Confinement / jours 53 à 55 : derniers jours

Journal d’un isolement

Se confiner : S’enfermer, être enfermé dans un lieu (Larousse). Cela fait 55 jours que je tiens ce journal de cette période si particulière. J’ai souvent essayé de me mettre à la place de gens vivant dans un pays en situation exceptionnelle comme la guerre, la famine, un système politique différent. (oui la notion d’empathie va loin chez moi). Si nous ne sommes pas arrivés à ces extrêmes, le chamboulement de nos vies m’a donné envie de l’écrire, de garder une trace. Cet exutoire a permis aussi de garder le lien malgré l’isolement. Je clos aujourd’hui nos 55 jours de confinement.

Jour 53

Vendredi 8 mai
À l’inverse d’une majorité de français au chômage technique qui ne fait plus la différence entre les jours de la semaine et les week-end, j’accueille ce jour férié avec grand plaisir.

Violette passe le pont chez son papa. Commence donc une vrai pause de l’école à la maison, de la logistique enfant et du boulot. Ce vendredi se déroule comme un samedi : ménage, rangement et loisirs. Je profite au maximum de l’heure autorisée de sortie avec le poilu.

chien confinement landes pomme de pin

L’après-midi, c’est Joseph qui s’y colle. Parce que le chien a besoin de deux promenades. Et parce que ça fait prendre l’air à mon ado, l’éloigne de son écran… Mais depuis une semaine, le poilu fait de la résistance. Il se réjouit de voir la laisse puis se calme quand il s’aperçoit que je ne viens pas. À force de motivation, il finit par sortir. Mais jamais longtemps. Ils reviennent au bout de quelques minutes car il refuse d’avancer et fait marche-arrière…

Dépendance affective

Depuis que j’ai adopté ce chien il y a presque 5 ans à la SPA, je suis consciente que nous développons tous les 2 les symptômes de la dépendance affective. Lui parce que je l’ai sorti du refuge et d’une vie antérieure où il semble avoir été battu. Moi parce qu’il est arrivé au moment de ma séparation avec le papa de Violette. Pour toutes ces raisons, j’ai décidé à l’époque de n’appliquer aucune des règles de bon sens quant à la vie avec un chien. La seule consigne était le plaisir.

Il a par exemple le droit de se coucher sur le canapé et dans mon lit. Psychologiquement, cette proximité nous fait du bien à tous les deux. Son caractère non dominant fait qu’il n’en abuse pas. Sur le plan hygiénique, cela nécessite plus de ménage et un changement de linge de lit plus fréquent. Mais comme j’adore la sensation des draps propres, je ne me plains pas. Et la maison n’a jamais été aussi propre depuis que nous avons le poilu. Vous passez l’aspirateur tous les jours sur le canapé, vous ?

Déconfinement canin

Comme il est bien calmé après ses escapades quotidiennes en pleine nature et super sage, je peux l’emmener partout. Au bureau, en rendez-vous, en course, en vélo. Nous sommes rarement séparés. Donc en totale fusion. Je lis dans son regard son amour infini. Je lui parle comme une mamie à son chat. Nous sommes beaucoup l’un pour l’autre. Nous nous sommes sauvés. Je comprendrais que vous ne compreniez pas. Ou que vous trouviez ça ridicule. Moi-même – réputée pour mon regard critique hyper développé – je nous trouve parfois absurdes. Enfin, surtout moi. Mais au diable les conventions, on se fait du bien.

La vie quotidienne nous impose parfois des séparations. Ce n’est plus vraiment le cas depuis le confinement. Et le poilu en a profité pour développer à l’extrême ce lien de dépendance. Il faudra par conséquent penser à le déconfiner en douceur pour ne pas le faire souffrir…

Bilan du jour

Bricolage : ménage, repassage (juste pour Joseph à cause de son allergie aux acariens car je suis allergique au repassage). Mais aussi grand rangement : toujours dans l’optique de déménager, j’ai établi un plan de tri et rangement de toutes les étagères et placards de la maison. Comme tout le monde, je le fais (un peu) à chaque saison. Là, c’est un plan d’envergure. C’est parti ! Broderie sur un t-shirt et tricot l’après-midi.

Fils broderie sur T-shirt

Cuisine : risotto aux asperges et champignons. C’est la pleine saison des asperges dans les Landes. Je les fais souvent froides avec une bonne vinaigrette. J’avais envie de changer. Jo et moi nous nous sommes régalés. Yuri est moins fan des asperges chaudes. Je le note dans mon cahier de « J’ai 3 enfants et pas un seul qui aime les mêmes choses » !

Jour 54

Samedi 9 mai
Obligée de retourner faire des courses pour le prochain cocktail de Joseph – et oui le lycée et donc les travaux pratiques de cuisine / service ont repris -, je traîne les pieds. C’est dingue ces effets anxiogènes de la crise sanitaire et l’impact psychologique ! Au début du confinement, on avait l’impression de partir à Acapulco lorsque l’ont faisait une course. Puis, petit à petit, on s’est tous arrangé pour sortir le moins possible.

De la même manière, dès le début du confinement, je rêvais de boire un coup en terrasse. Aujourd’hui, je ne sais pas si j’en ai encore vraiment envie. Je ne pense pas être angoissée par la contamination du virus. Pourtant, je vis de plus en plus comme une recluse. Je me demande qu’elle sera notre vie déconfinée. Ce moi de mai mais aussi cet été. Et la fin d’année. Allons-nous tous revivre un jour comme avant ? Si oui arriverons-nous à savourer le luxe de nos libertés ?

Conjugaison au futur incertain

C’est la première fois depuis que nous sommes nés que nous ne savons pas de quoi demain sera fait. Cela nous est tous arrivé individuellement à un moment de notre vie. Suite à une rupture, un changement de carrière ou de configuration familiale. Mais pas de manière collective et aussi brutale. Je réalise que malgré mon attitude positive, la crise a réussi à me toucher. Comme vous, comme nous tous.

Il va falloir développer encore et encore des talents d’adaptabilité. Pour continuer à vivre autrement. Avec moins d’insouciance et plus de responsabilités. En se concentrant sur l’essentiel. Des changements dans l’ère du temps qui deviennent impératifs aujourd’hui. Et qui auront l’avantage d’être bénéfiques pour notre planète. Une fois que nous les aurons acceptés, digérés, ils nous ferons certainement le plus grand bien. Le changement, c’est maintenant !

Bilan du jour

Bricolage : poursuite du rangement / tri minutieux. Vivre encore plus légère devient un projet de vie. Tricot.
Cuisine : pain cuit à la cocotte, camembert rôti au four / salade. Avec supplément charcuterie pour les gars, ils n’ont pas – du tout – l’intention de devenir végétariens.
Lecture : alternance de Mermere d’Hugo Verlomme, éditions Actu SF et J’aurais pu devenir millionnaire, j’ai choisi d’être vagabond, de Alexis Jenni, éditions Paulsen. J’aime lire deux livres à la fois. Ces deux-là me plongent en pleine nature et dans des grands espaces chacun à leur manière. Et m’offrent un sentiment de liberté par procuration.

Compta : dépenses du mois d’avril dans mon bullet journal. Je fais ça depuis plus d’un an et cela me permet de contrôler mon budget par poste. Ce mois-ci par exemple, j’ai pu voir que notre budget alimentation a été multiplié par 2 ! La présence de Yuri et les repas du midi expliquent cette hausse. Tout comme notre tendance à compenser l’isolement par la cuisine et la nourriture… Je constate aussi que ces dépenses représentent plus que le budget habituel alimentation et cantine. Normal, les commerces de bouche ne m’appliquent pas une remise en fonction de mon coefficient Caf…

Jour 55

Dimanche 10 mai
On termine ce week-end et le confinement par une alerte orage avec risque d’inondation. Effectivement, en fin de journée hier, on a eu le droit à un bel orage suivi de trombes d’eau. Il pleut encore beaucoup ce matin. Je surveille une accalmie pour sortir le poilu. Phobique des coups de tonnerre, il se remet de sa nuit difficile en ronflant sur le canapé. La balade n’est pas urgente.

Chien mouillé confinement forêt landes

Je profite de ce temps gris pour poursuivre le rangement le matin. Pendant que Yuri termine sa nuit, brunch ensuite en tête-à-tête avec Joseph. puis, promenade humide avec le poilu qui se réjouit de la chute des températures. Avant le retour de Violette, je me mets à la couture de pochettes pour ranger les lingettes démaquillantes fait-maison. Cela faisait plusieurs jours que j’y pensais mais le beau temps m’incitait à préférer la broderie ou le tricot réalisables dans le jardin.

Loisirs de mamie

Plus je vieillis et plus j’apprécie ces tâches manuelles. Elles nécessitent une pleine attention qui vide la tête des soucis. Met en pause les ruminations. Et la satisfaction de fabriquer quelque chose de concret participe aux effets bénéfiques. Parfois, en cas d’humeur maussade, prendre des aiguilles se révèle plus efficace sur le moral que la lecture. J’ai 45 ans et des loisirs de retraités. J’aime la solitude. Des penchants à contre-courant de l’ambiance générale dans les Landes, terre de surf, festivals et concerts.

N’empêche qu’en confinement, ces passions m’ont permis de garder la tête hors de l’eau. Je compte bien les poursuivre après. Je souhaite comme tout le monde que cette période si particulière s’achève pour que la vie reprenne son cours. Et qu’il n’y ait pas de deuxième vague d’épidémie. Broder, coudre, tricoter représente le fil rouge de mon quotidien avant, pendant et après le confinement. Et si les choses rentrent dans l’ordre, ces loisirs ont le mérite de me préparer à une retraite équilibrée dans quelques années. Je suis prête !

couture pochette lingette sois toi et t es belle

 

Bilan du jour

Cuisine : œufs brouillés, pancakes.
Célébration : de notre dernier soir tous les 4. Violette est rentrée et Yuri repart demain à Bordeaux pour bosser. Je commande à emporter chez le fast food local pour leur faire plaisir. On fête aussi le rangement de sa chambre, demandé le premier week-end de confinement et réalisé aujourd’hui… J’ai glissé des masques, du gel hydroalcoolique et des recommandations dans son sac. Il m’écoute en souriant. Il a bientôt 19 ans mais sera toujours mon bébé.

Projets post confinement : poursuivre l’école et le travail à la maison. Trouver un rythme de vie qui nous met à l’abri des risques sans devenir parano. Arrêter ce journal pour reprendre des billets thématiques en lecture, bricolage, cuisine et humeurs. Revoir mes amis et ma famille. Restez positive.

 

 

Confinement / Jours 38 à 41 : les montagnes russes

Journal d’un isolement

Se confiner : S’enfermer, être enfermé dans un lieu (Larousse). La vie en confinement réserve encore de belles surprises familiales. Et l’isolement physique n’estompe pas la richesse des relations amicales.  Il n’empêche pas non plus le monde extérieur, parfois, de surgir violemment dans notre bulle. Récit de ces montagnes russes.

Jour 38

Jeudi 23 avril
Je me sens plutôt heureuse dans cet isolement humain, à profiter au quotidien de mes 3 enfants. À alterner un travail que j’aime, les balades en forêt, de la cuisine et du bricolage. Pourtant, je dors mal. J’imagine que les angoisses liées mon avenir professionnel se rappelle à mon bon souvenir…

Parenthèse beauté

Malgré ces courtes nuits hachées, j’ai plutôt bonne mine. Ceux qui me connaissent savent que je ne suis pas une reine de beauté. Je passe rarement plus de 5 mn dans la salle de bain. Et mon aspect m’importe peu. Parfois, j’ai des velléités de filles. Mais cela ne dure jamais plus de quelques minutes… Dans cette logique, j’utilise depuis des années des crèmes de jour soi-disant bio ou naturelle achetées en supermarché. D’abord parce que j’ai peu de moyens. Ensuite, parce que je préfère investir mon peu d’argent dans autre chose. Mais depuis une semaine, tout a changé.

J’étais en rupture de crème pour le visage. Parce qu’en cette période plus que jamais, je préfère donner de l’argent à des petits commerçants qu’aux hypers, j’ai donc étudié les produits cosmétiques sur le site de la Vrac Mobile. Et j’ai choisi la crème pour peaux sèches, déshydratées, matures (tout moi) Etxean Egina. D’abord, elle est locale : fabriquée dans une savonnerie artisanale de Saint-Étienne de Baïgorry au Pays Basque. Ensuite, elle est naturelle et bio : eau minérale naturelle, huile bio d’avocat, gel d’aloe vera bio, cire émulsifiante végétale, parfum 100% naturel, cosgard (conservateur en alternative aux paraben, agents parfumants citronellol, geraniol (aussi anti-moustiques naturel), hydroxycitronellol. Enfin, elle n’as pas si chère : 9,50 € les 30 ml, c’est plus que raisonnable.

Crème visage Etxean Egina, bio, local

Parce que je le vaux bien

Et je ne regrette pas. Elle a une texture crème fouetté hyper agréable à appliquer. Elle sent très bon avec une dominante de notes florales. Et surtout, son efficacité est impressionnante. Ma peau est de nature sèche. Et mes courtes nuits additionnées à ma mauvaise habitude de fumer font que j’ai un teint terne et une mine pas vraiment resplendissante. Après quelques jours d’application, ma peau est plus douce, mon teint illuminé.

Bref, cet aparté beauté superficielle pour vous dire qu’à 45 ans, j’ai trouvé MA crème de jour. Un événement dans une vie de ménagère de moins de 50 ans qui méritait d’être mentionné. Mais qui ne me donne pas envie de me transformer en blogueuse beauté, je vous rassure.

Bilan du jour

Teint : joli.
Boulot : efficace. Grand plaisir à écrire et enregistrer pour la radio une chronique de la dernière BD de David Snug, Dépôt de bilan de compétences, Éditions Nada. Je la poste bientôt sur le blog.
Cuisine : Yuri à l’œuvre avec ailes de poulet, riz, carottes râpées.
Plaisirs du jour : un cadeau déposé par une amie pour l’anniv de Violette, écriture, tricot, balade du chien.
Zoo : entente parfaire entre le poilu et le longues oreilles. Le jardin est notre nouvelle télé.

lapin bélier nain trop chou

Jour 39

Vendredi 24 avril
Je me suis lavée les cheveux. Désolée messieurs pour la nouvelle parenthèse beauté. Si je précise ce détail capillaire, c’est parce que c’est la première fois depuis 15 jours… Non, je ne fais pas partie des Français qui négligent leur hygiène pendant le confinement. Je pratique le soin capillaire le Low Pow No Pow. Et je viens de battre mon record. Mes cheveux semblent être aussi en pause, je n’avais aucune sensation de gras ou de démangeaisons. J’ai quand même fini par les laver. Je vous invite à profiter du confinement et de la distanciation sociale pour tenter d’espacer les shampoings. Parenthèse beauté terminée.

Les obligations

Dès le début du confinement, j’ai établi – comme tout le monde – une liste de choses à faire, en attente depuis plusieurs mois, voire des années, que je comptais réaliser pendant cette période de ralentissement. Après un mois, aucune mission de cette liste n’avait été cochée… J’ai donc laissé tomber ces projets pour arrêter de culpabiliser.

Depuis que je les ai sorti de ma tête, je me suis mise à les concrétiser… J’ai toujours eu un tempérament à la fois docile et contradictoire. Cela veut dire que souvent j’essaye de faire plaisir ou de me couler dans le moule du bon citoyen modèle de notre société judéo-chrétienne. D’autres fois, mon esprit et mon corps refusent de répondre à ces injonctions. Sociales ou personnelles. C’est le cas dans tous les domaines, le travail, les lectures, les sorties, la cuisine, les tâches ménagères… Si je lutte contre cette instinct rebelle, je mets des heures à réaliser ce qui pourrait me prendre quelques minutes. Et je souffre.

Sagesse de la liberté

Dans le cadre de ma vieillesse et de la sagesse qui est censée en découler, je me fixe donc de moins en moins d’obligations. Et finalement, je réalise de plus en plus de choses ! Cela s’appelle, escroquer son inconscient. Ou se défaire des injonctions. Surtout, cela me rend plus sereine. Comme pour notre chambre de filles, enfin rangée et astiquée dans tous les recoins la semaine dernière. Ou encore avec mes placards de cuisine qui attendaient depuis plusieurs années. La seule de bain me fait de l’œil mais je préfère ne pas trop y penser. Au risque de ne pas m’y mettre !

Bilan du jour

Boulot : facile avec la perspective du week-end !
Ravitaillement : Fruits et légumes aux Jardins de Castelnau. J’ai ai profité pour acheter des plants de tomates et un de framboisier à un pépiniériste local installé à côté.
Cuisine : muffins salés au fromage de brebis et champignon. Trouvé dans l’éphéméride de la revue Flow. C’est comme un cake salé mais plus présentable. Parfait pour accompagner notre salade de crudités.
Projets : jardiner, faire ma déclaration d’impôts.

Jour 40

Samedi 25 avril
Le week-end a démarré par un miracle. Yuri est venu en balade en forêt avec moi ! Même le chien n’y croyait pas et se retournait régulièrement pour réaliser ! C’est quand même la première fois en 5 ans. Lorsque je me suis levée ce matin, il n’était pas encore couché. Je lui ai proposé sans trop y croire et il m’a répondu : « Allez ! ». Un tête-à-tête rare et bien agréable. Je vous rassure pour sa santé, il s’est recouché ensuite et je l’ai réveillé pour le repas… du soir !

Garden therapy

Malgré certains voisins qui utilisent pendant des heures tondeuse, tronçonneuse et autres outils incompatibles avec un bien-être naturel, nous avons passé avec Violette la journée dans le jardin. J’ai préparé la terre, fait des trous et planté mes plants acheté le veille. Violette était censée m’aider. Elle a préféré jouer à côté et me solliciter toutes les 5 mn. Malgré cet environnement hostile, la garden thérapy a fait son effet. Et j’ai pensé aux confinés qui n’ont pas la chance d’avoir un jardin. Je ne suis jamais très ambitieuse pour le potager, seulement quelques plants. Je ne veux pas planter pour planter sans m’en occuper. Et ils ont besoin régulièrement d’être arrosés, désherbés.

Ces quelques pieds ne nous rendent pas autonomes en légumes. Mais ils me font du bien, me reconnectent à la terre, à l’essentiel. Une soupape tout le printemps et l’été après une journée de boulot et de maman solo.

Bilan du jour

Jardin : 4 plants de tomates et un pied de framboisier plantés avec amour et surveillés comme l’huile sur le feu pour que le longues oreilles ne les croque pas. Il s’est déjà attaqué à mes pieds de fraisiers…
Miracle : Après Martine à la plage, Yuri en forêt. Le titre est en cours d’écriture.
Fou-rire : Violette qui utilise mon hérisson de ménage comme monture et mime très sérieusement une cavalière. J’en ai pleuré. Ça fait du bien. Je croise les doigts pour qu’elle n’ait pas l’idée d’en faire un sport en compétition. Oui ça existe…
Cuisine : recyclage d’une salade flétrie en soupe selon la recette du chef Juan Arbelaez. Pour vous épargner les pubs sur le site de TF1 avant de visionner la recette : Faire revenir 3 gousses d’ail et un oignon dans une cocotte, ajouter la salade grossièrement coupée, mouiller, faites cuire 10 minutes, mixer. Pour l’adoucir, j’ai ajouté du fromage frais au mixage mais cela n’a pas suffit pour les enfants. J’ai adoré, eux moins. Ils ne valident pas l’idée de l’anti-gaspillage coûte que coûte.

Jour 41

Dimanche 26 avril
Violette est repartie chez son papa, les garçons dorment. Je profite de cette matinée calme et sans enfants pour écrire, lire, coudre. De ces quelques heures sans obligations ou impératifs.

Vivre sans les enfants

Il m’a fallu quelques années pour accepter de ne pas les avoir contre mon gré. La fatigue physique et psychologique d’élever trois enfants seuls au quotidien a fini par me faire apprécier ces pauses. En demie-semaine de garde alternée avec le papa de Violette, quelques week-ends et jours de vacances avec celui des garçons. Avec le confinement, j’ai les garçons tous les jours. Mais ils n’émergent jamais très tôt donc les matinées sont calmes.

L’homme est un loup pour l’homme, surtout pour la femme

Après le traditionnel brunch du dimanche, le monde extérieur dont le confinement nous coupe vient perturber mon dimanche paisible. C’est la première fois en 6 semaines. La violence en est décuplée. J’essaye comme je peux d’appliquer la théorie de la relativité. Mais elle ne fonctionne pas toujours. À la contrariété vient s’ajouter la culpabilité de laisser ce genre de bêtise humaine m’atteindre. Cet épisode me démontre que la carapace de sagesse que j’essaye de me forger depuis des années montre encore des failles.

Je passe donc au plan B et essaye moultes trucs & astuces pour sortir la tête de l’eau. Le soutien de mon parents et des copines fonctionnent bien. Le confinement n’empêche pas les oreilles attentives. Elles me soulagent. Et me divertissent de ma contrariété. La couture de mon pull de confinement fait aussi son œuvre. Chaque coup d’aiguille piquée m’éloigne de mes tourments. Et la satisfaction de l’ouvrage terminé me rend définitivement le sourire.

tricot pull col v noir laine et cashmere

Bilan de la journée

Tricot : pull de confinement terminé.
Projet : broder « Et merde » la nouvelle grille au point de croix mis en ligne gratuitement par Brode Pute.
Cuisine : Brunch, pâte carbo. Et pain à la cocotte ! J’en profite d’ailleurs pour partager quelques photos de vos belles miches 🙂

 

 

 

La vie, c’est comme un tricot

Je viens de terminer un tricot. Un pull d’été en coton achevé à l’automne… Nouvel ouvrage qui confirme que je tricote comme j’avance dans la vie. Avec fougue et à tâtons. Toujours en léger décalage. Et sans vraiment suivre le mode d’emploi…

Pull en coton d'été fini à l'automne, en progrès !

Ce pull n’était pas prémédité. J’ai craqué pour le coton couleur menthe à l’eau en passant devant la vitrine d’une boutique Phildar pendant les soldes de juillet. Le phil Madrague 100% coton coloris Lagon. À cet instant de séduction s’est ajouté le choix instantané d’un modèle dans la boutique : il fallait trouver un piste d’exploitation pour légitimer mon achat impulsif. Sauf que ce n’était pas le moment. J’étais pressée, en route pour un rendez-vous. J’ai donc laissé la vendeuse choisir pour moi un modèle simple pour mon niveau et associer une autre couleur au vert menthe à l’eau.

Le tricot, reflet de la vie

Le soir même, j’ai mis de côté le pull en cours pour m’atteler à ce nouvel ouvrage. J’ai toujours eu une « légère » tendance boulimique. Un rapport pathologique à la nourriture qui se décline dans d’autres aspects de la vie. Selon les périodes, les envies, le travail, la lecture, les achats, le tricot… Cette fois encore, j’ai abandonné la lecture, l’écriture pour le tricot du pull en coton. Sauf qu’à la moitié du dos, la première pièce de l’ouvrage, j’ai réalisé que je n’aimais pas les pulls en coton, ni le point jersey envers. Tout comme l’association du gris avec le vert menthe à l’eau… Consciente et agacée par ma manie de m’engager en courant pour finalement faire demi-tour, je me suis imposée l’obligation de le finir. Fin août, j’ai fini le dos puis je l’ai mis de côté. Pour revenir à un tricot de saison. Encore un ouvrage inachevé…

Tricoter, c’est choisir

Le printemps suivant, ce pull en coton est réapparu dans mes pensées. Enfin, plutôt l’acte d’achat déraisonnable de la matière. Et le choix du modèle tout aussi irréfléchi. La culpabilité m’a fait ressortir l’ouvrage. J’ai pris la décision de le retourner pour tricoter sur l’endroit.
[ Aparté : quelle est l’idée du jersey sur l’envers ? Porter un pull à l’envers ? Dans le Larousse, l’endroit désigne le  » Beau côté d’une étoffe, d’un vêtement, d’un objet à deux faces, celui qui a été fait pour être montré. » Pourquoi donc afficher l’envers ? J’aime certaines excentricités vestimentaires mais j’avoue que je ne suis pas convaincue par celle-ci. ]

Modèle du pull en coton Phildar, catalogue Printemps Été 2018.
Le modèle, tricoté sur l’envers…
Issu du catalogue Printemps-Éte 2018 N°685

Vivre c’est choisir. J’ai donc choisi l’endroit. Je n’étais toujours pas convaincue par l’association du gris et du vert. Et encore moins des rayures. Je n’ai jamais été fan des marinières. Pourquoi donc me lancer dans la confection d’un pull rayé ? Mais j’ai mis ce jugement de côté. Je me suis focalisée sur l’avancée de l’ouvrage. Une fois le dos et le devant terminés, j’ai réalisé qu’il allait me manquer des pelotes grises pour avoir des manches rayées identiques. Impossible d’en acheter d’autres car les pelotes soldées l’an dernier n’étaient évidemment plus disponibles. J’ai fait le choix de tricoter les manches dépareillées, en « freestyle » de rayures. Et miracle, cette décision a déclenché l’envie. Ce pull allait enfin me ressembler ! Et je l’ai achevé en septembre. Une fois terminé, je l’ai passé et je l’aime bien finalement. Ouf, un pull fait à la main et terminé que je vais mettre !

Pull en coton Madrague de chez Phildar.
Le mien, à l’endroit, avec ses rayures asymétriques !

Tricoter pour donner du sens

Je tricote depuis toujours. C’est ma maman qui m’a appris. Après une pause pendant mon grand saut dans la vie d’adulte, j’ai repris le tricot lorsque j’étais enceinte de mon premier enfant. Il a 18 ans aujourd’hui et je n’ai plus jamais arrêté. De tricoter pour mes enfants, les autres ou pour moi. Le tricot représente l’activité zen par excellence qui me permet d’atteindre le « flow ». Ce fameux état mental – à la mode aujourd’hui – que l’on atteint lorsque l’on est concentré sur une tâche au point de tout oublier. Un engagement total qui procure beaucoup de satisfaction dans l’accomplissement. Réaliser une activité manuelle participe à ce plaisir : fabriquer, accomplir une tâche utile donne du sens là où la vie moderne en manque parfois.

Je tricote donc je suis

Ultra sensible, le tricot représente un prolongement de mon état d’esprit. Je ne peux pas tricoter lorsque je me sens trop mal. Je tricote comme j’avance dans la vie. Sans modération. Sans réfléchir. Et sans trop suivre le mode d’emploi. Je tricote à peu près. Des pulls trop petits ou trop grands. Et parfois des modèles parfaits.
Je tricote pour les gens que j’aime, je leur donne un bout de moi. J’avais commencé par exemple un pull pour un amoureux. À chaque conflit, tension, j’arrêtais de tricoter ce pull. Pendant les périodes apaisées, je le reprenais. Ce tricot est l’image de notre vie de couple pendant 8 ans… Après notre séparation, le pull est resté inachevé dans mon panier. Puis je l’ai repris et enfin terminé. Pour moi ! Porter ce pull d’homme représente une étape symbolique : celle où j’ai commencé à faire des choses pour moi. Celle où j’ai réussi à surmonter le passé pour me concentrer sur le présent. La vie, c’est comme un tricot. Et le tricot, c’est la vie !

Mitaines : Tuto tricot simple et rapide

Un reste de laine et hop des mitaines !

tuto tricot mitaines rapide et facileNe trouvant pas dans le commerce de gants en laine tout simples pour ma fille Violette, j’ai cherché des modèles à tricoter. J’ai vite réalisé que je n’avais pas le niveau (ou la patience) pour tricoter la partie des doigts… Je me suis donc rabattue sur des mitaines ! Un projet tricot facile, rapide à réaliser, et économique : il faut moins d’une pelotte pour tricoter une paire. Cela permet donc de recycler les restes de laine. Après le head band l’hiver dernier, les mitaines sont devenues ma « marotte » tricot cette année : j’en ai tricoté des paires pour tout le monde ! Enfin… Pour moi et les copines car les garçons n’ont pas eu l’air emballé…

Les mitaines : projet tricot simplissime

Pour mes premières mitaines, j’ai fouillé sur le net pour trouver un tuto. Et je me suis inspiré de celui de Sophie sur son blog Sophie Net Créations. Le style du modèle tout simple me convenait. Et les points employés, côtes et jersey, ainsi que l’absence d’augmentation ou diminution, rendait la tâche plutôt abordable. Je dis « inspiré » car ce tuto ne précise par l’épaisseur de la laine. J’ai donc testé pour le premier modèle le nombre de mailles recommandées pour l’adapter à la taille des mains de ma fille.

Tuto mitaines enfants

Violette a choisi une laine noire assez grosse, qui se tricote avec des aiguilles N° 5 ou 6. J’ai monté 20 mailles avec  des aiguilles N°8 puis tricoté en côte 2/2 pendant 2,5 cm. J’ai poursuivi en jersey avec des aiguilles N°7 pendant quelques centimètres. Et terminé avec quelques rangs de côtes 2/2. Ma fille les souhaitait assez courtes, façon « mitaines de cycliste ». Pour les modèles suivants, je les ai tricotées plus longues. L’idéal est tester la longueur sur le modèle avant de finir par les côtes : sur la main de votre enfant ou vous-même.

tuto tricot miaines enfants
Mitaines enfants très courtes pour danser comme Mickael Jackson.

Tuto mitaines femme

Pour toutes les paires tricotées, j’ai utilisé plusieurs sortes de laines : des laines très fines qui se tricotent avec des aiguilles N°3 et des plus épaisses qui se tricotent plutôt en 5 ou 6. Avec les laines fines, je les double ou j’en utilise deux différentes. Pour les plus grosses, je n’utilise qu’un seul fil. Quelle que soit la taille de la laine, j’utilise toujours des aiguilles N°7 et 8 et je monte à peu près le même nombre de mailles. Avec une laine fine tricotée à deux fils, les mitaines sont légères et très aérées. Avec une laine plus grosse, tricotée avec un seul fil, les mitaines sont plus épaisses !

Dans tous les cas, je monte 28 à 30 mailles avec des aiguilles N°8. Puis je tricote 3 cm en côtes 1/1 ou 2/2. Je poursuis en jersey avec des aiguilles N°7 pendant 10 à 12 cm (testez la longueur sur votre main). Puis je termine par 2 cm de côtes en reprenant les aiguilles N°8.

mitaines tuto tricot modèles femme
Mitaines réalisées avec 2 fils de laine pour un effet chiné : violet, beige, vert et noir, bleu brillant. Et unies bleu avec un seul fil plus épais.

Après le dernier rang de côtes, rabattre les mailles. Puis coudre les deux extrémités en n’oubliant pas de laisser un espace pour le pouce ! Comme pour la longueur, je n’ai pas mesuré. J’essaye sur ma main pour savoir où arrêter de coudre et où reprendre afin de laisser cet espace.

Recycler, mixer, s’amuser

Très simples à réaliser, les mitaines représentent un projet tricot idéal pour les débutantes. Ou pour les dilettantes comme moi qui aiment le tricot mais ont des difficultés à se concentrer sur la réalisation d’un pull pendant plusieurs semaines. Une paire de mitaines se réalise en une heure environ. C’est assez agréable d’avoir un tricot abouti si vite ! Et parfait pour s’occuper devant un film le soir ! Cela m’a permis aussi de ressortir tous mes restes de laine et enfin les utiliser. Mixer les couleurs en fonction du style ou des goûts de mes copines. A paillettes, colorées, discrètes, fines ou épaisses tout est possible ! Pour un petit cadeau personnalisé et fait main !

 

 

Head band : tuto tricot simple et rapide

Head band à tricoter en deux coups d’aiguilles !

Un head band à réaliser en tricot : voilà une idée simple et rapide à concrétiser pour avoir chaud aux oreilles tout en utilisant – enfin – tous nos restes de laine !

Le head band – ou bandeau pour la tête – a refait son apparition cet hiver. Alors, après les snoods, les bonnets, j’ai eu envie de m’y mettre. Car je trouve que cet accessoire donne un look rétro sympa. Il a le mérite aussi de tenir chaud aux oreilles sans décoiffer autant qu’un chapeau. Enfin, il me reste toujours de nombreuses pelotes de tous mes ouvrages. Et le head band est parfait car il ne nécessite pas beaucoup de laine !

Tuto tricot pour réaliser un headband facilement avec des restes de laine.

Les tuto de Head band

Pour me lancer, j’ai regardé sur le net et trouvé de nombreux tutoriels gratuits. J’en ai repéré 2 : celui du blog Lucette & Suzette, et celui de La French Life. Et comme je suis une grosse feinéante, j’ai fait un mix des deux 😉 Le premier en point de riz de Lucette et Suzette mais avec la technique de La French Life (la laine entourée) pour cacher la couture !

La réalisation du Head Band

  • Choisir la laine : tricoter un head band nécessite moins d’une pelote en général donc n’hésitez pas à utilisez vos restes ! Si la laine se tricote en aiguille N°5, 6 ou 7, elle est parfaite. Lorsque vous avez une laine plus fine, qui se tricote normalement avec des aiguilles plus petites (entre 3 et 4), il suffit de la doubler (utiliser 2 fils). Et en doublant la laine, vous pouvez en utiliser 2 de couleurs différentes pour un résultat encore plus original (j’ai par exemple mixé une laine noir et une laine noir chiné blanc). Tout est possible, essayez !
  • Monter entre 10 et 18 mailles selon la taille de la laine et le modèle (enfant ou femme) avec des aiguilles N°6 ou 7. J’ai monté, selon les différentes laines, 10 ou 12 mailles pour une taille enfant. Pour les modèles adultes, j’ai monté entre 15 et 18 mailles selon les laines.
    Afin d’obtenir une largeur adaptée à la taille de la tête, l’idéal est de tester. C’est-à-dire monter les mailles et tricoter 4 ou 5 rangs pour voir la vraie largeur. Si c’est trop petit ou trop large, on défait et on recommence au augmentant ou diminuant le nombre de mailles. Je n’ai jamais été très courageuse en tricot (je ne fais jamais l’échantillon par exemple…). Mais dans ce cas-là, ça prend vraiment 5 minutes. Et à 1 ou 2 mailles près selon la laine, cela change tout. Donc n’hésitez pas si vous ne voulez pas être déçue !
  • Une fois que vous avez trouvé la bonne largeur, il suffit de tricoter tout droit jusqu’à ce que le haed band fasse le tour de la tête : je teste sur la mienne pour une taille adulte et sur celle de ma fille pour les petites copines.
  • Quand la longueur est suffisante, arrêtez les mailles. Puis coudre les 2 parties sur l’envers. Enfin, cachez la couture en entourant de laine. Arrêtez en faisant un nœud sur l’envers.

Tuto tricot : quelques mailles, quelques rangs et vous réalisez un headband en tricot très rapidement.
Head Band au point de riz : easy et joli !

Les points utilisés

  • Le Jersey : c’est le point que j’ai utilisé pour les premiers head band (le noir et blanc sur la photo). Et c’est super rapide. Mais l’inconvénient du Jersey, c’est que le bandeau roulotte un peu sur les côtés donc il faut bien le repositionner sur la tête quand vous le mettez.
  • Point de riz : plus épais mais plus classe je trouve surtout pour un head band (le bleu marine sur la photo). Si vous ne connaissez pas ce point, c’est facile : une maille endroit, une maille envers et au rang suivant, vous faîtes l’inverse ! Le point de riz accentue le côté rétro.  Il se tient bien et ne roulotte pas du tout !
  • Pour le point mousse, je n’ai pas encore tenté. Si vous débutez en tricot, c’est le plus simple pour se lancer dans la confection d’un head band ! Mais méfiez-vous, le point mousse se relâche donc ne le faites pas trop long. Il vaut mieux qu’il vous sert un peu la tête car il risque de se détendre.

Bref, c’est un ouvrage vraiment facille à réaliser avec toutes sortes de laine. Un accessoire mode qui ne coûte rien. Que vous pouvez décliner en plusieurs couleurs et styles ! A vos aiguilles !

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