l’effet confinement !

Pendant que je brode la délicieuse injure fleurie à partir de la grille offerte par Lucile de Brode Pute, Joseph se lance en cuisine dans la réalisation des choux à la crème chantilly. Pour le pain, j’étais dans le coin pour l’aider. Je décide de le laisser cette fois en totale autonomie. C’est comme cela que l’on apprend non ? Et il apprend : ses choux sont tout raplapla et ont brulé. Ils passent directement de la plaque du four à la poubelle. Nouvelle tentative demain. Assisté de sa maman. À sa demande.

jardinage rempotage de confinement

Bilan du jour

Jardinage : pour profiter du soleil et rempoter les plantes d’intérieur à l’étroit dans leur pot.
Cuisine : yaourts à boire à la pêche, tarte salée au fromage à raclette, poursuite du levain maison.
Broderie : parmi les activités manuelles, c’est celle qui me demande le plus de concentration et donc produit un effet apaisant incroyable. Mon esprit est focalisé sur l’aiguille, la toile, là où je dois piquer, le nombre de points à faire. Je le constate encore aujourd’hui. J’oublie le temps de quelques heures, la pression scolaire, pro et financière de cette crise. L’impression de tout mal faire. Et je brode en plus une injure. C’est le double effet apaisant. Contrairement à des fleurs, des oiseaux, des cœurs, broder une formule malpolie produit le même effet curatif que coucher ses récriminations sur papier. Broder Fuck You en points de croix me décharge de la colère ressentie pendant ce confinement. À l’encontre de ceux qui ne respectent pas l’isolement, ceux qui manquent de respect au personnel soignant, à ceux qui nous gouvernent. Ce sera donc ma nouvelle thérapie. La broderie d’injures. Merci Lucile, de Brode pute !

Jour 21 du confinement

Dimanche 5 avril
Le soleil est toujours là. Je traîne, je lis. Et je poursuis ma broderie malpolie Brode Pute. Je suis assez contente du résultat. Sur les réseaux sociaux, je découvre par hasard que l’un des mes auteurs BD préféré, Gilles Rochier, demande un soutien financier participatif pour sortir son prochain titre. L’Autre con coécrit avec Nicolas Moog, aux éditions Roquemoute. J’avais déjà ri aux éclats en voyant sur Instagram leurs échanges de SMS d’insultes. Ils en ont fait un récit épistolaire composé en plus de bandes dessinées et de dessins. J’adore l’idée, je soutiens ! Pour la modique somme de 12 € frais de port inclus.

l'autre con bd de Gilles Rochier et Nicolas Moog
Avant-propos : La correspondance électronique privée que vous pourrez lire dans les pages qui composent ce livre a été échangée au fil de ces derniers mois. Elle a ensuite été publiée sur les réseaux sociaux par Gilles Rochier, à l’insu de son correspondant. Elle vous est révélée aujourd’hui dans cet album, agrémentée d’illustrations de l’un et de l’autre. Une procédure judiciaire pour violation de la vie privée est par ailleurs en cours. Bonne lecture.

Philosophie de la vulgarité

Fuck you en broderie, L’autre con en BD… Voilà un week-end parfait placé sous le signe des injures. Qui me correspond bien. J’ai toujours eu une tendance à adopter un langage vulgaire. Une femme me l’a un jour reproché en précisant : « C’est laid pour une femme. » Outre le sexisme de sa remarque, je ne suis pas d’accord. Jurer me fait du bien. Je trouve que ce genre de mots vont droit au but sans tergiverser, sans enrober. Je suis comme ça. Cela ne m’empêche pas d’être gentille, bienveillante, empathique. Prononcer des mots grossiers – lorsque c’est possible – m’apaise et me permettent d’y voir plus clair.

À l’inverse, des gens au langage châtié peuvent être irrespectueux. Et prétentieux, manipulateurs, voleurs, égoïstes, méchants. En écrivant ces mots, de nombreux exemples défilent dans ma tête. Je pense à certaines personnes croisées dans ma vie. Ainsi qu’à certains hommes politiques, d’affaires… Inutile d’aller bien loin. La distinction, la bienséance ne sont pas des garanties d’humanité, seulement des apparats. Oui je suis parfois grossière. Mais la vulgarité représente souvent un signe d’authenticité. Imaginez mon plaisir de broder Fuck you et de bientôt lire L’autre con !

Broderie Fuck you inspiration Brodepute

Mon chou a fait des choux

Côté cuisine, j’ai préparé un dahl de lentilles et quinoa au curry. Et un pain de campagne avec mon levain maison ! Super bon mais pas encore complètement satisfaite de la cuisson et de la croute. Je pense essayer la cuisson en cocotte que Joseph a expérimenté la semaine dernière.  Lui s’est attelé – une nouvelle tentative – à la réalisation de choux craquelin à la crème chantilly pour son cours de cuisine. Une recette difficile alors je l’ai assisté pour certains gestes. Notamment dessécher la pâte des choux pour éviter qu’elle ne s’écroule sur la plaque comme hier. On a passé un super moment. D’échange, de rires. De satisfaction. Comme à la levée des choux dans le four. Et sans carbonisation ! J’ai réalisé qu’il était minutieux, attentif. Le résultat était sublime et délicieux. Je suis fière de mon fils.

choux craquelin à la crème chantilly réalisés par Joseph

 

 

Confinement : récit des jours 17 & 18

Journal d’un isolement

Se confiner : S’enfermer, être enfermé dans un lieu (Larousse). Totoro est arrivé, j’ai parlé à des gens, Yuri souhaite reprendre des études et Joseph a fait un pain. Autant d’événements extraordinaires en cette période de confinement… Les enfants sont formidables. Journal des jours 17 et 18 de l’isolement.

bullet journal avril inspiration

Jour 17

Mercredi 1er avril
Le soleil est de retour et cela fait du bien. La maison est plus calme, Violette est repartie chez son papa patienter avant l’arrivée du Longues Oreilles. J’en profite car cela ne va pas durer : je récupère le lapin demain. Et donc Violette dans la foulée.

Confinement oblige, j’irai faire des courses vers 15h. La vendeuse de lapin aussi. Nos voitures seront garées côte à côte. Nous ouvrirons nos coffres pour échanger la bestiole. Sans se serrer la main. Je pensais attendre la fin du confinement pour l’échange. Mais la dame trouvait dommage que Violette n’ait pas le plaisir de l’avoir pendant qu’il est si jeune. Et un lapin grandit vite. Et le confinement va durer. Nous avons donc opté pour cette solution hygiénique et respectueuse de la loi en faisant nos courses pour se retrouver.

Famille de boulangers

En attendant, j’arrive à travailler plus efficacement. Joseph rattrape son retard dans les devoirs à rendre. Pour une fois, ce n’est pas moi qui fait le pain mais lui. Il doit réaliser à la demande de son prof de cuisine un pain cuit en cocotte. Aujourd’hui, il s’attèle à la réalisation de la pâte. Et la laisse reposer jusqu’à demain. De mon côté, je jette un œil au levain maison et le miracle fonctionne ! L’eau de macération des raisins mélangée à 250 g de farine formait une boule très compacte hier. Aujourd’hui, elle a levé et fait des bulles ! Le miracle de la nature. Encore 2 jours de patience pour l’utiliser dans un pain…

Obligée d’aller sur les réseaux sociaux pour le boulot, je découvre les poissons d’avril en lien avec la crise sanitaire… Cela ne me fait pas rire, ni sourire. Je soupire. Je me demande si ces blagues sont de mauvais goûts ou si j’ai perdu le sens de l’humour. Un peu des deux j’imagine.

Bilan de la journée

Humeur : bien meilleure avec le soleil.
Boulot : bien plus efficace de meilleure humeur et avec un enfant en moins. C’est mathématique.
Cuisine : pommes de terre au brie, carottes râpées maison (l’épluchage des légumes est toujours aussi apaisant).
Tricot : presque fini la première manche de mon pull commencé pendant le confinement. Je le baptiserai d’ailleurs pull de confinement. Et je me demande si donner des noms aux choses fait partie des dommages collatéraux de l’isolement social.
Lecture : poursuite de À la merci du désir, le dernier roman de Frederick Exley, publié chez Monsieur Toussaint Louverture.

Jour 18

Jeudi 2 avril
Le soleil a disparu. Le 18ème jour de confinement démarre. Nous allons devenir les heureux parents d’un lapin. Violette va être comme sous l’emprise d’une drogue et se transformer en moulin à paroles. La journée va être longue.

Le soleil brille à nouveau. J’arrive plus tôt que prévu au rendez-vous lapin car j’en profite pour récupérer mes courses au Drive. Ma commande est complète, miracle. Je croise sur le parking un artiste musicien que j’ai déjà reçu à la radio. Nous papotons 5 mn en gardant nos distances. Cela fait 17 jours que je n’ai pas parlé à une personne en face à face aussi longtemps. Un autre miracle.

La propriétaire du lapin arrive. L’échange se passe comme prévu. Sans contact physique. Comme elle est sympathique, nous devisons sur le bonheur d’avoir un longues oreilles. Sur ses conditions de vie à l’extérieur pour un confort maximal et une plus grande liberté. Elle me confirme qu’il peut très bien vivre dehors. C’est un lapin, pas une peluche. Notre échange cordial dure 10 mn. Je n’ai jamais autant parlé à des gens depuis le début du confinement. Sur la route du retour, j’en ai presque la tête qui tourne !

Vivre ensemble

Au moment de la rencontre longues oreilles / enfant / poilu, la tension monte. Le chien veut très clairement croquer le lapin, la petite chose est effrayée, Violette proche de l’hystérie. L’envie d’aller lire dans ma chambre me traverse l’esprit. Mais comme ce mode de réaction n’est pas préconisé dans le Manuel du bon parent – comment assumer correctement ses enfants- je reste. Et j’assume.  » Le poilu, au panier ! Violette, calme toi ! Le lapin, détend toi !  » Tout le monde obtempère. Nous finissons donc d’installer Totoro dans sa nouvelle dépendance extérieure en bricolant un enclos le temps que le matériel commandé arrive. Je m’inquiétais pour la nourriture qui n’est pas là non plus mais il passe son temps à manger de l’herbe. Autonome avec fonction tondeuse. Il me plait bien ce petit.

bébé lapin nain bélier

Pendant que Violette sociabilise avec son nouvel ami, Yuri et moi finalisons en ligne ses vœux d’études pour l’an prochain. Contrairement à ce que nous avaient annoncé ses profs en terminale, quitter le système numérique d’orientation scolaire Parcoursup n’est pas définitif…. Cliquer sur Valider clôture une période de plusieurs mois riche en discussion sur ses choix d’orientation. Il a postulé pour une Licence d’Anglais ou Administration économie et sociale ou Éco gestion ou DUT Animation socio-culturelle. Je croise maintenant les doigts pour qu’un établissement accepte de l’intégrer malgré son dossier scolaire de lycée pas franchement brillant et son année sans études… À suivre !

Et pour terminer cette journée miraculeuse, Joseph termine son pain avec le mode de cuisson indiqué, en cocotte dans le four. Et c’est une tuerie ! La texture de la mie et de la croute ressemble à un pain de boulanger. Parole d’apprenti boulangère depuis des années ! Nous le dégustons en famille – non vegan – avec une saucisse sèche pour l’apéro. Un régal !

recette pain cuit en cocotte

Recette du pain en cocotte

La recette est très simple : mélangez 500 g de farine (blanche, semi-complète, mélangées, comme vous voulez), 300 ml d’eau tiède, une cuillère à soupe rase de sel et un sachet de levure boulangère (ou votre levain). Couvrez avec un torchon humide et laissez reposer une nuit. Le lendemain, déposez la pâte sur un plan de travail fariné pour la travailler légèrement. Laissez reposer 2h dans un torchon fariné. Faire préchauffer le four avec une cocotte en fonte à 240°C. Ensuite, mettre la pâte dans la cocotte sans se brûler, couvrir avec le couvercle et faire cuire pendant 30 mn. Terminez la cuisson 5 ou 10 mn sans le couvercle. Joseph a baissé un peu la température pour qu’il ne brunisse pas trop.

Bilan de la journée

Intense !
Boulot : avec la mission lapin l’après-midi, ultra productive le matin !
Sociabilisation : 8 ! Comme jamais depuis le début du confinement.
Intégration du mini poilu dans l’environnement du grand poilu : jusque là tout va bien.
Oubli de l’état de confinement : 8
Pain cocotte : 10
Niveau de satisfaction d’une mère suite au projet de reprise d’études de son fils : 10
Inquiétude d’une mère quant à la réintégration de son fils dans le système scolaire : 10
Niveau de satisfaction de Violette : 10. Elle a le sourire, me remercie dès que nos regards se croisent, ne touche pas un écran de l’après-midi. Elle se couche en ayant fait une To do liste pour le lendemain. Y figurent brossage des dents et des cheveux (sa manière de me remercier), puis moultes missions entretien du lapin. Aucune mention des devoirs. La belle vie !

Confinement : semaine 3 / Jours 15 & 16

Journal d’un isolement

Se confiner : S’enfermer, être enfermé dans un lieu (Larousse). Cette troisième semaine de confinement part mal. Violette fait de la résistance aux devoirs tandis que je découvre que Jo faisait semblant de faire les siens. J’endosse donc le costume de flic par dessus celui de cantinière, travailleuse indépendante et maman. Et pour tenir le coup, je me nourris de cookies et lectures.

cookies aux pépites de chocolat recette facille pour survivre au confinement

Jour 15

Lundi 30 mars
Démarrage de la troisième semaine de confinement. Le temps passe vite. Pourtant, la durée indéterminée de cet isolement accentue le sentiment d’impuissance. Le froid et le soleil timide rendent l’expérience encore plus réjouissante.

Reprise du travail et des devoirs d’école. Avec une reprise en main de Joseph suite à un coup de fil de son prof principal. Il est en confinement comme en cours : discret en communication et dans le rendu des devoirs… Il a joué l’autonomie, il a perdu.
Concernant Violette, l’effet « Longues Oreilles » perdure mais que dans un sens. Elle ne parle que de ça mais rechigne à faire les devoirs… Quel exercice périlleux que de se concentrer sur le boulot tout en veillant à ce que les enfants fassent leurs devoirs correctement et en entier.

J’accueille la fin de journée avec plaisir. Je sors acheter du tabac et j’en profite pour prendre des fraises au commerce de proximité juste à côté. Pas de queue, pas d’attente. Comme des courses « normales ». Prendre la voiture me fait réaliser que nous avons changé d’heure. Les téléphones et ordinateurs changent automatiquement. Il a fallu que je monte en voiture ce lundi à 17h38 pour le réaliser. Nous sommes vraiment hors du temps !
Je suis plus vigilante à propos des jours de la semaine… Nous sommes à la fin du mois et je calcule ce qui doit être payé et comment. Avec l’échéance du 1er avril, date à laquelle, je pourrai demande l’aide pour les auto-entrepreneurs…

Bilan de la journée

Gym 0 / Yoga 0
Lecture : À la merci du désir, le dernier roman de Frederick Exley, publié chez Monsieur Toussaint Louverture, un vrai plaisir. Violette commençait à manquer, elle a donc pioché dans la bibliothèque de Joseph un tome de la série Journal d’un dégonflé. Si vos enfants – entre 9 et 12 ans – n’aiment pas lire, c’est vraiment le type de romans à leur mettre entre les mains. Violette adhère tout de suite et nous en avons plusieurs. Ouf, sauvé !


Boulot : ça avance.
Cuisine : Focaccia maison mozzarella chorizo (comme une pizza mais avec une pâte plus épaisse et moelleuse), crudités et fraises. Poursuite du levain maison : après 3 jours de macération, je récupère l’eau dans laquelle les raisins ont trempé. Je les mélange avec 250 g de farine. Et c’est reparti pour 3 jours d’attente. Cette recette de levain maison à partir de 15 raisons secs demande du temps. On en a…

Jour 16

Mardi 31 mars
Debout tôt et motivée pour travailler. Violette pointe le bout de son nez comme une fleur à 11h ! Le changement d’heure et l’élixir de Bach ont fait leur effet. C’est plus compliqué pour Joseph que je réveille dans la foulée. Son regard incrédule me fait comprendre qu’il a des difficultés à réaliser qu’il va faire des maths et de la gestion si tôt le matin. Il n’a pas bien compris les mesures militaires prises la veille. Je ne flanche pas.

Journée marathon

La résistance de Violette l’après-midi et un nouvel appel d’un professeur de Joseph pour me signaler son approximation dans les études à distance compliquent les choses. En plus de mon boulot, la vaisselle, la préparation des repas. J’avais déjà l’impression que le confinement décuplait les émotions. Aujourd’hui, il amplifie la difficulté d’élever seule des enfants. Surtout concernant la partie professeur / police qui n’est pas ma favorite…

Afin de me consoler – détendre – calmer – faire diversion, je cuisine des cookies pour le goûter. Ils remplissent parfaitement leur mission. Tant pendant la confection qu’à la dégustation.
Système D spécial confinement : si vous êtes comme moi en pénurie de farine à force des fabriquer des pains et des pâtisseries, vous pouvez remplacer pour un 1/3 la farine par des flocons d’avoine. C’est plus sain en plus, non ? Moins gourmands répondent les enfants.

Bilan de la journée

Devoirs 3 / Joseph 0
Morale avant cookies 0/10 Après 7/10
Boulot : compliqué d’avancer en répondant à la fois à des demandes de définitions, synonymes + les allers- retours dans la chambre de Joseph pour motiver / contrôler…
Musique : The Groove Sessions, volume 5 chez Chinese Man Records : parfait pour se détendre, voyager et… groover !
Lecture : grâce au partage de ma librairie préférée Le Vent Délire à Capbreton, j’ai découvert la collection Tracts de Gallimard qui met en ligne gratuitement tous les jours des textes brefs et inédits de ses auteurs, des fictions ou des essais. Afin de les recevoir directement dans sa boîte mail, il suffit de s’inscrire via un formulaire.

tracts de crise gallimard lecture numérique gratuite confinement

J’ai lui aujourd’hui Que ferons-nous de cette crise, un entretien de Sylvain Tesson avec Vincent Tremolet de Villers. 13 pages implacables et saisissantes sur l’ultra-mondialisation mercantile, le management en place de la politique, la mise en place de nouveaux dogmes et l’impact du virus dans ce système vicié. En bon aventurier solitaire, Sylvain Tesson livre aussi des conseils pour survivre au confinement.

Malgré son constat sur notre monde déprimant, il reste naïf. Et imagine que nous pourrons tirer quelque chose de cette crise. Un texte salutaire pendant cette période et pour clôturer ma mauvaise journée.

Confinement : jours 13 & 14

Journal d’un isolement

Se confiner : S’enfermer, être enfermé dans un lieu (Larousse). Ce week-end, samedi hyper-actif dans le jardin et dimanche paresseux à la maison. Récit de ce pur week-end de confinement bipolaire .

Jour 13

Samedi 28 mars

La nuit n’a pas calmé Violette. Elle est au top de sa forme et surexcitée par l’arrivée du longues oreilles. Pendant que les garçons finissent leur nuit, on s’attelle dans le jardin pour terminer sa cabane. Consolidation, aménagement et décoration. La psychorigide que je suis lui conseille à Violette de réaliser des lettres pochoirs pour peindre le nom de la bestiole sur la cabane. L’artiste freestyle qu’elle est, abandonne la méthode après une lettre et opte pour la peinture à main levée.

Cette activité a le mérite de me faire trier tous les pots de peinture du cabanon de jardin. La plupart n’ont pas bien vieilli et sont inutilisables. Je les ajoute à un tas de déchets dans le jardin. Après le confinement, mission déchetterie. Et il faudra plusieurs voyages. Surtout, si mon projet de ranger tout le cabanon se concrétise. Pour le moment, calmons-nous, ce n’est qu’une idée…

Liberté, égalité, chômage

Lasse des conversations exclusivement centrées sur le longues oreilles, je fais une pause lecture dans ma chambre avec Dépôt de bilan de compétences, la BD de David Snug, éditions Nada. Dans ce titre largement autobiographique, il dénonce avec humour le travail salarié, le capitalisme. Le décalage et l’absurde me font sourire et me vident la tête. Ses réflexions sur le monde du travail, la liberté rejoignent ma quête de sens. Lecture à laisser poser et à méditer.

Dépôt de bilan de compétences david Snug Nada éditions

Après le petit-déjeuner pizzas des gars, les enfants font une partie de pétanque dans le jardin. Je ne peux pas jouer avec eux, je suis trop occupée à les regarder. Car quel plaisir de les voir s’entendre, rire malgré leurs différences d’âges et de tempéraments. On ne dit jamais à quel point les enfants représentent une source d’anxiété, sont chronophages ET un gouffre financier. Je ne dis jamais assez à quel point ils sont une source d’épanouissement, de bonheur et un moteur pour se remettre en cause et s’améliorer. Voilà c’est fait !

La Team « Les maisons dans les poches »

Bilan du jour

Pétanque : Yuri 13 / Joseph 11 / Violette 7
Bricolage : cabane lapin habitable, tricot (col V rattrapé, ouf !)
Lecture : la BD de David Snug
Cuisine : sauté de porc carottes, pommes de terre à la tomate.
La bonne nouvelle : J’ai retrouvé une plaquette de beurre demi-sel dans le congélo.

Jour 14

Dimanche 29 mars

Les beaux projets de rangements, tri, bricolages de mon programme confinement sont en veille. Pas envie aujourd’hui. Et sans aucune culpabilité. L’isolement permet de réaliser des tâches trop longtemps reportées. Pour autant, il n’interdit pas pour autant de procrastiner. Avec les bonnes journées « promenade du chien, télétravail, devoirs de Violette et Joseph, préparation des repas, ménage », j’ai décidé de m’accorder un dimanche.

Faire l’autruche

Au programme ? Pour commencer, le matin, Violette reste en pyjama et regarde des vidéos de youtubeuses heureuses propriétaires de lapin (si si ça existe) pendant que je lis. Ensuite, au réveil des garçons, brunch puis tricot. Et enfin, cuisine pour préparer des fajitas maison. C’est-à-dire préparation et cuisson de la pâte des galettes, de la garniture poulet, tomates, épices. Mais aussi guacamole, fromage râpé, petits dés de tomates et concombre. Façonner des fajitas, découper des légumes me permet de méditer. De me concentrer sur une tâche concrète pour éviter de laisser mon esprit divaguer, s’inquiéter.

Les enfants sont ravis de ce repas. Il est certains que c’est bien meilleur que les boîtes toutes prêtes pleines de cochonneries. Néanmoins, cela demande du temps. Une activité parfaite pour un dimanche de confinement.

Violette a du mal à s’endormir depuis quelques jours. Angoisse de la crise sanitaire ? Excitation de devenir la maman d’un lapin ? Un peu des 2 ? Je lui donne quelques gouttes de Fleurs de Bach. Nous verrons si cela l’apaise. Il en reste pour toute la famille si besoin.

Bilan du jour

Bricolage : 0
Gym : 0
Yoga : 0
Lecture : début de À la merci du désir, le dernier roman de Frederick Exley, publié chez Monsieur Toussaint Louverture. Voilà les mots-clef renseignés sur le site de l’éditeur à propos du roman :  » alcoolisme, amitié, amour, folie, Frederick Exley, littérature américaine, Sexe ». Parfait pour mon état d’esprit confinement !
Tricot : début d’une manche
Cuisine : smoothie du dimanche (jus d’orange frais,bananes, jus d’abricot, glace à la vanille), fajitas.
La bonne nouvelle : après le journal du confinement, les articles les plus lus du blog sont les tuto tricot mitaines et head band. Ça tricote dans les chaumières !


Confinement : jours 11 &12

Journal d’un isolement

Se confiner : S’enfermer, être enfermé dans un lieu (Larousse). Après quelques jours calmes, c’est le grand retour de Violette ! Être ensemble représente le principal aujourd’hui. Vivre ensemble, c’est moins simple… Journal des jours 11 et 12 de l’isolement.

Jour 11

Jeudi 26 mars

Depuis le départ de Violette, je l’appelle tous les jours. Elle rentre ce soir, je suis super contente. Depuis qu’elle existe – dès sa vie in utero -, c’est une petite fille pleine d’énergie avec un caractère bien affirmé. Elle peut être épuisante et ceux qui la connaissent ne me trouveront pas ingrate de le dire. J’aime ma fille mais elle est épuisante. Les premiers jours du confinement à la maison se sont plutôt bien passés. Excepté trainer des pieds pour faire les devoirs, aller se doucher, aller se coucher, demander à aller jouer chez le voisin, elle a été plutôt cool…

Après nos retrouvailles émues ce soir, la vie reprend son cours. Elle met 20 minutes à aller du salon à la salle de bain pour aller se doucher (distance 4 mètres…) et me demande si elle pourra jouer avec le voisin demain !
Le confinement nous impose de vivre ensemble. Avec les gens que l’on a choisi et que l’on aime a priori. Pourtant ce n’est pas si simple de vivre ensemble dans un petit espace 24h / 24 !

Défi N°1 : Vivre ensemble

Je suis plutôt bien lotie. Les garçons sont très calmes, toujours de bonne humeur et en horaires décalés. Notre confinement ensemble démarre à leur lever à 14h et se termine le soir quand je me couche. Du coup, tout se passe bien ! Avec Violette, très active du matin au soir et en perpétuelle demande, cela pourrait être plus musclé. Mais elle fait des efforts. Et j’ai des breaks avec la garde alternée. J’avoue que je ne suis pas mécontente de ne pas être en couple actuellement. Il faut une sacrée dose d’amour, de respect et de tolérance pour vivre à deux en huis-clos pendant plusieurs jours voire plusieurs semaines. Nous, on n’a déjà pas réussi sans confinement…

Défi N°2 : Vivre avec soi même

L’autre difficulté humaine de cet isolement, c’est vivre avec soi même. Être confronté à nos peurs, nos angoisses, nos ruminations sans qu’une personne proche et bienveillante – psy ou copine au choix – nous alerte de nos délires névrotiques ! Cela demande une sacré gymnastique de l’esprit pour ne pas se laisser entraîner sur cette pente glissante. Je l’ai ressenti les jours sans Violette. Le calme et la solitude ont provoqué plus de réflexions, plus de questions et plus d’angoisses. J’ai essayé de ne pas m’y attarder, de me distraire avec des buts et donc des activités. De la cuisine. Et une nouvelle baleine pour Violette. Quand elle est là, elle monopolise tellement mon attention que je n’ai plus le temps de me prendre la tête. Elle représente un anti-dépresseur. Elle pourrait être utilisée par des professionnels comme un outil thérapeutique. Elle devrait être remboursée par la sécu.

Bilan de la journée

Boulot : 3 mails de réponse, whaou !
Lecture : J’ai terminé Le Discours, le roman de Fabcaro.
Bricolage : Une nouvelle baleine + tricot.
Jardinage : je n’ai plus d’essence dans ma tondeuse, je coupe l’herbe à la cisaille. Je pense à une pince à épiler pour désherber.
Gym : 0 / Yoga : 1
Cuisine : pain complet, gratin dauphinois et premières fraises.

Jour 12

Vendredi 27 mars

Levée tôt, je commence à travailler. Car quelques après une tornade de paroles et de gestes perturbent le calme de la maison. Violette est bien de retour.

Hier soir, elle a eu un coup de blues. Chez son père, ils vivent dans une bulle en dehors des actualités. Elle pensait donc retourner à l’école lundi… Je lui ai brisé ses espoirs en lui annonçant que le confinement devait durer encore quelques semaines… Elle a réalisé qu’elle passerait son 10ème anniversaire confinée, sans autre famille que nous 4 et sans copines. Elle en avait les larmes aux yeux. J’ai tenté de lui faire réaliser que ce n’était pas très grave comparée aux difficultés de certaines personnes. Mais ce que j’ai déjà remarqué auparavant s’est confirmé : un enfant étant par nature égoïste ou auto-centré, cet argument n’apaise en rien les choses…

Le Bon Coin nous a sauvé de cette déprime. Et le confinement a eu raison de mes dernières hésitations… Violette rêve d’un lapin pour son anniversaire. Je surveille donc régulièrement les arrivées dans les Spa de la région et ai programmé une alerte sur le site de petites annonces. Et miracle, nous sommes alertés d’une portée de lapins nains béliers disponibles. J’appelle donc la dame pour lui poser des questions et je réserve l’un des petits.

Un lapin = Une Carotte

C’est mathématique. La boule de poils n’est pas encore là mais change la configuration entière de la journée. Violette s’habille, fait sa toilette sans discuter. Elle se met aux devoirs avec le sourire. Elle ne passe pas ses pauses devant un écran mais dans le jardin pour trouver l’emplacement du clapier. Comment construire l’enclos. Ou lui trouver un nom. Je n’éduque pas mes enfants avec un bâton. Mais la carotte fonctionne bien quand même ! Je sais c’est mal…

L’effet « lapin » ne va pas durer toute la période du confinement donc j’en profite. Entre ses plans de constructions et ses propositions de prénoms, j’arrive à travailler. Ce petit être poilu et innocent produit également son effet sur les garçons qui sortent de leur chambre, s’intéressent à nos travaux, cherchent un prénom. L’effet pervers de l’effet « lapin » : elle est tellement surexcitée, elle parle encore plus vite et encore plus que d’habitude. Yuri comprend ma fatigue et prend le relais pour la préparation du repas du soir. Je suis heureuse. Violette est heureuse.

Bilan de la journée

Nom du lapin trouvé : sur proposition de Yuri, ce sera Totoro.
Boulot : une newsletter validée et envoyée, quelques mails de réponse !
Lecture : J’ai commencé Dépôt de bilan de compétences, la BD de David Snug, ça fait du bien !
Bricolage : fabrication d’une maison et d’un enclos extérieur pour un lapin. Détricotage du V de mon pull en V en cours car mal fait…
Gym 0 / Yoga 0
Cuisine : Cake hyper moelleux à la poudre d’amandes, glaçage praliné avec la recette de Papilles & Pupilles. Hyper simple et un délice.
Projet du WE : finir la villa et jardin à la française du longues oreilles. Reprendre la gym !


Confinement – Jours 8, 9 et 10

Journal d’un isolement

Se confiner : S’enfermer, être enfermé dans un lieu (Larousse). La seconde semaine de confinement démarre. Avec son lot de nouvelles habitudes. Et parfois une colère. Journal des jours 8, 9 et 10 de l’isolement.

Jour 8

Lundi 23 mars

En perte des repères habituels – école, rendez-vous pro – je m’emmêle dans le décompte des jours de confinement. Légalement ce lundi 23 mars n’est que le jour 7 de l’isolement. Mais pour nous il a commencé le lundi 16 mars car c’était le premier jour sans école. Et pressentant le confinement, c’était aussi une journée particulière pour trouver de la nourriture et réussir à faire venir Yuri de Bordeaux. C’est donc bien le 8ème jour de cette période surréaliste pour nous…

La semaine commence comme un lundi, par le travail. À distance. Et c’est une mission complexe. C’est difficile car je continue de travailler sur des projets qui ne verront peut-être jamais le jour si la crise sanitaire perdure et si la crise économique se confirme. La motivation s’en trouve légèrement diminuée… Malgré cela, j’avance en m’accrochant à mon bullet journal où je continue de lister les tâches. Dès que mon esprit divague ou ralentit, je m’y plonge pour exécuter une à une – presque machinalement – les missions inscrites. A priori, tout le monde n’est pas dans cette dynamique : la plupart de mes mails restent sans réponse. Cela n’aide pas pour avancer…

Trouver du sens

Mais la difficulté majeure réside dans le sens même de mon activité au sein de cette crise. Je ne sauve pas des vies, je ne participe pas à l’effort avec un travail nécessaire à la survie. Je bosse dans la communication… Un secteur non essentiel aujourd’hui. Une activité en pause. Une action bien futile aujourd’hui. Mais pour ne pas perdre la tête, je continue. Jusqu’à quand ?

La bonne nouvelle de la journée, c’est la livraison de ma Vrac Mobile préférée. J’ai passé commande hier via leur site et j’avais compris que la livraison serait le lundi suivant (en 8 comme disent les plus de 45 ans !). Plutôt logique quand on passe une commande un dimanche, jour non travaillé et veille de la livraison hebdo. Et bien non ! Ces jeunes femmes formidables qui défendent une autre manière de vivre, de consommer. Qui s’accrochent à ce paradigme coûte que coûte, sans compter leurs heures de travail, ni leurs faibles revenus… Ces héroïnes ont préparé ma commande et j’ai eu la chance d’être livré hier ! Un geste réconfortant : elles sont formidables. Un ravitaillement qui me libère de la réalisation de menus avec le peu qui nous restait : nous sommes riches en farine, pâtes, quinoa, semoule, produits d’entretien, graines, poudre d’amande, papier toilette !

Jour 9

Mardi 24 mars

90% de mes mails envoyés hier sont toujours sans réponse. Une interview par téléphone a été annulée. Une autre est reportée jusqu’à la fin de la crise… Je me réunis donc avec moi-même et décide de ne pas travailler aujourd’hui !

Pour ne pas me laisser envahir par des pensées angoissantes, je me concentre sur les petites choses agréables de la vie. Mon père qui comprend qu’il doit me faire une photo de la fenêtre de sa maison alors que je pensais à celle de son ordi vu que l’on parlait logiciel. Le soleil sur mon dos pendant la promenade du poilu. Ses manies ridicules. Comme tenter de grimper à un arbre pour chasser un écureuil… S’il n’existait pas, il faudrait l’inventer.

Choisir c’est renoncer

Le reste de la journée, je prends de grandes décisions. Je ne regarderai plus les actus à la télé. Nous mangerons curry de volaille et légumes ce soir accompagné de riz et naans maison. Je m’attèle à la tâche. Avec la poudre d’amandes livrée la veille par la Vrac Mobile, j’essaye aussi la recette de cake au chocolat trouvée sur le site Papilles et pupilles et tiré de Pâtisseries Maison de Florence Edelman. On se régale. Son site regorge de recettes très pratiques en temps de disette : que faire avec une boite de thon ou de sardines par exemple. Et comme je ne travaille pas, je fais en plus une compote. Les enfants ne mangent pas de fruits. C’est générationnel selon les études sociologiques que j’ai mené auprès de mon entourage. Qu’a t-on manqué dans notre éducation alimentaire ?!

JOUR 10

Mercredi 25 mars

Je pars en mission ! Au supermarché… Car nous manquons de frais et les services « drive » propose des créneaux dans plusieurs jours… Au supermarché, nous sommes cantonnés dans le hall à attendre. L’un des employés nous fait entrer au compte-gouttes. J’attends mon tour. Les visages sont fermés. À l’intérieur, les rayons ne sont pas trop vides. Excepté pour la levure boulangère et les ferments lactiques. Dommage quand on fait son pain et ses yaourts… Il m’en reste un peu. J’improviserai plus tard.

Un gouvernement en or

Si je ne regarde plus la télé, je lis encore la presse en ligne. Et ça me met en colère. Quel que soit notre bord politique, nous pouvons comprendre qu’une telle crise doit être difficile à gérer. Mais ils pédalent bien dans la semoule quand même. Le dévouement des services médicaux ne suffit pas à pallier le manque de moyens financiers, logistiques, humains de notre système de santé. Ce n’est pas faute d’avoir été alerté par le corps médical depuis des années.

Et où sont les masques ? Ce n’est pas malheureusement pas le titre d’une nouvelle chanson de Patrick Juvet. J’aurai préféré… Quant aux contradictions aussi fulgurantes que l’élocution de Madame Pénicaud… Les ouvriers du BTP doivent travailler, les employés d’Amazon aussi mais pas les libraires ? Je vous conseille cette tribune signée de nombreux auteurs, directeurs de maison d’édition, libraires : Pour le boycott d’Amazon ! Pour un soutien massif au secteur du livre ! Ce texte exprime parfaitement ma pensée. Surtout, Il a le mérite – contrairement à mon ressenti – de ne pas employer de gros mots.

Va tousser dans ton coude !

Pour distraire ma colère, je me motive pour reprendre le boulot. C’est parti pour envoyer des mails auxquels personne ne va répondre ! Avec des temps de pause tricot, scrabble via l’appli avec ma cousine Co ou mon amie Laurence, couture (la baleine, la baleine !) et broderie. La délicieuse Lucile aka Brode pute, qui m’a convertit à la broderie avec ses textes brodés malpolis ou féministe, a mis en ligne une grille fleurie téléchargeable gratuitement pour broder : Va tousser dans ton coude. Tout est dit ! J’ai commencé à la suivre sur Instagram suite aux bons conseils de ma copine Blanche. Je vous conseille d’en faire autant pour égayer vos journées confinement. Et pourquoi pas vous mettre à la broderie. Il suffit d’un fil, d’une aiguille et d’un bout de tissu. Prenez soin de vous.

Grille borderie brode pute

Confinement – Jour 6 & 7

Journal d’un isolement

Se confiner : S’enfermer, être enfermé dans un lieu (Larousse). Les journées sont beaucoup plus calmes sans Violette, sans devoirs et sans travail. Un week-end qui ressemble à d’autres week-end sans elle, le café avec les copines en moins. Une première semaine de confinement qui s’achève. Jusque là tout va bien. Ou presque. Journal d’un isolement.

Jour 6

Samedi 21 mars
C’est le printemps mais personne n’en parle vraiment. J’ai la chance de pouvoir en profiter entre les balades du chien et le jardin. Le magnolia est toujours en fleurs, le cerisier démarre sa floraison. Le ciel est bleu, le soleil brille, les oiseaux chantent, les enfants du quartier jouent en hurlant, se disputent, gémissent… C’est le printemps !

Vivre Ensemble

Difficile de vivre ensemble, hein ? Cela fait deux soirs de suite que des voisins festoient allègrement avec musique à fond, cris, chants. Je suis vraiment contente que ces fêtards s’amusent malgré tout. Je regrette que nous n’ayons pas tous la même notion du vivre ensemble et de la modération. Profiter sans oublier le monde qui nous entoure. Je suis consciente que les circonstances sont exceptionnelles. Les enfants ont besoin de jouer et les parents de picoler. Je reste toutefois admirative de ces parents qui peuvent continuer à vivre tranquillement pendant les cris et disputes de leurs enfants. Avant la crise, je me demandais souvent si les enfants n’étaient pas seuls. Avec le confinement, les parents sont forcément là. Donc sourds peut-être ? La même question s’adresse à ceux qui peuvent vivre aux côtés de leur chien qui aboie sans intervenir. Je respire par le ventre. Et j’ai repris le yoga ! Une pratique silencieuse ne gène personne.

Un week-end presque comme les autres

Excepté le rituel du café du samedi avec mes copines, incompatible avec les mesures sanitaires, cette journée a ressemblé aux autres sans Violette : nature, ménage, rangement, cuisine, bricolage. Les garçons sont toujours là mais ils se lèvent à 14h donc ne monopolisent pas mon attention 😉 Dans le cadre de nos mesures culinaires de confinement, j’ai fait des gaufres liégeoises aujourd’hui à la demande de Joseph. Que j’ai dégusté sans culpabilité ayant réalisé mes 5 min de gym le matin ! Pour détourner l’attention de mon cerveau préoccupé par la crise, je n’ai pas fait ma recette habituelle mais celle du blog La Cuisine de Bernard. Sa méthode est plus simple – on met tout dans le robot – et c’était très bon. Oui la quantité de beurre est conséquente mais je vous rappelle que nous sommes en crise sanitaire ! Nous devons apaisé nos émotions à tout prix. Y compris avec des gaufres liégeoises.

Le reste de la journée, j’ai occupé mes mains et mon esprit avec de la broderie et de la couture. J’ai réalisé avant la crise, des lingettes démaquillantes en bambou. Je confectionne maintenant des pochettes pour les ranger. Et comme j’ai plus que le temps, je brode ces petites pochettes avant de les coudre. Je vous montre ça en détail bientôt avec le lien du tuto. Pour l’instant, je vais éplucher mes patates pour faire des frites maison 😉

Jour 7

Dimanche 22 mars

Levée tôt avec le soleil. Un café et de retour au lit pour lire. Comme un dimanche ! Harcelée du regard par le chien, je finis par me lever pour l’emmener en forêt. Les rues sont désertes et calmes. La forêt encore plus.

Instinct de survie

De retour de promenade, gym ! Je sens que les quelques minutes des jours précédents ont fait leur œuvre : j’ai plein de courbatures ! Mais je poursuis l’entrainement et détends mon vieux corps endolori avec quelques salutations et postures de yoga. Manquerait plus que je devienne sportive ! C’est dingue comment le cerveau réagit en cas de crise. J’ai lu que dans les conséquences du stress liées au confinement figurait en bonne place la consommation de sucre et la prise de poids… Mon inconscient a donc mis en place une stratégie pour éviter d’en arriver là. Comme un instinct de survie.

Rangement, ménage, préparation des repas, fabrication d’un pain de mie, de yaourts et couture. Je me suis lancée dans la réalisation d’une baleine avec le tuto Chouette kit mis en ligne gratuitement. Niveau intermédiaire – je suis grande débutante et sans copine pour m’accompagner. J’ai lu, mesuré, relu, remesuré, découpé, assemblé, cousu, décousu, recousu. Si le confinement fait que certaines personnes vident leur stock de nourriture, je vide les stocks de matériels en tout genre conservés pendant des années. Le haut en fourrure polaire vient d’une chute d’un tissu acheté et utilisé il y a presque 19 ans pour faire une couverture à la naissance de Yuri. Nostalgie. Pour le rembourrage, j’en ai trouvé dans mon grenier, je ne me souviens plus pourquoi j’ai ça. Si vous n’en avez pas et que vous voulez tenter cette expérience couture, utilisez de vieux bouts de tissu pour remplir l’animal. Des matières légères pour que votre enfant n’ait pas un nouveau doudou qui pèse le poids d’une brique.

S’occuper ou penser

Le résultat final n’est pas parfait mais je l’ai fini. Quelques heures où j’ai tout oublié. Nous avons de la chance réuni tous les 4 dans une maison avec jardin à quelques pas de la forêt des Landes. Mais toute la semaine j’ai pensé aux personnes seules, au chômage, âgées, malades, sans domicile, avec petit domicile… À ceux en situation fragile déjà fragile, femmes ou enfants battus, migrants, personnes qui n’ont pas de salle de bain, d’argent, de famille. Aux enfants dont les parents ne sont pas en mesure de les aider pour faire leurs devoirs… Aux soignants et à tous le personnel des hôpitaux, maisons de retraite, aides à domicile en première ligne de la maladie. Parce que nous avons de la chance, je pense souvent à eux. Quand j’entends les gens râler sur leur petit confort, faire preuve d’égoïsme, d’agressivité pendant cette crise, je pense à tous les autres. C’est ce qui me donne envie de pleurer quand j’entends du Bach ou que nous jouons à un jeu de société avec les enfants, insouciants. Alors parfois, je couds pour oublier. Parce que ça va être long donc il faut tenir. Instinct de survie. Qui veut une baleine ?